Inaugurée ce vendredi 25 septembre 2026 par la Synergie pour le Développement de Tous, la Chambre de commerce de Brazzaville et le Conseil congolais des jeunes entrepreneurs, la première édition du Café des entrepreneurs a réuni décideurs publics, industriels et jeunes dirigeants autour des exigences de la Zone de libre-échange continentale africaine. Alors que le Congo a ratifié les accords dès 2019 et déploie sa stratégie nationale 2021-2030, les intervenants ont martelé une vérité unanime : l’ouverture commerciale panafricaine ne sera profitable aux opérateurs nationaux que si les PME locales maîtrisent les règles d’origine, s’alignent sur les normes de conformité et accèdent à des financements adaptés pour exporter le « Made in Congo » sans complexe.
Ce vendredi 25 septembre 2026, la capitale congolaise est devenue le théâtre d’un sursaut d’intelligence économique collective tourné vers l’émancipation industrielle du secteur privé. À l’initiative conjointe de la Synergie pour le Développement de Tous (SDT), de la Chambre de commerce, d’industrie, d’agriculture et des métiers de Brazzaville et du Conseil congolais des jeunes entrepreneurs (CCJE), la première édition du Café des entrepreneurs a ouvert ses portes autour du thème hautement stratégique « Enjeux, perspectives et impacts de la Zlécaf ». Rassemblant à la même tribune des hauts fonctionnaires des ministères régaliens, des représentants du secteur bancaire, des experts en commerce international, des chefs d’entreprises chevronnés ainsi que de jeunes porteurs de projets, ces assises visent à dissiper les abstractions théoriques pour préparer concrètement les acteurs nationaux au grand choc de compétitivité continental.
Cette rencontre intervient à un moment déterminant où les barrières douanières s’effacent progressivement à l’échelle du continent africain. Alors que le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, a réitéré à maintes reprises la nécessité de conférer un contenu matériel tangible à l’intégration panafricaine, les débats de Brazzaville ont mis en exergue l’impératif de convertir les engagements juridiques de l’État en victoires commerciales pour les producteurs locaux.
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De la signature diplomatique à l’exécution de terrain : L’échéance de la stratégie nationale 2021-2030
Dans une mise au point méthodique, le conseiller à la ZLECAf auprès du ministre du Commerce, des Approvisionnements et de la Consommation, Dominique Mbéri, a d’abord rappelé le calendrier irréversible des engagements souscrits par la République du Congo. Ayant apposé son paraphe sur le traité constitutif dès le sommet fondateur de Kigali le 21 mars 2018, avant de ratifier formellement l’accord le 7 février 2019 et de déposer ses instruments de ratification auprès de la Commission de l’Union africaine le 10 février suivant, le Congo a consolidé son statut juridique d’État-partie de premier plan.
Toutefois, le haut fonctionnaire a insisté sur le changement d’ère qui s’impose aux opérateurs économiques : la phase des discours politiques est désormais close pour laisser place au temps exigeant de l’exécution opérationnelle. Une zone de libre-échange ne génère aucune retombée spontanée pour les économies qui se contentent d’ouvrir leurs frontières. Elle ne produit ses effets vertueux que si l’appareil productif domestique assimile les mécanismes tarifaires, si l’administration fluidifie le passage frontalier et si les entreprises s’approprient les outils techniques de la politique commerciale. Le ministère pilote actuellement la transposition rigoureuse des engagements communautaires, la mise à jour intégrale des nomenclatures douanières selon le Système harmonisé 2022 et la désignation des autorités officielles chargées d’authentifier les certificats d’origine, pièces maîtresses conditionnant l’octroi des préférences tarifaires sur le sol des cinquante-trois autres États signataires.
Normes, logistique et financements : Le plaidoyer de la SDT pour une compétitivité sans faille
Cette exigence de rigueur a trouvé un écho direct dans le vibrant appel à l’action prononcé par le coordonnateur de la SDT, Chandrel Odzo-Ndinga. Rejetant l’illusion d’une ZLECAf perçue comme un simple slogan diplomatique, le dirigeant associatif a rappelé qu’un marché unique de plus de 1,3 milliard de consommateurs représente simultanément une prodigieuse terre de conquête et un terrain d’impitoyable concurrence. Sans préparation rigoureuse, les entreprises congolaises courent le risque d’assister passivement à l’inondation de leurs rayons par des biens transformés venus d’autres zones régionales, au détriment des filières naissantes du pays.
Pour inverser ce rapport de force, Chandrel Odzo-Ndinga a identifié les conditions préalables à toute pénétration réussie des marchés extérieurs : la montée en gamme technologique, la conformité absolue aux standards phytosanitaires et environnementaux continentaux, ainsi que la capacité des banques commerciales locales à accorder des lignes de trésorerie adaptées aux cycles d’exportation. L’intégration commerciale ne sera une réalité salvatrice pour le Congo que si les usines nationales transforment localement le bois, l’argile, le manioc ou les produits halieutiques avant d’exporter des articles à haute valeur ajoutée, soutenus par des corridors logistiques ferroviaires et portuaires fonctionnant sans rupture de charge.
Audace républicaine et prise de risque : La Chambre de commerce et le CCJE mobilisent la jeunesse
Prenant la parole au nom de l’institution consulaire de Brazzaville, son vice-président, Jean Galessamy-Ibombot, a salué la création de ces espaces indispensables d’émulation intellectuelle et de partenariat d’affaires. Soulignant qu’entreprendre constitue avant tout un acte de bravoure citoyenne consistant à assumer un risque financier, à créer de la valeur concrète et à générer des emplois stables, l’élu consulaire a exhorté la jeunesse congolaise à rompre avec l’attentisme et la quête exclusive des fonctions administratives.
Pour Jean Galessamy-Ibombot, une firme pérenne ne se décrète pas dans l’improvisation : elle s’édifie patiemment sur le professionnalisme, la transparence comptable, la culture de l’excellence et l’aptitude à bâtir des consortiums entre petites et moyennes entreprises pour peser face aux géants industriels ouest ou sud-africains. Ce message de dynamisme a été amplifié avec force par le président du Conseil congolais des jeunes entrepreneurs, Andropov Fabrice Hossie Agnangoye. Enjoignant les centaines de participants à convertir les échanges de la journée en carnets de commandes et en partenariats capitalistiques, il a invité les jeunes innovateurs à refuser toute autocensure, rappelant qu’une PME peut naître avec des moyens modestes dans un atelier de quartier à Brazzaville tout en portant une vision commerciale capable de conquérir l’ensemble du marché africain.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois de septembre 2026, l’ouverture du débat sur la ZLECAf au Café des entrepreneurs est fondamentale car l’abaissement des barrières douanières continentales impose à la République du Congo un impératif de souveraineté économique immédiat. Réduire ce marché unique à une simple opportunité théorique masquerait le péril sous-jacent : si les PME congolaises n’acquièrent pas d’urgence la compétitivité et la rigueur normative nécessaires, l’ouverture des frontières transformera le pays en simple déversoir commercial pour les puissances industrielles d’Afrique australe ou de l’Ouest, anéantissant les efforts de diversification hors-pétrole.
Accompagner les jeunes entrepreneurs dans la certification aux normes africaines, fiabiliser la délivrance des certificats d’origine douaniers et mobiliser le crédit bancaire pour les chaînes de valeur locales sont des conditions indispensables de survie manufacturière, de création d’emplois qualifiés et de prospérité durable pour les générations montantes de la nation.
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Bâtir des champions nationaux taillés pour l’Afrique
Les débats constructifs de cette première édition du Café des entrepreneurs tracent une trajectoire claire pour les acteurs économiques et les pouvoirs publics.
L’épreuve des faits imposera désormais d’accélérer la mise en œuvre de la stratégie nationale 2021-2030 en instaurant un guichet unique d’accompagnement à l’exportation et en formant massivement les chefs d’entreprises aux subtilités juridiques de la ZLECAf. En reliant la vision géopolitique de Denis Sassou N’Guesso à la créativité audacieuse de sa jeunesse productive, le Congo démontre sa détermination à ne pas subir la mondialisation intra-africaine, s’affirmant prêt à projeter ses produits, ses talents et ses entreprises au cœur du plus grand espace économique du monde en développement.



