Après six jours d’intenses arbitrages au palais royal de Rabat faisant suite aux élections législatives du 23 septembre 2026, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a officiellement chargé Fatima Ezzahra El Mansouri de former le nouvel exécutif du royaume. Portée par la victoire du Parti Authenticité et Modernité (PAM) qui s’est hissé en tête du scrutin avec 97 sièges, l’actuelle maire de Marrakech et ancienne ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat devient, à cinquante ans, la première femme de l’histoire du Maroc à accéder à la primature. Préférée aux profils de Fouzi Lekjaa et de Mohamed Mehdi Bensaïd pour son autorité politique et sa maîtrise des arcanes parlementaires, cette juriste chevronnée engage immédiatement des pourparlers multipartites pour bâtir une majorité solide à la Chambre des représentants.
Ce mercredi 30 septembre 2026, une onde de transformation institutionnelle traverse le Royaume chérifien et l’ensemble du monde arabe. Au terme d’un délai d’attente de six jours après la proclamation des résultats des urnes — une séquence d’arbitrage particulièrement scrutée dans l’histoire politique nationale —, le cabinet royal a rendu publique, dans la soirée du mardi 29 septembre, la décision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Reçue en audience solennelle au palais royal de Rabat, Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice nationale de la direction collégiale du Parti Authenticité et Modernité (PAM), a été formellement investie de la mission de former le nouveau gouvernement de Sa Majesté.
Cette nomination royale parachève le verdict des élections législatives organisées le mercredi 23 septembre 2026, où la formation moderniste a créé la surprise en ravissant la première place avec 97 sièges de députés. En propulsant pour la première fois une femme aux commandes de l’exécutif national, le souverain consacre un tournant sociétal majeur, concrétisant avec éclat les principes de parité et d’émancipation féminine inscrits dans l’esprit de la Constitution de 2011.
Plus d infos sur Le Journal du Congo
Une consécration constitutionnelle inédite : Le sacre d’une pionnière au Palais royal de Rabat
L’investiture de Fatima Ezzahra El Mansouri s’inscrit en droite ligne de l’article 47 de la loi fondamentale marocaine, qui stipule impérativement que le chef du gouvernement est choisi par le monarque au sein de la formation politique arrivée en tête des suffrages législatifs. Dès sa sortie du palais royal de Rabat mardi soir, la nouvelle dirigeante a mesuré l’ampleur historique de sa charge, annonçant l’amorce immédiate des concertations politiques pour doter le royaume d’une équipe gouvernementale resserrée et opérationnelle dans les plus brefs délais.
Cette désignation pulvérise un plafond de verre séculaire sur la rive sud de la Méditerranée. Alors que la vie politique régionale est restée historiquement dominée par des figures masculines, l’avènement d’une femme d’État à la tête des ministères régaliens et civils témoigne de la maturité des institutions marocaines. Pour les électeurs du PAM et les militants progressistes, ce choix souverain valide des décennies de combats civiques pour la reconnaissance du leadership féminin au sein des centres de décision névralgiques du royaume.
De la ville ocre aux ministères de souveraineté : L’ascension méthodique d’une juriste d’action
Née à Marrakech dans une lignée respectée — son défunt père ayant officié comme bâtonnier de l’ordre des avocats de la cité ocre —, Fatima Ezzahra El Mansouri a forgé ses compétences académiques entre la France et les États-Unis avant de diriger son propre cabinet spécialisé en droit commercial et immobilier. C’est en 2008 qu’elle fait une entrée remarquée sur l’échiquier public en rejoignant le Parti Authenticité et Modernité dès sa création. L’année suivante, en 2009, elle crée un précédent retentissant en devenant, à seulement 33 ans, la première femme élue maire de la métropole touristique de Marrakech, et la deuxième dans les annales du royaume après Assma Chaâbi à Essaouira.
Cette légitimité municipale s’est doublée d’un enracinement parlementaire sans faille. Élue députée de la circonscription de Médina Sidi-Youssef pendant une décennie à travers trois mandatures successives, elle a retrouvé le fauteuil municipal de Marrakech en 2021 tout en intégrant le gouvernement sortant dirigé par Aziz Akhannouch en qualité de ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville. Propulsée au comité collégial de direction du PAM en 2024, elle s’est imposée comme l’artisan de la cohésion interne du parti, incarnant une synthèse rare entre proximité populaire, rigueur juridique et autorité managériale d’État.
L’arbitrage face aux prétendants et l’épreuve des coalitions : Forger la majorité à la Chambre
Le choix du cabinet royal intervient au terme d’une compétition feutrée mais intense au sein de l’état-major du parti vainqueur. Les observateurs politiques prêtaient en effet des ambitions légitimes à d’autres ténors influents, à commencer par le puissant patron de la Fédération royale marocaine de football, Fouzi Lekjaa — fraîchement affilié à la formation —, ou encore le jeune et ambitieux ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaïd.
Toutefois, le profil d’équilibre et l’ancienneté militante de Fatima Ezzahra El Mansouri ont logiquement prévalu. Parfaite connaisseuse des équilibres complexes de la Chambre des représentants et respectée par l’ensemble des forces politiques de l’hémicycle, elle dispose du capital relationnel indispensable pour mener à bien sa première épreuve : bâtir une alliance gouvernementale stable. Avec 97 sièges conquis sur les 395 que compte l’Assemblée nationale, le PAM ne peut gouverner seul et doit impérativement s’associer avec deux ou trois partenaires d’envergure. Les discussions entamées dès ce mardi soir au sein des instances dirigeantes du PAM s’élargiront dès les prochaines heures aux états-majors du Rassemblement national des indépendants (RNI) et du parti de l’Istiqlal, esquissant la reconduction probable d’un bloc réformateur capable de consolider les grands chantiers industriels et sociaux de la nation.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois de septembre 2026, l’accession de Fatima Ezzahra El Mansouri à la primature marocaine est fondamentale car elle brise un tabou politique majeur et propulse le Royaume à l’avant-garde de la modernité institutionnelle dans l’ensemble du monde arabo-musulman et africain. Réduire cet événement à une simple alternance partisane masquerait sa portée géopolitique : en confiant la direction des politiques publiques à une femme élue issue du suffrage universel, le modèle marocain démontre sa capacité d’évolution démocratique sans sacrifier sa stabilité régalienne.
Piloter le budget de l’État, finaliser la généralisation de la protection sociale, moderniser l’offre de logements abordables et orchestrer la préparation des méga-infrastructures de la Coupe du monde 2030 exigent un leadership d’acier. En incarnant ce renouveau, la nouvelle cheffe du gouvernement porte la responsabilité historique de prouver que l’égal accès des femmes aux plus hautes fonctions d’autorité constitue le premier moteur de développement, d’efficacité économique et de souveraineté pour les nations émergentes du XXIe siècle.
Plus d infos sur Le Journal du Congo
Le compte à rebours avant le grand oral du Parlement
La scène politique marocaine entre désormais dans une séquence de tractations ministérielles où chaque portefeuille sera âprement disputé.
Une fois l’architecture de la coalition scellée et la liste des ministres validée par le roi Mohammed VI, Fatima Ezzahra El Mansouri devra se présenter devant les parlementaires réunis pour prononcer sa déclaration de politique générale et solliciter le vote de confiance de la Chambre des représentants. Face aux défis impérieux de la lutte contre le stress hydrique, de la dynamisation de l’emploi des jeunes et de la maîtrise du pouvoir d’achat des ménages, la première cheffe du gouvernement du Maroc sait que le jugement de l’histoire portera sur des résultats concrets, traçant avec audace la voie d’une gouvernance inclusive au service exclusif de la prospérité du peuple marocain.



