LOUTÉTÉ – Le département de la Bouenza s’affirme comme le nouveau laboratoire de l’entrepreneuriat agropastoral. Le 11 avril 2026, Guy Massala, président de la plateforme des Jeunes leaders d’opinions et acteurs de la société civile de la Bouenza, a annoncé le lancement officiel d’un projet ambitieux d’élevage de moutons à Loutété-village.
En collaboration avec les groupements paysans locaux, cette initiative vise à faire de l’élevage des petits ruminants un levier de croissance rapide et un rempart contre l’insécurité alimentaire. Pour ces jeunes leaders, l’objectif est clair : transformer les pratiques traditionnelles en une véritable industrie marchande capable de soutenir les communautés rurales.
La stratégie de l’épargne sur pied
L’élevage des moutons et des chèvres est décrit par les acteurs de terrain comme une véritable « épargne sur pied ». Contrairement aux bovins, ces petits ruminants nécessitent un investissement initial plus modeste tout en offrant une rentabilité accélérée. Pour Jean Dieudonné Kouba, éleveur partenaire du projet, ces animaux jouent un rôle social et économique crucial puisqu’ils peuvent être mobilisés instantanément en cas de crise financière ou alimentaire. Au-delà de l’aspect monétaire, ils constituent un pilier des traditions locales, étant indispensables lors des grandes cérémonies et des rites sociaux qui rythment la vie dans le département.
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Une synergie durable entre élevage et cultures
Le projet ne se limite pas à la simple production animale mais prône une intégration intelligente avec l’agriculture. Dans la Bouenza, les paysans adoptent désormais des stratégies d’élevage sédentaire ou semi-intensif pour pallier les contraintes liées au pâturage et à l’accès à l’eau. Cette méthode permet de créer un cycle vertueux : les résidus de récolte servent d’alimentation au bétail, tandis que les déjections animales fertilisent les terres agricoles. Ce couplage entre l’élevage et les cultures de base comme le manioc ou le maïs améliore considérablement la durabilité des exploitations et la qualité des rendements.
Vers une agriculture marchande et la valorisation locale
L’ambition de la plateforme des Jeunes leaders dépasse la simple subsistance. Guy Massala souligne une transition majeure vers une agriculture marchande, où le surplus des récoltes de manioc, d’arachide et de banane plantain est acheminé vers les grands centres urbains tels que Pointe-Noire et Brazzaville. Le projet prévoit également d’investir dans la transformation locale, notamment pour la production de farine de manioc et le traitement du maïs, afin d’augmenter la valeur ajoutée des produits. Cette structuration des chaînes de valeur est jugée indispensable pour attirer de nouveaux partenaires et moderniser le matériel agricole utilisé par les communautés de la Bouenza.
« Nous allons nous intéresser aux autres districts de la Bouenza. La nécessité d’investir dans le matériel agricole et de respecter les normes de durabilité est notre préoccupation majeure pour le bénéfice des communautés. » — Guy Massala, Président de la plateforme des Jeunes leaders de la Bouenza.
Cette initiative s’inscrit directement dans la vision stratégique définie par le chef de l’État dans son Carnet de Route 2026-2031. En plaçant l’agriculture et l’élevage au centre des priorités nationales, le président entend transformer le secteur primaire en un véritable moteur de croissance pour l’emploi des jeunes. Le projet de Loutété illustre parfaitement cette volonté de faire de la terre non plus une simple activité de subsistance, mais un levier d’ascension sociale et d’autonomie financière pour la nouvelle génération. Cette dynamique vise à garantir la souveraineté alimentaire du pays tout en offrant des perspectives professionnelles concrètes et durables au cœur de nos départements.



