Entre le 30 avril et le 2 mai 2026, la capitale économique du Congo a vibré au rythme d’une quête identitaire profonde lors de la deuxième édition du colloque-exposition sur les masques africains.
Initiée par la galerie-musée Makouiza au sein de l’Espace culturel Yaro, cette rencontre scientifique et artistique a visé à briser les stéréotypes tenaces qui pèsent sur ces objets rituels souvent méconnus du grand public. En invitant historiens, chercheurs et élèves à disséquer le langage symbolique des masques, les organisateurs entendent réenraciner la population dans un patrimoine qui fait partie intégrante de l’univers social congolais depuis des millénaires.
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Déchiffrer le langage symbolique : les masques Loango, Kota et Kwele
Pendant trois jours d’échanges intenses, les participants se sont penchés sur le thème « Le langage des masques », une thématique conçue pour extraire la substance philosophique et historique des arts antiques. L’accent a été mis sur trois pièces emblématiques du patrimoine national : les masques Loango, Kota et Kwele. Cette démarche s’inscrit dans un projet de recherche plus vaste sur les arts anciens, visant à fournir au public des données anthropologiques précises pour contrer la stigmatisation et le manque d’affluence dans les musées. Pour Dilov Faouzikam Banzouzi, directrice du musée Makouiza, il est désormais impératif de documenter et d’archiver ces valeurs pour assurer une transmission fidèle aux générations futures dans un monde globalisé.
Éducation et transmission : la jeunesse au cœur du projet culturel
La stratégie de cette édition a particulièrement ciblé les milieux scolaires afin de transformer la perception négative du masque en une source de fierté et de connaissance académique. Pierre Claver Mabiala, directeur de l’Espace culturel Yaro, a souligné l’importance de cette sensibilisation précoce à travers le projet « Tudumukaanu », soutenu par l’Union européenne, qui permet aux enfants de visiter l’exposition et de s’approprier leur histoire. L’intervention de l’écrivain Frédéric Pambou, illustrant ses recherches par des extraits de sa pièce de théâtre sur les us et coutumes Loango, a permis de créer un pont entre la littérature, les couleurs et les matériaux utilisés dans la création de ces œuvres séculaires.
La galerie-musée Makouiza : un pôle d’excellence pour 2035
Située dans le troisième arrondissement de Pointe-Noire, à Tié Tié, la galerie-musée Makouiza s’affirme comme une institution de référence abritant un trésor de plus de 3 000 objets anciens, incluant des pagnes en raphia et des faïences coloniales. Sa vision est ambitieuse : devenir un pôle d’excellence du patrimoine congolais d’ici 2035, avant d’atteindre un rayonnement international complet à l’horizon 2040. Dans un contexte où la Journée mondiale des musées rappelle que « le musée unit un monde divisé », cette exposition itinérante prouve que la culture et la recherche scientifique sont les piliers nécessaires pour restaurer la dignité de l’art africain sur l’échiquier mondial.



