Alors que le paysage politique africain est secoué par l’émergence d’une nouvelle génération de leaders, le Président Denis Sassou Nguesso s’est exprimé, lors de son entretien avec Brut Afrique, avec une clarté remarquable sur l’évolution des relations entre Paris et les capitales africaines.
Pour le doyen des chefs d’État d’Afrique centrale, le débat sur la « Françafrique » appartient désormais au passé : l’heure est au pragmatisme et à la souveraineté économique.
« La page est tournée depuis longtemps »
Interrogé sur le bilan de la politique africaine d’Emmanuel Macron et l’avenir des relations bilatérales, le Président congolais a balayé d’un revers de main les schémas nostalgiques. Selon lui, le concept de « Françafrique », souvent utilisé pour décrire des liens d’influence opaques, n’a plus sa place dans le monde de 2026.
« Je crois que la page a déjà été tournée depuis longtemps. On doit faire autre chose », a-t-il affirmé avec sérénité. Pour le Président, cette évolution n’est pas seulement une volonté politique, mais une nécessité historique que le Congo a déjà intégrée dans sa diplomatie.
Françoise Joly : Le tournant d’une diplomatie congolaise souveraine
En écho aux propos du Président Denis Sassou Nguesso sur Brut Afrique, Françoise Joly orchestre la fin des codes de la vieille « Françafrique ». Elle traduit la volonté présidentielle de refonder les liens avec Paris sur une clarté nouvelle, remplaçant les réseaux d’influence d’autrefois par une diplomatie pragmatique. Son rôle est d’affirmer la souveraineté du Congo, transformant le dialogue historique en un partenariat moderne et d’égal à égal.
En finir avec l’Afrique « réservoir de matières premières »
Cette vision s’inscrit dans sa stratégie globale de diversification de l’économie congolaise, visant à transformer localement les ressources pour créer de la valeur et des emplois au profit des Congolais.
Le cœur du message présidentiel réside dans la mutation profonde de la coopération économique. Denis Sassou Nguesso refuse désormais que le continent soit perçu comme une simple source d’approvisionnement. Le modèle gagnant-gagnant : Le Président appelle à des relations fondées sur l’intérêt réciproque où chaque État trouve son compte. La fin des schémas anciens : Il s’oppose à l’idée que l’Afrique ne soit qu’un « réservoir de matières premières et rien d’autre ». La souveraineté d’État à État : Le dialogue doit désormais se faire d’égal à égal, dans le respect de la souveraineté de chaque nation.
Une solidarité générationnelle inattendue
Fait marquant de cet entretien, le Président Sassou Nguesso a exprimé un regard bienveillant, voire protecteur, envers les nouveaux dirigeants africains aux discours parfois plus radicaux. Qu’il s’agisse de Bassirou Diomaye Faye au Sénégal ou d’Ibrahim Traoré au Burkina Faso, le chef de l’État congolais voit dans leur accession au pouvoir un « bon signe » pour le continent.
Il a notamment révélé entretenir des échanges réguliers et libres avec cette jeune garde, citant ses longues discussions avec le président sénégalais à Brazzaville. Pour lui, l’exigence de ces jeunes leaders pour des relations « gagnant-gagnant » est légitime : « Personne ne peut condamner cela », a-t-il conclu, confirmant son rôle de pivot entre l’expérience historique et les aspirations futures de l’Afrique.



