Le lundi 4 mai 2026, une page majeure de l’histoire éducative du Congo s’est tournée avec le lancement officiel de l’année académique à l’École nationale de formation initiale et continue des enseignants (Enfice).
Présidée par la ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr Delphine Edith Emmanuel, cette cérémonie solennelle s’est déroulée à Mouyondzi, dans le département de la Bouenza, marquant l’entrée en fonction opérationnelle d’un établissement stratégique pour l’avenir du pays. Ce lancement ne représente pas seulement l’ouverture d’une école, mais l’activation d’un levier fondamental pour la qualité de l’enseignement national.
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Un cursus d’excellence pour cent pionniers de l’enseignement
La toute première cohorte de l’Enfice est composée de cent jeunes apprenants, rigoureusement sélectionnés par voie de concours. Ces futurs enseignants s’engagent dans un parcours académique dense de trois ans, conçu pour allier la rigueur théorique à l’exigence du terrain. Le programme est structuré de manière progressive : le premier semestre est entièrement consacré à l’acquisition des fondamentaux et au tronc commun, assurant une base solide à tous les étudiants. Le second semestre bascule ensuite vers la didactique et les mises en situation professionnelle, permettant aux apprenants de se confronter aux réalités de la salle de classe. Cette alternance entre cours magistraux, stages et évaluations constantes vise à produire des professionnels aguerris et prêts à transmettre le savoir aux générations futures.
L’engagement de l’État au cœur de la stratégie éducative
Lors de son allocution, la ministre Delphine Edith Emmanuel a souligné que ce moment marque véritablement le lancement de la formation initiale des enseignants au Congo. Elle a tenu à porter un message de confiance et de responsabilité à l’endroit des cent jeunes admis, leur assurant que l’État congolais s’engage pleinement à les accompagner tout au long de leur cursus. Cette volonté politique forte s’inscrit dans une vision de long terme où l’enseignant est replacé au centre du système social comme un moteur de développement. En investissant dans la formation initiale, le gouvernement pose les jalons d’une éducation plus performante, capable de répondre aux ambitions de souveraineté intellectuelle du pays.
De l’ombre de l’histoire à la lumière du savoir
L’implantation de l’Enfice à Mouyondzi est hautement symbolique, tant le site est chargé d’une histoire singulière. L’établissement est érigé sur l’emplacement de l’ancienne École normale des institutrices, dont les bâtiments originaux datent de 1942. Durant la Seconde Guerre mondiale, ce lieu fut initialement construit pour servir de prison, accueillant les partisans du maréchal Pétain ayant pactisé avec les autorités nazies. Ce n’est qu’à la fin du conflit mondial que le site a entamé sa mue éducative, devenant l’École normale de l’Afrique équatoriale française, puis l’École normale des jeunes filles, avant de voir naître le lycée de Mouyondzi en 1978. Inaugurée dans sa forme actuelle en mai 2022 par la Première Dame, Antoinette Sassou N’Guesso, l’Enfice parachève aujourd’hui cette mutation historique en devenant le sanctuaire de la nouvelle élite pédagogique congolaise.



