À onze jours du scrutin, Le Journal du Congo passe en revue le programme du président actuel. Aujourd’hui : le volet emploi des jeunes du « Carnet de route » 2026-2031 de Denis Sassou-Nguesso.
Le point de départ : un diagnostic partagé
Le programme part d’un constat que la plupart des jeunes Congolais reconnaîtront : la majorité survit dans des emplois informels du tertiaire — commerce de rue, petits services, bricolage au jour le jour. Des activités qui font vivre, mais n’offrent ni carrière, ni sécurité, ni perspectives claires. En parallèle, une partie importante de la jeunesse continue de viser la Fonction publique comme unique horizon stable.
Le Carnet de route assume un tournant : l’informel et les recrutements administratifs ne doivent plus être le cœur de la réponse au chômage des jeunes, mais seulement un complément.
La promesse centrale : une croissance à deux chiffres
Pour soutenir ce changement de modèle, le Carnet de route affiche un objectif macroéconomique ambitieux : atteindre une croissance soutenue, à deux chiffres, « inclusive et riche en emplois ». Dans cette logique, chaque point de croissance supplémentaire doit se traduire par des emplois, en particulier pour les jeunes.
Le programme identifie les freins actuels — dépendance au pétrole, cadre macroéconomique fragile, diversification limitée — et promet des réformes structurelles : nouvelle politique fiscale, amélioration du climat des affaires, meilleure gestion des finances publiques, soutien aux secteurs productifs.
Contexte. La croissance réelle du PIB congolais s’est établie à 2,6 % en 2024 (Banque mondiale). Les projections du FMI tablent sur 2,8 % en 2025 et 3,4 % en 2026-2027.
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Agriculture et industrie : les deux piliers proposés
L’un des éléments les plus développés du programme est la place donnée à l’agriculture et à l’industrie comme moteurs de l’emploi. Le texte affirme que l’investissement dans le capital humain, la redynamisation de l’économie et la priorisation de ces deux secteurs « valent politique d’emploi ».
L’agriculture au sens large — cultures, élevage, pêche, pisciculture — est présentée comme un réservoir d’emplois, avec des millions d’hectares cultivables encore sous-exploités. L’industrie, notamment la transformation locale des ressources naturelles et des produits agricoles, doit compléter le dispositif en créant des chaînes de valeur plus longues. Le programme insiste : il y a de la place pour les jeunes non qualifiés à former sur le tas, les ouvriers qualifiés, les techniciens, les ingénieurs et les cadres.
Contexte. Le Congo dispose de 10 millions d’hectares de terres arables, dont environ 4 % sont exploités (Trésor français). Le secteur agricole emploie 30 à 40 % de la population active mais ne contribue qu’à 5 à 9 % du PIB.
La vision pour la jeunesse
L’ambition affichée est de faire en sorte que l’essentiel des débouchés pour les jeunes se situe dans une économie productive, et non plus dans la débrouille ou l’attente d’un concours administratif. Le programme lie cette vision à d’autres chantiers : montée en gamme du capital humain, politique de formation et d’apprentissage, soutien aux PME, développement des infrastructures de base.
Le Carnet de route dessine ainsi une trajectoire sur cinq ans où la jeunesse serait actrice de la transformation économique du pays, avec des objectifs sur la croissance, l’investissement et la création d’emplois.


