Inauguré le 17 septembre 2026 par le Premier ministre Anatole Collinet Makosso, le 4e colloque de l’APEC Congo couplé au 5e Forum du club des dirigeants des banques et établissements financiers d’Afrique rassemble l’élite bancaire du continent jusqu’au 19 septembre. Face à l’insuffisance des seuls crédits commerciaux face aux besoins colossaux en routes, énergie et réseaux numériques, le président de l’APEC, Calixte Tabangoli, et le gouvernement congolais appellent à fédérer États, fonds de pension, assureurs et banques de développement pour bâtir une souveraineté financière panafricaine.
Ce jeudi 17 septembre 2026, le cœur financier de Brazzaville s’est déplacé au sommet des emblématiques Tours Jumelles. Dans une conjoncture internationale marquée par le resserrement des conditions d’emprunt et la récurrence des chocs macroéconomiques, l’Association professionnelle des établissements de crédits (APEC Congo) a lancé les travaux conjoints de son quatrième colloque annuel et de la cinquième édition du Forum du club des dirigeants des banques et établissements financiers d’Afrique. Placée sous la thématique centrale « Banques africaines : intégration, financement des infrastructures et résilience financière », cette rencontre panafricaine rassemble pendant trois jours les directeurs généraux d’institutions bancaires, les régulateurs prudentiels, les gestionnaires de fonds et les ministres sectoriels pour redéfinir en profondeur les mécanismes de distribution du crédit sur le continent.
L’ouverture solennelle des assises par le chef du gouvernement congolais, Anatole Collinet Makosso, aux côtés du ministre de l’Économie et des Finances, Christian Yoka, confère à ce sommet d’experts une portée politique majeure. Alors que l’Afrique fait face à un déficit annuel de financement de ses infrastructures estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars, les décideurs réunis à Brazzaville entendent dépasser les modèles traditionnels d’intermédiation pour convertir la liquidité bancaire en investissements productifs pérennes.
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Dépasser les limites du crédit commercial : Le plaidoyer de Calixte Tabangoli pour de nouvelles alliances de capitaux
La tonalité des travaux a été donnée par l’intervention lucide du président de l’APEC Congo, Calixte Tabangoli. Dressant le constat sans fard des contraintes structurelles qui pèsent sur les bilans des banques commerciales africaines, marquées par la prédominance des dépôts à court terme face à des besoins d’investissements sur quinze ou vingt ans, le dirigeant bancaire a appelé à une rupture méthodologique. Les banques commerciales ne peuvent plus, à elles seules, porter l’écrasante charge du financement des infrastructures lourdes sous peine de compromettre leurs ratios de solvabilité et leur liquidité.
Pour remédier à cette impasse, Calixte Tabangoli a fixé une feuille de route axée sur la syndication et l’élargissement du tour de table financier. La concrétisation des grands réseaux de transport, des barrages hydroélectriques et des corridors numériques impose désormais de sceller des alliances institutionnelles coordonnées. Cette dynamique exige d’associer étroitement les trésors publics, les banques de développement régionales, les caisses de retraite, les fonds souverains, les compagnies d’assurance et les bourses de valeurs mobilières au sein de consortiums de cofinancement innovants, seuls capables d’atténuer le risque et d’allonger la maturité des prêts accordés aux bâtisseurs de l’économie réelle.
Interconnexion des marchés et absorption des chocs : L’impératif d’une souveraineté financière africaine
Au-delà des montages d’ingénierie financière, le colloque des Tours Jumelles braque ses projecteurs sur la résilience systémique du secteur bancaire face aux secousses exogènes, qu’il s’agisse de l’inflation importée, des crises de la dette souveraine ou de la volatilité des cours des matières premières. Les délégués ont longuement débattu du renforcement des mécanismes de solidarité interbancaire et de l’amélioration de la capacité d’absorption des pertes par le rehaussement des fonds propres prudentiels et la mutualisation des garanties.
Cette recherche de stabilité repose sur l’intégration et l’interconnexion des marchés financiers sous-régionaux et continentaux. Dans une perspective pleinement soutenue par le ministre Christian Yoka, les banques africaines doivent abolir les cloisons nationales pour fluidifier la circulation des capitaux entre zones monétaires, encourager les règlements en devises locales et sécuriser les transactions transfrontalières. En bâtissant un environnement commercial fondé sur la transparence comptable, la saine concurrence et la protection des déposants, les établissements financiers entendent capter l’immense réservoir de l’épargne informelle pour la réinjecter dans les filières d’industrialisation verte, numérique et inclusive.
Dans la continuité des assises de la BAD : Brazzaville en vigie de l’architecture financière du continent
En inaugurant les débats, le Premier ministre Anatole Collinet Makosso a mis en exergue la portée stratégique de cette rencontre pour la diplomatie économique du Congo. Le chef du gouvernement a rappelé avec force que ces assises s’inscrivent dans le prolongement direct des résolutions arrêtées lors des assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), abritées avec succès par Brazzaville en mai dernier.
Si la BAD avait fixé les grandes lignes de la refonte de l’architecture financière globale du continent, le colloque de l’APEC réunit précisément les opérateurs de terrain chargés d’en actionner les leviers opérationnels au quotidien. Pour Anatole Collinet Makosso, la présence massive des dirigeants bancaires africains au Congo témoigne de la confiance retrouvée des bailleurs de fonds dans la gouvernance économique du pays et réaffirme la vocation de Brazzaville à servir de plateforme d’arbitrage pour concevoir des instruments de souveraineté monétaire et productive adaptés aux réalités du Sud global.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois de septembre 2026, la tenue de ces assises bancaires aux Tours Jumelles de Brazzaville est fondamentale car elle pose les bases de l’émancipation financière de l’Afrique face à la dépendance aux emprunts extérieurs onéreux. Analyser ce rassemblement comme un simple conclave d’experts masquerait l’enjeu sous-jacent : sans réseaux de transport modernes, sans centrales électriques et sans télécommunications fiables financés par des capitaux africains, la Zone de libre-échange continentale (ZLECAf) restera une promesse sans consistance matérielle.
Fédérer les banques commerciales avec les fonds de pension et les assureurs, orienter l’épargne domestique vers l’économie productive et interconnecter les places financières africaines sont des conditions vitales de stabilité monétaire, d’industrialisation souveraine et de prospérité durable pour les populations.
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Vers un écosystème de financement solidaire et tourné vers l’avenir
Les résolutions attendues à l’issue des travaux le 19 septembre dessineront un cadre d’action renouvelé pour les établissements de crédit d’Afrique centrale et de l’ensemble du continent.
L’appropriation de cette nouvelle doctrine bancaire permettra d’accélérer la création de véhicules d’investissement dédiés aux partenariats public-privé et d’assouplir les conditions de crédit accordées aux petites et moyennes entreprises locales. En réconciliant la rigueur prudentielle et le devoir patriotique de transformation économique, les banques réunies à Brazzaville démontrent que la résilience financière ne consiste pas à accumuler frileusement des réserves de précaution, mais à investir avec audace dans l’avenir d’un continent déterminé à financer lui-même son destin.



