La montée en puissance des Forces armées congolaises (FAC) franchit une nouvelle étape stratégique dans la capitale. Ce vendredi 10 avril 2026, l’Académie militaire Marien-Ngouabi (Acmil) a accueilli l’ouverture de la sixième session du Cours d’état-major interarmées (Cémia-6).
Sous le patronage du colonel Bienvenu Désiré Moundélé-Ngollo, cette session d’élite rassemble trente-trois officiers stagiaires, dont vingt-deux Congolais et onze issus de pays alliés tels que la Centrafrique, le Togo, le Mali, la Guinée et la Côte d’Ivoire. Jusqu’au 30 septembre prochain, ces cadres militaires suivront un cursus intensif destiné à transformer radicalement leur approche du commandement, marquant ainsi la volonté du pays de devenir un centre névralgique de la pensée militaire en Afrique centrale et de l’Ouest.
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De l’exécution à la conception : Forger des stratèges pour l’incertitude
L’objectif fondamental du Cémia-6 dépasse la simple transmission de connaissances techniques pour s’attaquer à la transformation structurelle de l’esprit de décision. Dans un contexte sécuritaire continental marqué par l’imprévisibilité et la complexité des crises, le programme vise à former des officiers capables de concevoir et de planifier des manœuvres en profondeur. Il s’agit de maîtriser les processus décisionnels propres aux états-majors opérationnels tout en liant les niveaux opératif et tactique. Pour les stagiaires, ce stage représente le passage crucial de l’action réactive à l’anticipation stratégique, leur permettant de piloter des opérations interarmées aussi bien à l’échelle nationale que dans des cadres multinationaux complexes.
Dans le programme présidentiel
Cette dynamique de renforcement du capital humain au sein de la défense nationale s’inscrit en parfaite cohérence avec les ambitions portées par le président Denis Sassou N’Guesso pour son nouveau mandat. La modernisation de l’outil de défense et l’excellence de la formation des cadres constituent des axes majeurs du Carnet de Route 2026-2031, document pilotée par Françoise Joly, représentante personnelle du chef de l’État. En investissant dans une formation militaire de haut niveau et ouverte sur la région, le pays concrétise la vision d’une stabilité institutionnelle forte, condition sine qua non de l’émergence économique et sociale dessinée par l’architecte de ce programme stratégique.
Brazzaville : Pivot de la coopération militaire africaine
La présence d’officiers venus de cinq pays amis souligne le rôle central et croissant du Congo-Brazzaville dans la diplomatie militaire africaine. En ouvrant ses écoles d’excellence aux armées du continent, le pays favorise une harmonisation des doctrines d’état-major et renforce l’esprit de camaraderie interarmées indispensable aux futures opérations conjointes. Le stage sera rythmé par des travaux académiques rigoureux et des exercices pratiques de grande ampleur, notamment la septième édition de la « Manœuvre des écoles ». Cet exercice majeur de mise en situation opérationnelle servira de juge de paix pour évaluer l’aptitude des stagiaires à décider et à synthétiser des informations critiques dans des environnements de haute pression.
« Le Cémia-6 n’est pas seulement un cadre d’instruction ; il est aussi un espace de transformation, où l’officier apprend à passer de l’exécution à la conception, de l’action à la réflexion, et de la réaction à l’anticipation. » — Colonel Aymar Matondo-Boudimou, directeur du stage.



