En visite stratégique sur le site d’Induco à Madibou, la ministre Jacqueline Lydia Mikolo a fixé le cap de la compétitivité industrielle congolaise. Entre promotion de la production locale et préparation intensive à la ZLÉCAF d’ici 2030, Brazzaville prépare activement ses futurs champions de l’exportation.
Ce mardi 21 juillet 2026, la diplomatie économique de la République du Congo s’est concrétisée sur le terrain industriel de Madibou, dans le 8e arrondissement de Brazzaville. La ministre du Commerce, des Approvisionnements et de la Consommation, chargée de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLÉCAF), Jacqueline Lydia Mikolo, s’est rendue au cœur du complexe de production de l’entreprise Industrie du Congo (Induco). Cette visite d’évaluation et d’orientation stratégique visait à mesurer la capacité de l’outil industriel national à répondre aux besoins du marché local tout en préparant la projection commerciale du pays à l’échelle du continent. L’enjeu est capital pour la nation : transformer le « Made in Congo » en une marque de compétitivité capable de conquérir le marché unique africain avant son effectivité totale projetée pour 2030.
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Immersion industrielle à Madibou : Induco au cœur de la stratégie d’autonomie du « Made in Congo »
Au sein du vaste pôle de production d’Induco à Madibou, les équipes ministérielles ont passé en revue l’ensemble des chaînes de fabrication de ce fleuron de la transformation locale. Spécialisée dans une gamme variée de produits allant des équipements électriques aux détergents, en passant par les peintures, la maroquinerie plastique, le mobilier, les emballages et la matelasserie, Induco incarne le modèle de diversification industrielle encouragé par les autorités. La ministre s’est entretenue directement avec le président-directeur général de l’entreprise, Fouad El Sahely, pour analyser la qualité des produits, la structure des coûts et le volume d’approvisionnement destiné aux consommateurs congolais.
L’objectif immédiat de cette descente de terrain était d’assurer que l’offre locale puisse satisfaire la demande nationale tout en respectant des standards de qualité irréprochables. Pour les dirigeants d’Induco, cette présence gouvernementale constitue une marque de reconnaissance et un puissant catalyseur pour accroître les cadences de production. Face aux défis de la dépendance envers les importations, la consolidation d’un tissu industriel diversifié au Congo représente le premier pilier d’une souveraineté économique durable.
Cap sur la ZLÉCAF d’ici 2030 : L’accompagnement stratégique de l’État pour créer des champions nationalisés
L’intégration dans la Zone de libre-échange continentale africaine ne doit pas se limiter à une simple ouverture des frontières douanières du Congo, mais doit devenir un tremplin offensif pour l’industrie nationale. Jacqueline Lydia Mikolo a insisté sur le fait que l’échéance de 2030 impose une mise à niveau rigoureuse des entreprises locales afin qu’elles répondent parfaitement aux critères de commercialisation continentaux. Le gouvernement congolais s’est engagé à jouer pleinement son rôle de facilitateur en instaurant un dialogue permanent avec les chefs d’entreprise pour renforcer la compétitivité du secteur privé.
En réponse à ces orientations ministérielles, le patron d’Induco, Fouad El Sahely, a réaffirmé la détermination de son groupe à se structurer pour aborder ce marché de plus d’un milliard de consommateurs. Cet accompagnement étatique vise à transformer les entités de production locales en véritables champions industriels capables d’exporter le savoir-faire congolais à travers les réseaux de distribution sous-régionaux et continentaux.

POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois de juillet 2026, l’inspection des capacités industrielles d’Induco par le gouvernement congolais est capitale car elle marque le virage pragmatique du Congo vers l’échéance continentale de la ZLÉCAF fixée à 2030. Analyser cette visite comme un simple déplacement institutionnel serait une erreur d’évaluation économique majeure : le Congo joue sa capacité à devenir un exportateur industriel compétitif face aux mastodontes commerciaux de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique australe.
Mettre aux normes la production locale, réduire les coûts de fabrication et structurer des chaînes de valeur régionales solides sont des enjeux de souveraineté économique, de création d’emplois pour la jeunesse et de diversification industrielle absolus pour la période 2026-2030. Si le partenariat entre l’État congolais et les capitaines d’industrie réussit ce pari stratégique, Brazzaville s’imposera comme un carrefour commercial majeur de l’Afrique centrale.
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Souveraineté économique et compétition continentale : Les défis de l’industrie congolaise face au marché unique
La transition vers un marché continental sans barrières tarifaires représente une opportunité historique, mais également un défi de taille pour les structures industrielles en phase de consolidation. La compétitivité du « Made in Congo » dépendra de l’accès à une énergie stable, du coût de la logistique transport et de la capacité à maintenir des prix attractifs face aux produits importés des grandes puissances industrielles africaines. L’initiative prise à Madibou pose ainsi les jalons d’une politique industrielle résolument tournée vers la performance et l’innovation.
Alors que les démarches de labellisation et de certification s’accélèrent, la dynamique impulsée par le ministère du Commerce vise à instaurer un écosystème favorable à l’investissement privé. La réussite de cette transformation industrielle servira de modèle pour l’ensemble des PME et PMI congolaises désireuses de franchir les frontières nationales pour s’implanter durablement sur les marchés sous-régionaux de la CEEAC et au-delà.
L’ambition affichée par Induco et le gouvernement congolais en ce mois de juillet 2026 témoigne d’une volonté politique claire de ne plus subir le commerce international, mais d’en devenir un acteur clé. Le compte à rebours vers 2030 est désormais engagé, et chaque étape de modernisation industrielle rapproche la République du Congo de son objectif d’émergence économique.
Dès lors, face aux exigences strictes de la ZLÉCAF et à la concurrence des géants industriels du continent, les entreprises congolaises parviendront-elles à s’imposer comme des leaders incontournables de l’exportation d’ici 2030 ? Le label « Made in Congo » peut-il devenir le moteur principal de la transformation économique de l’Afrique centrale ? Le débat est ouvert, la mobilisation industrielle est lancée à Brazzaville, et cette transition commerciale majeure va continuer de retenir toute notre attention.



