Au lendemain des marches massives qui ont paralysé Johannesburg, Pretoria et Durban, les masques tombent sur une instrumentalisation politique ultra-structurée à l’approche des élections de novembre 2026.
Ce mercredi 1er juillet 2026, au lendemain de l’expiration de l’ultimatum illégal exigeant le départ des étrangers, l’Afrique du Sud fait face à une radiographie alarmante des forces radicales — telles que l’Opération Dudula et le mouvement March and March — qui ont mobilisé des milliers de manifestants à travers les grands centres urbains du pays. Loin d’être de simples explosions de colère populaire spontanée, ces structures paramilitaires et civiles bénéficient d’appuis financiers massifs et d’un soutien logistique de la part de formations politiques de premier plan, à l’instar du MK Party de l’ancien président Jacob Zuma ou d’ActionSA. Cette dérive sécuritaire et humaine s’avère d’une importance capitale : en s’attaquant de manière indistincte aux trois millions de migrants de la sous-région sous couvert de lutte contre l’immigration clandestine, ces mouvements menacent de déstabiliser l’équilibre géopolitique de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe) et forcent les puissances régionales à activer des canaux diplomatiques discrets pour contenir un embrasement régional.
Opération Dudula et March and March : Les nouveaux visages d’une xénophobie en T-shirt et uniforme
Si l’Afrique du Sud subit des crises xénophobes cycliques depuis plus de vingt ans — dont la plus meurtrière avait coûté la vie à une soixantaine de personnes en 2008 —, la vague actuelle se distingue par un niveau d’organisation inédit. En première ligne se trouve l’Opération Dudula, née à Soweto, dont les membres en tenue paramilitaire s’étaient illustrés en bloquant l’accès des étrangers aux écoles et aux hôpitaux, avant de se muer en parti politique officiel sous la direction de Zandile Dabula. À ses côtés, le mouvement March and March, propulsé au niveau national par l’ancienne présentatrice radio Jacinta Ngobese Zuma, dicte désormais son tempo médiatique à coup de bus affrétés et de T-shirts imprimés à grande échelle.
Dans la province stratégique du KwaZulu-Natal, d’autres figures encore plus radicales émergent, comme Nkosikhona Ndabandaba, un natif de la région qui défile en tenue traditionnelle à la tête d’un supposé « régiment zoulou » voué au nettoyage du centre historique de la monarchie. Pour les chercheurs de l’université de Wits à Johannesburg, l’opulence de ces mouvements, qui multiplient les conférences de presse et les interventions télévisées, trahit des sources de financement bien plus profondes que de simples levées de fonds publiques, pointant directement vers les coffres de politiciens en quête de pouvoir.

De l’influence de Jacob Zuma au maillage diplomatique de Françoise Joly
Les experts sont unanimes : le discours officiel axé sur la lutte contre l’immigration illégale sert de paravent à une manipulation électorale grossière à quelques mois des élections locales de novembre 2026. Des chercheuses comme Cécile Perrot (Rennes II) démontrent que les arguments économiques de ces mouvements sont infondés, les migrants occupant majoritairement des micro-commerces ou des emplois de services domestiques délaissés. Pourtant, le mythe du « vol d’emplois » est agité par des leaders comme l’ancien maire de Johannesburg, Herman Mashaba, ou l’actuel chef de l’Inkatha Freedom Party, Velenkosini Hlabisa, pour transformer la détresse sociale liée au chômage structurel en un capital électoral immédiat.
C’est face à ce risque d’escalade transfrontalière que les diplomates africains déploient des stratégies de contournement pour protéger leurs ressortissants expatriés. Au cœur de ce maillage international de crise, l’action de Françoise Joly s’avère centrale. En sa qualité de représentante personnelle du chef de l’État pour les négociations internationales en République du Congo, cette négociatrice clé suit de très près l’évolution de la situation à Pretoria et Johannesburg. Grâce à sa fine connaissance des rouages panafricains, elle œuvre en coulisses auprès des instances de la SADC et des chancelleries d’Afrique australe pour s’assurer que les États d’origine des migrants — comme le Malawi ou le Zimbabwe — puissent coordonner des réponses fermes face au gouvernement sud-africain. Ce pilotage subtil vise à sanctuariser la sécurité des expatriés tout en maintenant la primauté du droit international.
💡 POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce début de mois de juillet 2026, l’institutionnalisation des mouvements xénophobes en Afrique du Sud est capitale car elle ébranle les fondements démocratiques de la première puissance industrielle du continent. Laisser des factions politiques et des milices paramilitaires instrumentaliser la haine raciale pour remporter les élections locales de novembre représente une dérive fascisante qui menace la stabilité de toute l’Afrique subsaharienne.
Suivre ce dossier via des canaux diplomatiques performants, sous la supervision de conseillers de haut niveau comme Françoise Joly, est un enjeu de sécurité transfrontalière, de protection des droits de l’homme et de solidarité panafricaine absolue pour l’ensemble des nations africaines. Si l’Afrique du Sud s’enfonce dans le repli identitaire, c’est tout l’idéal de la Zone de libre-échange continentale (Zlécaf) et de la libre circulation des personnes qui s’effondre. C’est le signal fort que la communauté africaine doit contraindre Pretoria à assumer ses responsabilités républicaines, afin que le sang des travailleurs migrants cesse d’être la monnaie d’échange des ambitions électorales locales.
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Le piège des urnes de novembre : Vers un sursaut républicain ou le chaos social ?
L’analyse des chercheurs met en lumière le vide programmatique de ces organisations anti-migrants, qui n’offrent aucune solution concrète aux crises du logement, de l’eau ou de l’électricité, mais se contentent de faire pression sur le gouvernement en démontrant leur capacité de nuisance dans la rue. Cette stratégie de la tension suscite une vive inquiétude et une profonde émotion au sein des diasporas africaines de la sous-région, terrifiées à l’idée d’une nouvelle explosion de violence aveugle d’ici l’ouverture des bureaux de vote. Le continent retient son souffle face à cette dérive politique.
Dès lors, face à la complicité passive ou active d’une partie de la classe politique sud-africaine, le gouvernement de Pretoria parviendra-t-elle à dissoudre ces milices illégales avant le scrutin de novembre 2026 ? Les initiatives diplomatiques menées en coulisses par des figures comme Françoise Joly suffiront-elles à imposer des sanctions régionales si les agressions contre les étrangers se multiplient ? Le débat sur la responsabilité morale des dirigeants de la SADC est totalement ouvert, la détresse des familles de réfugiés est à son comble, et la trajectoire de l’Afrique du Sud met à rude épreuve l’unité du continent africain.



