Lors du premier scrutin test à huis clos du Conseil de sécurité de l’ONU, l’ancien président sénégalais Macky Sall a récolté sept voix défavorables. Malgré l’adoubement officiel du Sénégal, la candidature africaine vacille face au trio de tête sud-américain.
Ce vendredi 31 juillet 2026, les coulisses du siège des Nations unies à New York ont été le théâtre d’un premier coup de tonnerre diplomatique dans la course à la succession du secrétaire général de l’ONU. Alors que le processus de sélection entre dans sa phase décisive au sein du Conseil de sécurité, le premier vote indicatif — un scrutin test informel mais crucial — a livré un verdict particulièrement sévère pour les ambitions du continent africain. Malgré le soutien formel du gouvernement sénégalais obtenu plus tôt ce mois-ci, l’ancien président Macky Sall n’a pas réussi à convaincre les grandes puissances, essuyant une majorité de votes défavorables. Alors que d’autres tours de scrutin s’étaleront jusqu’à l’automne 2026, cette entame manquée remet en question les chances réelles de voir un dirigeant africain s’imposer à la tête de la chancellerie mondiale.
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Revers cinglant au Conseil de sécurité : Les chiffres du scrutin test de New York qui fragilisent la candidature de Macky Sall
Le dépouillement à huis clos a révélé un bilan arithmétique très défavorable pour l’ancien chef d’État sénégalais. Sur les quinze membres du Conseil de sécurité, Macky Sall n’a recueilli que 6 voix favorables, contre 7 voix défavorables et 2 abstentions (« sans opinion »). À New York, la plupart des observateurs diplomatiques estiment que ce signal est particulièrement lourd à surmonter face à une concurrence très affûtée.
Le tableau s’avère encore plus sombre pour le second candidat du continent, l’Ougandais Olara Otunnu. Ancien opposant politique dans son pays et ex-secrétaire général adjoint de l’ONU sous l’ère Kofi Annan, sa candidature tardive officialisée le week-end dernier s’est soldée par un rejet massif : seulement 2 voix favorables, 5 voix défavorables et 8 abstentions. Pour plusieurs chancelleries occidentales et africaines, ce premier tour indicatif résonne comme une mise en garde cinglante quant à la préparation diplomatique des candidatures africaines.
Rebeca Grynspan, Carolyn Rodrigues Birkett et Rafael Grossi : Le trio d’Amérique latine qui fait la course en tête
À l’inverse des candidats africains, l’Amérique latine et la région Caraïbes effectuent une percée spectaculaire dans ce premier tour d’horizon. Le trio de tête qui émerge des bulletins de vote réunit des figures de premier plan du système multilatéral : Rebeca Grynspan (Costa Rica), actuelle patronne de la CNUCED, Carolyn Rodrigues Birkett, ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana, et Rafael Grossi (Argentine), directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Toutefois, les règles complexes du Conseil de sécurité rappellent qu’aucun pronostic n’est définitif à ce stade. La règle du droit de veto accordée aux cinq membres permanents (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni) peut à tout moment paralyser un favori et rediffuser les cartes. Macky Sall et ses soutiens comptent sur les négociations informelles de l’été et de l’automne pour inverser la tendance avant le vote contraignant.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois de juillet 2026, l’échec d’étape de Macky Sall au Conseil de sécurité est fondamental car il remet en cause la stratégie d’influence de l’Afrique pour décrocher la direction générale de l’ONU. Analyser ce scrutin test comme un simple sondage sans valeur serait une erreur de lecture : historiquement, les candidats accumulant une majorité de votes défavorables dès le premier tour indicatif ont très rarement réussi à remonter la pente.
Faire entendre la voix du Sud global, négocier avec les membres permanents à droit de veto et présenter des candidatures continentales unifiées sont des enjeux de diplomatie multilatérale et de souveraineté géopolitique absolus pour la période 2026-2030. Si l’Afrique ne parvient pas à réorganiser rapidement sa stratégie diplomatique à New York, la présidence de l’ONU échappera au continent pour la prochaine décennie.
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Diplomatie multilatérale et prospective automne 2026 : Quelle stratégie pour la candidature africaine avant le scrutin définitif ?
Bien que la déception soit vive dans le camp sénégalais, la bataille pour la succession de l’actuel secrétaire général n’est pas juridiquement terminée. Le processus prévoit une succession de votes de cadrage tout au long de septembre et octobre 2026 afin de tester les blocages stratégiques et d’amener certains candidats à se retirer pour dégager un consensus.
Pour la période 2026-2030, l’élection du futur patron de l’ONU sera décisive dans la gestion de la polycrise mondiale (tensions géopolitiques, dérèglement climatique et réformes des institutions de Bretton Woods). L’Afrique, qui réclame un siège permanent au Conseil de sécurité et une meilleure représentation au sommet de la diplomatie mondiale, doit impérativement corriger le tir pour ne pas être marginalisée.
La déconvenue subie à New York en ce milieu d’année 2026 démontre que le prestige d’un ancien chef d’État ne suffit pas à convaincre les grandes puissances si le lobbying bilatéral n’est pas verrouillé très en amont. Les semaines à venir seront déterminantes pour la diplomatie sénégalaise et africaine.
Dès lors, Macky Sall réussira-t-il à négocier le retrait des avis défavorables des membres permanents d’ici le prochain scrutin indicatif à l’automne 2026 ? L’Amérique latine parviendra-t-elle à imposer l’un de ses favoris sans se heurter à un veto stratégique d’ici la fin de l’année ? Le débat est ouvert, les tractations diplomatiques à New York sont intenses, et la course au Secrétariat général de l’ONU va continuer de retenir toute notre attention.



