Le Mali s’enfonce dans une crise sans précédent en ce début mai 2026 alors que la capitale subit un blocus asphyxiant. Entre la perte de bastions stratégiques et la disparition de piliers du régime, la junte dirigée par Assimi Goïta fait face à son défi le plus périlleux, tandis que les groupes armés appellent à un soulèvement généralisé pour renverser l’ordre établi.
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L’offensive des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affiliés à Al-Qaïda, a pris une tournure dramatique ce jeudi 30 avril avec la mise en place d’un blocus routier autour de Bamako. Cette manœuvre d’asphyxie logistique s’accompagne d’une offensive politique directe puisque le groupe appelle désormais à la formation d’un vaste « front commun » contre la junte pour mettre fin à son autorité. Ce front, destiné à inclure les forces armées nationales, les partis politiques, les autorités religieuses et les chefs traditionnels, vise à instaurer une transition pacifique et inclusive dont l’une des priorités essentielles serait l’établissement de la charia.
Un Régime Affaibli par la Perte de ses Piliers
La situation est d’autant plus préoccupante pour Bamako que le pouvoir militaire vient de perdre l’un de ses visages les plus emblématiques, le général Sadio Camara. Ministre de la Défense et considéré comme l’architecte du rapprochement stratégique avec la Russie, il a été tué samedi dernier lors d’attaques coordonnées à Kati. Sa mort coïncide avec la perte de la ville clé de Kidal, dans le nord du pays, désormais sous le contrôle des groupes armés du Front de libération de l’Azawad (FLA) et de leurs alliés de circonstance. Cet enchaînement de revers jette un doute sérieux sur la capacité de la junte à faire face à la menace, malgré les affirmations d’Assimi Goïta qui a qualifié la situation de « maîtrisée » tout en reconnaissant son extrême gravité.
La Riposte de l’AES et l’Inconnue Russe
En réponse à cette dégradation sécuritaire brutale, l’Alliance des États du Sahel (AES) a activé sa force unifiée pour mener d’intenses campagnes aériennes dans le nord du pays. Les unités du Niger, du Burkina Faso et du Mali ont ainsi frappé des positions à Gao, Ménaka et Kidal dans les heures ayant suivi les assauts du week-end. Cette réaction énergique cherche à freiner la progression des rebelles qui affirment pourtant que le régime militaire finira par tomber. Pendant ce temps, Moscou a réaffirmé ce jeudi que ses forces se maintiendraient au Mali, rejetant l’appel des insurgés à un retrait russe. La junte se retrouve ainsi à la croisée des chemins, entre une capitale assiégée par la route et une souveraineté de plus en plus contestée sur l’ensemble du territoire national.
