Au Botswana, la fédération syndicale BOFEPUSO appelle à davantage de transparence dans la gestion des projets d’infrastructures financés par des investisseurs internationaux. Un débat qui dépasse les frontières du pays et rappelle une tendance désormais bien installée sur le continent : les États africains cherchent à attirer davantage de capitaux tout en renforçant progressivement les mécanismes de contrôle, de transparence et de protection des intérêts nationaux. Au Congo, plusieurs dispositifs sont déjà en place.
Selon Lesedi Times, la Botswana Federation of Public Sector Unions (BOFEPUSO) plaide pour une plus grande transparence autour des grands projets d’infrastructures impliquant des investisseurs internationaux, notamment concernant leurs coûts, leurs modes de financement et les procédures d’attribution.
Cette revendication touche à une problématique devenue centrale sur le continent africain : celle des conditions dans lesquelles sont négociés et financés les grands projets nécessaires au développement.
Routes, énergie, chemins de fer, ports, télécommunications ou équipements publics nécessitent des investissements considérables. Pour de nombreux États africains, les capitaux étrangers et les partenariats public-privé constituent donc des instruments importants pour accélérer leur réalisation.
Mais avec ces financements apparaît une autre exigence : celle de garantir la traçabilité des engagements pris et la soutenabilité des conditions financières.
Un débat qui dépasse le Botswana
Au Botswana, BOFEPUSO demande notamment davantage de visibilité sur le coût des projets, leurs sources de financement et les mécanismes de passation des marchés.
L’objectif affiché est de permettre aux institutions et aux citoyens de mieux évaluer les engagements pris par l’État.
Pour les investisseurs eux-mêmes, la transparence peut également constituer un facteur de sécurité. Des procédures clairement établies, des responsabilités identifiées et des contrats mieux documentés réduisent les incertitudes juridiques et financières entourant les grands projets.
Le Botswana dispose déjà d’une réputation de stabilité institutionnelle relativement forte sur le continent. Le débat actuel montre néanmoins que les mécanismes de transparence et de contrôle sont appelés à évoluer en permanence, y compris dans les États disposant déjà de cadres institutionnels établis.
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Au Congo, la transparence est déjà inscrite dans les dispositifs de gouvernance
À Brazzaville, cette problématique n’est pas nouvelle.
La République du Congo a déjà engagé depuis plusieurs années un processus de renforcement de la transparence dans la gestion de ses ressources publiques et, en particulier, dans son secteur extractif.
L’un des principaux instruments de cette politique est l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), à laquelle le Congo participe. Dans ce cadre, des informations relatives aux revenus issus des industries extractives, à la production et aux activités des entreprises du secteur sont rendues publiques.
Dans le domaine pétrolier, qui demeure stratégique pour l’économie congolaise, cette politique de publication est déjà ancienne. Selon l’ITIE internationale, le Congo publie depuis 2013 les données de production pétrolière pour l’ensemble des permis. Depuis 2016, le pays divulgue également des informations individualisées sur les ventes de pétrole ainsi que les coûts associés aux différents projets. Les contrats pétroliers sont par ailleurs publiés intégralement.
Cette démarche permet notamment aux administrations, aux acteurs économiques et à la société civile de disposer de davantage d’informations sur un secteur qui représente une part déterminante des recettes publiques.
Le processus continue d’ailleurs d’évoluer. En août 2026, le Comité national ITIE de la République du Congo a organisé à Brazzaville un atelier consacré à la diffusion du rapport ITIE 2023, poursuivant ainsi la mise à disposition et l’explication des données relatives au secteur extractif.
Les marchés publics également concernés
La transparence ne concerne pas uniquement le pétrole.
Le Congo a également engagé des réformes dans la gestion des marchés publics et de la dépense publique. Les règles budgétaires prévoient notamment des mécanismes destinés à renforcer la traçabilité des marchés et le contrôle des opérations.
Les données comptables relatives aux marchés publics doivent ainsi pouvoir être partagées entre la Direction générale du contrôle des marchés publics et les différents acteurs de la chaîne de la dépense.
Les réformes récentes ont également renforcé les cellules de gestion des marchés publics au sein des administrations. Selon la Banque mondiale, au début de 2025, 28 ministères sur 37 avaient déjà mis en place ces structures, parallèlement à leur déploiement dans plusieurs collectivités locales et établissements publics.
Il ne s’agit donc pas, pour le Congo, de découvrir le principe de transparence, mais de poursuivre l’approfondissement et la modernisation de dispositifs déjà existants, notamment à mesure que les projets d’infrastructures deviennent plus importants et que leurs modes de financement se diversifient.
Transparence et attractivité peuvent aller de pair
Cette évolution est particulièrement importante au moment où le Congo cherche à attirer davantage d’investissements.
Les chiffres officiels témoignent d’ailleurs d’une dynamique significative : au quatrième trimestre 2025, les intentions d’investissement des entreprises enregistrées auprès de la Commission nationale des investissements ont atteint 640,1 milliards de FCFA, contre 261 milliards de FCFA un an auparavant.
Ces projets représentaient potentiellement près de 5 800 emplois directs.
Pour Brazzaville, l’enjeu consiste donc à conjuguer deux ambitions : accélérer l’arrivée des capitaux nécessaires aux infrastructures et à la diversification économique, tout en continuant à renforcer les mécanismes permettant d’assurer la traçabilité et la bonne gouvernance de ces investissements.



