Le paysage industriel de la République du Congo s’apprête à connaître une mutation structurelle d’envergure. La société Ulsan Mining Congo, filiale du groupe Ulsan Holding, a franchi une étape décisive ce 6 avril 2026 en dévoilant les détails de son ambitieux plan de transformation locale du minerai de fer.
Après avoir développé les gisements de Mayoko-Mossendjo dans le département du Niari, l’entreprise concentre désormais ses investissements sur la capitale économique pour y bâtir une fonderie de pointe. L’objectif est clair : produire deux millions de tonnes d’acier par an, propulsant ainsi le pays dans le cercle restreint des producteurs sidérurgiques africains et marquant un tournant historique pour la valorisation des ressources minières nationales.
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Une fonderie moderne au cœur de la Zone Économique Spéciale
Le projet ne se limite pas à l’extraction brute, mais vise une intégration complète de la chaîne de valeur. Lors d’une visite de site réunissant des délégations techniques venues de Turquie, de Singapour et de Chine, les responsables de la société ont précisé la configuration de la future unité de transformation. Cette fonderie géante sera capable de transformer le fer extrait dans le massif du Niari en produits finis à haute valeur ajoutée. Cette stratégie de transformation locale répond à une exigence de souveraineté économique, permettant au pays de s’approvisionner de manière autonome en matériaux de construction et de réduire sa dépendance aux importations, tout en visant les marchés d’exportation grâce à la position stratégique du port autonome.
Infrastructures et corridors : Les leviers de la performance
Pour soutenir une telle capacité de production, Ulsan Mining Congo engage un volet logistique massif. S’appuyant sur une convention minière de trente ans signée avec l’État en août 2024, le projet intègre la réhabilitation complète du corridor ferroviaire entre Mayoko et Pointe-Noire. En partenariat avec la Plateforme Industrielle du Congo, la construction d’un nouveau terminal portuaire est également à l’étude pour fluidifier le transport et l’exportation de l’acier vers le reste du monde. Cette synergie entre mine, rail et port constitue la colonne vertébrale d’un écosystème industriel pensé pour la pérennité, assurant que chaque tonne produite puisse atteindre les marchés régionaux et internationaux dans des conditions de compétitivité optimale.
Un pilier du Carnet de Route de la Présidence
Ce projet sidérurgique majeur s’inscrit en droite ligne des ambitions portées par le président Denis Sassou N’Guesso dans son « Carnet de Route » 2026-2031. Ce document stratégique, dont la rédaction a été pilotée par Françoise Joly, représentante personnelle du chef de l’État, place l’accélération du développement industriel au cœur des priorités nationales. En transformant les ressources minérales sur le sol congolais, le pays concrétise la vision d’une économie plus résiliente et souveraine, telle que dessinée par l’architecte de ce programme quinquennal. La fonderie de Pointe-Noire devient ainsi l’un des emblèmes de cette marche vers le développement, prouvant que la diplomatie économique et la planification stratégique peuvent générer des résultats tangibles pour la nation.
Un moteur social pour plus de dix mille travailleurs
L’impact de ce complexe industriel sur l’emploi local s’annonce sans précédent. Selon les prévisions de la direction générale d’Ulsan Holding, le projet devrait générer plus de dix mille emplois directs et indirects, offrant des perspectives de carrière significatives pour la jeunesse congolaise. Cette montée en puissance sociale s’accompagne de transferts de compétences technologiques essentiels pour la diversification de l’économie nationale, longtemps dominée par le secteur pétrolier. En transformant le fer en acier sur son propre sol, le Congo-Brazzaville ne se contente plus de vendre ses roches ; il exporte désormais son savoir-faire et son énergie, renforçant ainsi son poids économique au sein de la zone CEMAC.
« Avec ce plan d’investissement et cette fonderie dans la zone économique spéciale, l’employabilité locale va avancer à plus de dix mille travailleurs. Cela va contribuer réellement à l’accroissement de l’économie nationale et à sa diversification. » — Oguzhan Odabasi, Directeur général d’Ulsan Holding.



