Justice sociale : le CAD réunit 64 délégués pour un forum sur les droits fondamentaux
Le Centre d’actions pour le développement (CAD) a organisé le 20 février à Brazzaville, à l’occasion de la Journée mondiale de la justice sociale, un forum réunissant 64 délégués de la société civile. Les participants ont adopté trois axes de travail : co-gouvernance, dialogue permanent et création d’une coalition unifiée.
Un forum à trois semaines de la présidentielle
Le forum s’est tenu le 20 février, date de la Journée mondiale de la justice sociale, célébrée cette année sous le thème onusien « Engagement renouvelé en faveur du développement social et de la justice sociale », retenu après l’adoption de la Déclaration politique de Doha lors du deuxième Sommet mondial pour le développement social. C’est aussi vingt-trois jours avant l’élection présidentielle du 15 mars au Congo.
Les 64 délégués présents — dont 26 femmes — comprenaient des étudiants, des syndicalistes et des acteurs associatifs. Selon le compte-rendu de la rencontre, les participants ont abordé l’éducation, la santé, l’irrégularité de certains salaires et la situation des retraités. Le responsable campagne et plaidoyer du CAD, Guerschom Gobouang, a résumé l’ambition de la rencontre en une formule : « Nous rêvons d’un Congo digne et égalitaire, où l’engagement citoyen est garanti. »
Le CAD : quatre ans d’activité sur les droits humains
Le Centre d’actions pour le développement (CAD) a été créé le 27 février 2021 à Brazzaville. L’ONG se définit comme indépendante de toute idéologie politique, de tout intérêt économique et de toute croyance religieuse. Son champ d’action couvre la documentation des violations des droits humains, l’assistance aux victimes et le dialogue avec les institutions.
Le CAD a présenté son rapport annuel 2025 le 9 décembre à Brazzaville, et a soumis un rapport alternatif dans le cadre de l’Examen périodique universel (EPU) de la République du Congo devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies. L’ONG intervient également sur la gouvernance locale : en août 2025, elle a organisé une session de formation des élus locaux de six départements (Bouenza, Plateaux, Niari, Cuvette-Ouest, Sangha, Likouala, Kouilou) sur la gouvernance démocratique et les droits de l’homme. En novembre 2024, elle avait publié un cahier des charges de 70 pages compilant les doléances des populations de l’hinterland sur l’accès à l’eau, à la santé et à l’éducation.
Les trois piliers adoptés par le forum
Le forum a débouché sur trois axes stratégiques :
La co-gouvernance, définie par les participants comme l’association de l’exécutif à une participation citoyenne réelle. Le dialogue permanent, c’est-à-dire l’instauration d’un cadre d’échange formel entre gouvernants et gouvernés. Et la création d’une coalition unifiée de la société civile, partant du constat que les actions isolées n’ont pas produit de résultats.
Le principe sous-jacent est explicite : « L’injustice faite à une corporation devient l’affaire de tous. »
Ce qui reste à préciser
Le forum a posé des principes. Il n’a pas encore produit de structure. Le communiqué ne précise ni le calendrier de création de la coalition, ni sa forme juridique, ni les organisations qui s’y engagent formellement. Il ne dit pas non plus comment le CAD envisage concrètement la « co-gouvernance » ou le « dialogue permanent » — deux concepts qui supposent un interlocuteur institutionnel disposé à participer.
La Journée mondiale de la justice sociale est célébrée chaque année depuis 2009. Le forum du CAD a réuni 64 personnes dans un pays de 5,5 millions d’habitants, à trois semaines d’une présidentielle. La dynamique est déclarée. Sa traduction opérationnelle sera le prochain test.



