L’Alliance des États du Sahel a créé une onde de choc en se positionnant officiellement auprès de la CAF pour l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations 2032. Entre symbole d’intégration régionale et défis sécuritaires colossaux, cette ambition bouscule l’échiquier du football africain.
Ce mercredi 22 juillet 2026, la diplomatie sportive africaine s’est embrasée à l’annonce du premier dossier d’intérêt déposé pour la 38e édition de la Coupe d’Afrique des nations. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont soumis une déclaration conjointe à la Confédération africaine de football (CAF) pour accueillir la CAN 2032. Cette démarche commune franchit une étape historique alors que la CAF vient d’ouvrir officiellement les appels à candidatures pour les éditions 2028, 2032 et 2036. Ce positionnement est d’une importance géopolitique et culturelle capitale : il mesure la volonté des régimes sahéliens d’utiliser le sport roi comme vecteur d’intégration et de légitimité internationale, tout en posant la question complexe de l’organisation d’un tournoi majeur à 24 équipes dans une zone marquée par des défis sécuritaires majeurs.
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Sommet secret à New York : Comment l’Alliance des États du Sahel a convaincu Patrice Motsepe de les écouter
L’offensive diplomatique du trio sahélien s’est jouée en toute discrétion à New York le 18 juillet dernier, en marge de la finale de la Coupe du monde 2026. Les présidents de la Fédération burkinabè de football, de la Femafoot malienne et de la Fénifoot nigérienne, accompagnés du colonel Pelé, membre nigérien du Conseil de la FIFA, se sont entretenus directement avec le président de la CAF, Patrice Motsepe. Au cours de cet échange fondateur, les trois dirigeants ont défendu une vision commune de coopération sous-régionale matérialisée par le football, obtenant les encouragements du patron de l’instance continentale.
Interrogé à ce sujet lors d’une conférence de presse, Patrice Motsepe a rappelé sa ligne de conduite pragmatique en affirmant que le football devait primer sur les considérations politiques et qu’il se rendrait dans ces pays malgré les réserves exprimées par certains chefs d’État. Le dirigeant sudafricain a toutefois souligné avec fermeté que si la promotion du sport dans tous les États membres restait essentielle, la décision finale d’attribution reviendrait au Comité exécutif de la CAF après un examen rigoureux des garanties de sûreté et de sécurité apportées par les candidats.
Stades, transports et logistique : Le parcours d’obstacles des trois capitales du Sahel pour la CAN 2032
Le dépôt de cette déclaration d’intérêt ne constitue qu’un premier pas vers le lourd dossier de candidature exigé par la CAF. Si le Burkina Faso, organisateur de l’édition 1998, et le Mali, hôte de la CAN 2002, ont procédé à la rénovation récente de plusieurs enceintes sportives désormais homologuées, le Niger accuse un retard important en matière d’infrastructures de compétition. Pour abriter 24 sélections nationales, des dizaines de milliers de supporters et des centaines de médias internationaux, l’AES devra bâtir un réseau logistique irréprochable.
Outre la mise aux normes des stades, la capacité d’hébergement hôtelier et l’efficacité des liaisons aériennes et terrestres entre Ouagadougou, Bamako et Niamey représentent des chantiers colossaux. Les carences récurrentes en approvisionnement énergétique, les coupures d’électricité ainsi que les pénuries de carburant qui touchent régulièrement la région constituent des défis logistiques majeurs que les trois gouvernements devront impérativement résoudre pour espérer convaincre les inspecteurs de la CAF.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois de juillet 2026, l’officialisation de la candidature commune du Burkina Faso, du Mali et du Niger pour la CAN 2032 est capitale car elle marque la première tentative d’un bloc géopolitique en rupture avec les instances traditionnelles d’organiser le plus grand événement sportif d’Afrique. Analyser cette démarche comme une simple initiative sportive serait une erreur de grille de lecture : l’AES cherche à prouver sa capacité de souveraineté et de coopération au-delà du domaine militaire.
Garantir la sécurité de millions de spectateurs, moderniser les infrastructures de transport et stabiliser les réseaux d’énergie sont des enjeux de développement, de cohésion sociale et d’image internationale absolus pour la période 2026-2032. Si le bloc sahélien parvient à présenter un dossier crédible d’ici la clôture des candidatures, la CAF sera confrontée à un arbitrage historique entre impératifs de sécurité et volonté de promouvoir le football dans toutes les régions du continent.
Stratégie de diversion ou projet d’avenir : Les experts politiques divisés face au défi sécuritaire du Sahel
Au-delà des aspects techniques, la question sécuritaire demeure le principal point d’achoppement de ce projet ambitieux. Une grande partie des territoires sahéliens reste confrontée à des menaces asymétriques et à l’action de groupes armés, créant un climat d’incertitude difficilement compatible avec les exigences d’un événement mondial. De nombreux analystes politiques et observateurs régionaux estiment que cette candidature pourrait relever d’une communication calculée pour détourner l’attention des opinions publiques locales face aux difficultés économiques et sécuritaires quotidiennes.
Selon le politologue et chercheur malien Oumar Berté, cette initiative s’apparente davantage à un effet d’annonce visant à fédérer la population autour d’un récit positif qu’à un projet réaliste à court terme. Pour cet expert, les investissements colossaux requis pour la construction d’hôtels, de stades et la sécurisation des axes de transport semblent en décalage direct avec les priorités urgentes de la région. L’AES devra ainsi prouver au monde que sa vision peut dépasser le cadre du symbole politique pour se transformer en un plan d’action sécurisé d’ici la prochaine décennie.
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Le rêve sahélien d’ici 2032 : Entre symbole d’unité populaire et dures réalités du terrain
L’audace affichée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger en ce mois de juillet 2026 démontre que le football conserve sa magie unique et sa capacité à porter l’espoir de peuples en quête de rayonnement continental. Ce projet d’accueil de la CAN 2032 projette les États du Sahel vers un horizon de transformation profonde pour la période 2026-2032, plaçant la jeunesse et la coopération sous-régionale au cœur du débat politique. Les déclarations sont faites et le dialogue avec la CAF est amorcé, mais la capacité réelle des trois capitales à ramener la paix durable et à ériger des infrastructures de classe mondiale ouvre un débat d’une immense portée.
Dès lors, face aux doutes des observateurs internationaux et aux exigences strictes de la CAF, l’Alliance des États du Sahel parviendra-t-elle à pacifier son territoire et à transformer cette annonce en un dossier inattaquable d’ici la décision finale du Comité exécutif ? Le football peut-il devenir le moteur inattendu de la stabilité et de la modernisation du Sahel d’ici la fin de la décennie ? Le débat est passionné, la course à la CAN 2032 est lancée, et cette aventure sportive et politique va continuer de retenir toute notre attention.



