La tension diplomatique entre Abuja et Pretoria a franchi un nouveau seuil ce lundi 4 mai 2026. Face à la recrudescence des violences xénophobes visant les étrangers en Afrique du Sud depuis la mi-avril, le gouvernement fédéral nigérian a annoncé que 130 de ses citoyens ont officiellement demandé leur rapatriement immédiat. Cette demande d’évacuation volontaire intervient alors que le climat sécuritaire se dégrade pour la communauté nigériane, rappelant de douloureux épisodes de violences passés dans le pays d’Afrique australe.
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Un bilan humain tragique et des crimes « inacceptables »
Le signal d’alarme a été tiré suite au décès brutal de deux Nigérians dans des circonstances impliquant directement les forces de sécurité locales. Selon le rapport de situation publié par la ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, un ressortissant a été passé à tabac par des militaires le 25 avril à Port Elizabeth. Un second citoyen a été retrouvé sans vie à Pretoria après une interaction suspecte avec la police métropolitaine quelques jours auparavant. La cheffe de la diplomatie nigériane a qualifié ces actes d’« absolument condamnables et inacceptables », mettant en garde ses compatriotes contre de nouvelles manifestations xénophobes prévues au cours de la semaine.
La riposte d’Abuja : protection des citoyens et fermeté diplomatique
Dans une démonstration de fermeté, le gouvernement nigérian a convoqué l’ambassadeur sud-africain par intérim pour obtenir des explications claires sur les mauvais traitements infligés à ses citoyens et les attaques visant leurs entreprises. Cette action traduit la volonté des autorités nigérianes de ne plus laisser ces incidents sans réponse forte. Parallèlement, Bianca Odumegwu-Ojukwu a maintenu le dialogue avec son homologue sud-africain, saluant au passage la condamnation unanime de ces violences par la classe politique sud-africaine. Malgré ces échanges, la priorité absolue reste la mise en sécurité des 130 demandeurs de retour, le Nigeria se tenant prêt à déclencher une opération d’évacuation d’envergure comme il l’a déjà fait par le passé.



