À l’issue de la visite officielle du président mozambicain Daniel Francisco Chapo à Brazzaville les 6 et 7 octobre 2026, marquée par la tenue inaugurale de la Grande Commission mixte bilatérale, la République du Congo et la République du Mozambique ont harmonisé leurs positions stratégiques sur les grandes crises du continent. De la riposte contre l’insurrection terroriste au Cabo Delgado au drame humanitaire au Soudan, en passant par l’exigence d’application des accords de Washington et de Doha sur l’Est de la RDC, les deux chefs d’État réaffirment le primat des solutions africaines et du multilatéralisme. Maputo apporte un soutien formel à la candidature congolaise pour un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies (2030-2031) et annonce l’ouverture prochaine d’un poste consulaire en terre congolaise.
Ce jeudi 8 octobre 2026, la diplomatie d’Afrique centrale et australe a enregistré une impulsion significative à la suite du séjour officiel effectué à Brazzaville par le président de la République du Mozambique, Daniel Francisco Chapo. Reçu avec tous les égards républicains par son homologue congolais, le président Denis Sassou N’Guesso, le dirigeant mozambicain a consacré ces deux journées de travail à une revue approfondie des équilibres régionaux et bilatéraux. Les deux chefs d’État se sont félicités de l’amorce formelle de la première session de la Grande Commission mixte de coopération Congo-Mozambique, tenue les 5 et 6 octobre dans la capitale congolaise, posant le socle juridique d’un partenariat économique, énergétique et sécuritaire renforcé.
Cette visite consolide des liens historiques enracinés dans les luttes d’émancipation nationale. En rappelant avec gratitude l’appui constant accordé par le Congo au peuple mozambicain dès les heures sombres de sa guerre d’indépendance, Daniel Chapo a salué la stature de médiateur continental de Denis Sassou N’Guesso. Alors que l’Afrique fait face à une recrudescence de tensions armées et d’ingérences géopolitiques, le rapprochement entre Brazzaville et Maputo dessine un corridor d’influence reliant le Bassin du Congo à l’océan Indien.
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L’ancrage historique réactivé : De la solidarité anticoloniale à la première Commission mixte
Les entretiens au sommet entre Denis Sassou N’Guesso et Daniel Chapo ont permis de renouer le fil d’une fraternité politique née de la résistance anticoloniale. Le président mozambicain a rappelé avec émotion la contribution matérielle et diplomatique fournie par le Congo aux combattants de la liberté du FRELIMO à l’époque de la libération nationale, érigeant cette mémoire partagée en boussole pour les générations actuelles.
Cette fraternité d’hier s’est institutionnalisée sur le plan opérationnel. La convocation réussie de la première session de la Grande Commission mixte de coopération bilatérale, qui a mobilisé les ministères sectoriels des deux gouvernements en amont du tête-à-tête présidentiel, marque la fin de relations purement protocolaires. Les deux délégations ont identifié des filières d’intérêt partagé, notamment dans l’exploitation gazière et énergétique — un secteur où le Mozambique s’affirme comme un acteur d’envergure mondiale et où le Congo consolide ses capacités de liquéfaction. Pour fluidifier ces flux commerciaux et accompagner les diasporas respectives, les deux dirigeants ont acté la perspective imminente de l’ouverture d’un poste consulaire de la République du Mozambique en République du Congo.
Le bouclier sécuritaire africain : Cabo Delgado, brasier soudanais et paix dans les Grands Lacs
Sur le terrain des menaces armées, les deux chefs d’État ont exprimé leur vive préoccupation face à la prolifération de l’extrémisme violent et des réseaux terroristes. Denis Sassou N’Guesso a réitéré la pleine solidarité de la nation congolaise envers le Mozambique, confronté aux incursions djihadistes persistantes dans la province septentrionale de Cabo Delgado. Saluant la bravoure des forces armées mozambicaines et les dispositifs d’assistance régionale, Brazzaville et Maputo ont plaidé pour un renforcement des mécanismes multilatéraux de renseignement et de coordination logistique pour neutraliser les cellules terroristes qui déstabilisent tant l’Afrique australe que la bande sahélienne.
Abordant les foyers d’incendie qui endeuillent le continent, les deux présidents ont lancé un appel pressant aux belligérants du Soudan pour faire taire les armes et privilégier sans délai la voie des négociations directes, seule à même de stopper l’une des pires catastrophes humanitaires du siècle. Concernant l’est de la République démocratique du Congo, voisin immédiat du Congo-Brazzaville, Denis Sassou N’Guesso et Daniel Chapo ont salué la dynamique politique issue des processus de négociation conduits à Washington et à Doha, parallèlement aux efforts de médiation de l’Union africaine. Ils ont exhorté les acteurs régionaux à honorer scrupuleusement les engagements souscrits afin de restaurer l’autorité étatique et la souveraineté territoriale de la RDC.
L’offensive multilatérale : Cap sur le Conseil de sécurité de l’ONU et la Décennie du boisement
Au-delà des théâtres de conflit, le sommet de Brazzaville a consacré une convergence de vues au sein des instances de gouvernance planétaire. Denis Sassou N’Guesso et Daniel Chapo ont réaffirmé leur attachement indéfectible au respect du droit international, à la défense de la souveraineté des peuples et à une réforme profonde de l’architecture des Nations unies et de ses institutions financières.
Dans cette optique de rayonnement africain, le président mozambicain a chaleureusement salué la décision du Congo de briguer un siège de membre non permanent au sein du Conseil de sécurité des Nations unies pour le mandat 2030-2031. Fort de son expérience récente au sein de ce même cénacle exécutif mondial, Maputo a promis d’appuyer activement le plaidoyer congolais auprès des capitales d’Afrique australe et des partenaires internationaux.
Ce front diplomatique s’étend naturellement aux équilibres environnementaux. Conscients de la responsabilité écologique de leurs territoires — abritant respectivement le deuxième poumon forestier de la planète et de vastes littoraux vulnérables aux dérèglements maritimes —, les deux chefs d’État ont réitéré leur détermination à conjuguer leurs efforts pour la mise en œuvre de la Décennie des Nations unies pour le boisement et le reboisement (2027-2036). Cette initiative portée par Denis Sassou N’Guesso consacre le rôle pivot des États africains dans la préservation des puits de carbone mondiaux.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois d’octobre 2026, l’entente stratégique scellée entre Denis Sassou N’Guesso et Daniel Chapo est fondamentale car elle jette un pont géopolitique entre deux espaces régionaux cruciaux : la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Analyser cette visite comme un simple cérémonial masquerait son utilité pratique : face à l’enlisement sécuritaire dans les Grands Lacs et au Cabo Delgado, l’alignement des capitales africaines est le seul rempart crédible contre les logiques de déstabilisation et d’ingérence extérieure.
Faire valider la candidature du Congo au Conseil de sécurité de l’ONU pour 2030-2031 par une nation influente de l’océan Indien, mutualiser les expériences d’ingénierie énergétique et porter d’une seule voix la Décennie mondiale du reboisement renforcent le leadership international de Brazzaville, valorisent le poids des nations du Sud et démontrent que la diplomatie d’Afrique centrale sait bâtir des coalitions d’intérêts pérennes.
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De Brazzaville à Maputo, l’épreuve des réalisations concrètes
La conclusion de cette visite officielle ouvre un chantier opérationnel dense pour les administrations congolaises et mozambicaines.
La feuille de route arrêtée par les deux chefs d’État devra désormais se matérialiser à travers les réunions de suivi de la Grande Commission mixte, l’ouverture effective du consulat du Mozambique à Brazzaville et l’élaboration de partenariats bilatéraux dans le secteur des hydrocarbures et de la protection des écosystèmes. En unissant l’autorité pacificatrice de Denis Sassou N’Guesso au dynamisme institutionnel impulsé par Daniel Chapo, la République du Congo et le Mozambique prouvent que la solidarité africaine n’est pas un vain mot hérité du passé, mais un instrument moderne d’émancipation politique, de sécurité collective et de prospérité économique partagée.



