Une nouvelle vague d’attaques xénophobes secoue la nation arc-en-ciel en ce début de mois de juin 2026. Alors que le Mozambique déplore plusieurs morts et orchestre des rapatriements massifs, la police sud-africaine conteste fermement le bilan des victimes dans un climat de haute tension diplomatique.
L’Afrique du Sud et le Mozambique s’affrontent ouvertement autour du bilan humain des récentes agressions antimigrants qui ébranlent la ville portuaire de Mossel Bay, dans le sud du pays. Ce conflit humanitaire majeur éclate alors que plusieurs gouvernements du continent (Mozambique, Ghana, Nigeria) lancent en urgence des opérations de rapatriement pour protéger leurs ressortissants ciblés par des actions coup de poing d’une violence rare. L’enjeu de cette crise est crucial : cette flambée xénophobe fragilise l’unité africaine, ravive des traumatismes historiques et menace directement la stabilité des relations bilatérales en Afrique australe.
Mossel Bay à feu et à sang : Le choc de la discorde entre le Mozambique et l’Afrique du Sud
Les violences ont culminé dans le bidonville d’Asla Park, en périphérie de Mossel Bay, où pas moins de 55 habitations de fortune ont été réduites en cendres à la suite de rumeurs accusant des entreprises de construction d’employer des migrants en situation irrégulière. Face à ce chaos, les chiffres officiels divergent de manière radicale. Le gouvernement mozambicain affirme que cinq de ses citoyens ont été tués directement sous les coups des émeutiers, en plus de deux autres compatriotes décédés dans un accident de la route en tentant de fuir le pays. À l’inverse, Pretoria conteste ce bilan et ne reconnaît que deux décès de nationalité mozambicaine, refusant pour l’instant de lier officiellement ces meurtres à la haine anti-étrangers.
Sur le terrain, le traumatisme des victimes est immense. Des témoignages poignants, comme celui de Dolinda Mabunda qui a dû fuir sa maison en flammes alors qu’elle se trouvait à l’intérieur, illustrent l’extrême dangerosité de la situation. Alors que seulement cinq personnes ont été arrêtées par les forces de l’ordre sud-africaines, l’inquiétude grandit en raison d’un ultimatum lancé par le collectif radical « March and March ». Ce groupe antimigrants exige l’expulsion totale des clandestins avant le 30 juin 2026, faisant craindre un embrasement encore plus mortel dans les semaines à venir.

💡 Pourquoi c’est important
Cette tragédie humaine cache une manipulation politique cynique à l’approche des élections locales sud-africaines de début novembre 2026. Face à un chômage endémique et une pauvreté généralisée, les immigrés africains – qui représentent 5,1 % de la population – servent une fois de plus de boucs émissaires idéaux pour certains partis qui alimentent la rhétorique haineuse afin de glaner des sièges.
L’Afrique du Sud, économie la plus industrialisée du continent, revit ses pires démons après les émeutes sanglantes de 2008, 2015 et 2019. Fermer les yeux sur ces dérives, c’est bafouer la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et saper l’idéal panafricain d’intégration continentale au profit d’intérêts électoraux à court terme.
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L’exode des migrants africains : Le Ghana, le Nigeria et le Mozambique activent les rapatriements d’urgence
Face à l’insécurité permanente et au sentiment d’abandon, la solidarité régionale s’organise pour exfiltrer les populations menacées. Le Ghana a déjà pris les devants en rapatriant plus de 300 de ses citoyens, immédiatement imité par le Nigeria et le Mozambique qui affrètent des convois pour évacuer les centaines de personnes réfugiées dans des centres sécurisés de la province du Cap-Occidental. Pour de nombreux travailleurs africains, contraints de fuir en abandonnant tous leurs biens, le retour au pays s’apparente à un aveu de tout perdre.
Cette énième flambée de violences jette une ombre tragique sur l’avenir de la libre circulation et de la cohésion sociale en Afrique. Alors que le continent tente de s’unir à travers des accords de libre-échange et des projets de développement communs, le retour récurrent de la haine fraternelle en Afrique du Sud pose une question douloureuse : comment bâtir une Afrique unie et prospère si la violence continue de diviser ses propres enfants ? Le deuil des familles et l’angoisse des déplacés rappellent l’urgence d’une réponse ferme et unifiée de l’Union africaine face à l’immobilisme de Pretoria.



