Sous le haut patronage du Premier ministre Anatole Collinet Makosso, la 10e édition du Salon international de la Tech et de l’innovation d’Afrique (Osiane) a ouvert ses portes à Kintélé. Un rendez-vous historique pour transformer l’écosystème digital de toute la sous-région.
Le mardi 2 juin 2026, le Centre de conférence international de Kintélé, situé dans la banlieue nord de Brazzaville, est devenu la capitale africaine de l’innovation technologique. Le Premier ministre congolais, Anatole Collinet Makosso, a officiellement ouvert les travaux de la 10e édition anniversaire du Salon Osiane, qui se déploie jusqu’au 5 juin sous le thème central : « Créons des écosystèmes à forte valeur ajoutée ». Ce grand rassemblement institutionnel et privé s’avère d’une importance capitale : il réunit les plus grands innovateurs, experts, décideurs et investisseurs du continent afin de structurer une économie numérique autonome et de garantir de manière définitive la souveraineté technologique de la République du Congo et de l’Afrique centrale.
Identité numérique et cybersécurité : Les quatre tribunes de haut niveau à Kintélé
Pour célébrer une décennie complète de coopération technologique et économique, les organisateurs du Salon Osiane 2026 ont mis en place un programme scientifique d’une densité exceptionnelle. En dehors du traditionnel segment ministériel, quatre tribunes de haut niveau sont animées par des experts internationaux pour répondre à une problématique majeure : comment construire des écosystèmes numériques à forte valeur ajoutée en Afrique centrale ? Les panélistes débattent activement des stratégies de pointe pour bâtir des incubateurs performants, concevoir un nouveau modèle de financement adapté aux start-ups locales, optimiser le service universel et encadrer la gestion de l’identité numérique.
La sécurité nationale et la protection des données stratégiques se trouvent également au centre des priorités de cette édition anniversaire. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) anime deux grandes conférences thématiques, dont l’une est entièrement consacrée aux enjeux brûlants de la cybersécurité en Afrique centrale. En parallèle à ces débats hautement techniques, l’événement fait la part belle à l’avenir et à la culture d’entreprise avec l’organisation de la Journée des talents africains, couronnée par le prestigieux gala des 10 ans de vie du mouvement Osiane.

💡 Pourquoi c’est important
En ce mois de juin 2026, l’effervescence autour des 10 ans d’Osiane s’inscrit en droite ligne avec les orientations politiques du chef de l’État, Denis Sassou N’Guesso, qui a érigé le numérique au rang des six piliers de développement dans son projet de société « Accélération de la marche vers le développement ». On ne peut plus concevoir l’émergence d’une nation africaine moderne sans s’affranchir de la dépendance logicielle extérieure.
Bâtir des écosystèmes technologiques à forte valeur ajoutée est capital : cela permet de stimuler la création d’emplois locaux non délocalisables pour la jeunesse, de sécuriser les infrastructures de communication nationales et d’attirer des investisseurs directs internationaux. Comme l’a souligné le ministre Frédéric Nzé, cette dynamique vise à transformer le Congo en l’acteur de référence incontournable de l’économie numérique au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC).
De 2017 à 2026 : Luc Missidimbazi retrace l’itinéraire d’un mouvement technologique
Le succès actuel du salon est le résultat d’un engagement de longue haleine initié sur le sol congolais. Lors de son allocation de circonstance, le promoteur historique du Salon Osiane, Luc Missidimbazi, a retracé l’itinéraire et les nombreuses péripéties qui ont marqué sa structure depuis sa création en 2017. « Depuis dix ans, Osiane n’est pas seulement un salon : c’est un mouvement. Au fil des années, nous contribuons à la construction d’un écosystème numérique ambitieux », s’est-il félicité devant un parterre de délégations africaines et internationales.
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Cette édition anniversaire marque un véritable palier politique. Le soutien affiché par le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Frédéric Nzé, démontre une synergie parfaite entre le secteur privé de l’innovation et les instances étatiques. En unifiant les cadres juridiques, les solutions de cybersécurité et les opportunités de financement, le Congo prouve qu’il possède désormais la maturité administrative nécessaire pour piloter la transition technologique de la sous-région.
Le Congo est-il prêt à s’imposer comme le leader du numérique en Afrique centrale ?
La clôture imminente de cette 10e édition anniversaire ouvre des perspectives économiques particulièrement stimulantes pour l’avenir de la tech africaine. En parvenant à transformer une simple exposition technologique en un puissant levier de souveraineté étatique et d’intégration régionale, le mouvement Osiane suscite une immense fierté et pose des fondations solides pour les dix prochaines années.
Cependant, les opérateurs télécoms et le patronat régional sauront-ils appliquer dès demain les modèles de financement et de gestion d’identité numérique débattus à Kintélé ? L’émotion des jeunes startuppers face à ces opportunités est réelle, et la projection vers un Congo technologiquement leader est désormais en marche.



