Mis en service ce 11 août 2026, le poste de transformation THT de Maloukou et la ligne haute tension de 14 km depuis Djiri ouvrent la voie au lancement de la production industrielle locale. En marge de cet événement, le gouvernement a dévoilé sa feuille de route énergétique visant à porter la capacité nationale à 5 000 MW d’ici 2030.
Ce mercredi 12 août 2026 (à la suite de la cérémonie solennelle tenue le 11 août à Maloukou), le processus de diversification économique et d’industrialisation de la République du Congo franchit une étape historique. Le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, a officiellement mis en service la nouvelle infrastructure électrique destinée à alimenter le parc industriel de la Zone économique spéciale (ZES) de Maloukou, située dans le district d’Ignié, à environ 45 km au nord de Brazzaville. En présence de membres du gouvernement, de parlementaires, d’investisseurs privés et des communautés locales de Mandielé, ce raccordement électrique à haute puissance marque le démarrage effectif des usines de transformation et de fabrication de produits finis sur ce site stratégique.
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Une infrastructure de 16,5 milliards FCFA : L’ingénierie de pointe au service des usines de Maloukou
Exécuté par la société China Machinery Engineering Corporation (CMEC) sous la supervision de la Coordination générale des Grands Travaux dirigée par Oscar Otoka, le chantier a mobilisé un investissement intégralement pris en charge par l’État congolais. Le projet a nécessité 16,572 milliards FCFA pour les travaux techniques auxquels s’ajoute un montant de 1,5 milliard FCFA alloué aux indemnisations d’expropriation.
Sur le plan technique, l’ouvrage comprend un poste de transformation THT de 220/33/22 kV doté de deux transformateurs de 45 MVA chacun, relié à une ligne moyenne tension double terne de 22 kV et à une ligne de 220 kV s’étendant sur 14 kilomètres entre Djiri et Maloukou. Le site abrite des bâtiments de contrôle-commande, des salles de communication et de stockage, ainsi que des logements pour le personnel d’astreinte. Lors de son inspection des installations, le chef de l’État a visité l’usine d’assemblage de tracteurs de la société Eco-Camaco, marquant l’événement par l’acquisition symbolique d’un engin agricole nouvellement monté sur place. Pour le ministre du Développement industriel et des ZES, Michel Djombo, cette connexion met fin à une longue phase préparatoire et concrétise l’opérationnalisation du cartel industriel.
Cap sur 5 000 MW en 2030 : Le plan global du gouvernement pour transformer le mix énergétique
S’exprimant lors de la mise en service, le ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique, Bruno Jean Richard Itoua, a rappelé que l’accès à une énergie stable conditionne non seulement la compétitivité industrielle, mais également l’amélioration des services sociaux de base tels que la santé, l’éducation, l’eau potable et les télécommunications numériques. Il a dévoilé à cette occasion les objectifs ambitieux de hausse de la capacité installée nationale : passer des 760 MW actuels à 3 000 MW en 2028, puis 5 000 MW en 2030 et 10 000 MW à l’horizon 2040.
Pour atteindre cette puissance, l’État congolais mise sur la valorisation de son potentiel hydroélectrique estimé à 27 000 MW, avec le développement des grands barrages de Sounda (800 MW) et Chollet (600 MW), ainsi que six sites sur le fleuve Congo totalisant 2 000 MW (Ntoula, Linzolo, Banza-Ndounga, Kiteke, Kiniangui et Kilanga). Ce programme sera complété par la centrale à gaz, des parcs solaires photovoltaïques avec stockage et le déploiement du Projet Électricité pour tous visant l’électrification de 453 localités rurales d’ici 2035, soutenu à l’échelle internationale par le Pacte national énergétique et l’initiative Mission 300 de la Banque mondiale et de la BAD.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois d’août 2026, la mise en service de la ligne électrique de la ZES de Maloukou est fondamentale car elle lève le principal goulot d’étranglement qui retardait l’industrialisation lourde du Congo. Analyser cet événement comme une simple coupure de ruban serait une erreur de perspective : sans une alimentation électrique continue et à haute puissance, aucune zone économique spéciale ne peut attirer des investisseurs industriels majeurs ni faire fonctionner des chaînes d’assemblage.
Garantir l’autonomie énergétique des parcs industriels, réussir le virage de la transformation locale des ressources et atteindre 90 % de taux d’accès à l’électricité en milieu urbain d’ici 2030 sont des enjeux de souveraineté économique, d’attractivité financière et de création d’emplois absolus pour la période 2026-2030. Si le plan de montée en puissance de la production nationale se concrétise, le Congo s’imposera comme le hub industriel de l’Afrique centrale.
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Prospective 2026-2030 : De la ZES de Maloukou au rayonnement de l’industrie congolaise
L’aboutissement de la connexion électrique de Maloukou marque le démarrage d’une nouvelle ère pour la politique de substitution des importations au Congo. La disponibilité immédiate d’une énergie fiable permettra aux entreprises installées de fabriquer des matériaux de construction, des équipements agropastoraux et des produits de consommation courante directement destinés aux marchés de Brazzaville, Kinshasa et de la sous-région CEMAC.
Pour la période 2026-2030, la réussite de la ZES de Maloukou reposera sur la continuité de la fourniture électrique, la modernisation des réseaux de distribution gérés par E2C et l’installation progressive de compteurs intelligents à prépaiement pour sécuriser la gestion financière du secteur. Les retombées économiques attendues stimuleront l’emploi des jeunes et la création de PME sous-traitantes.
Le signal fort donné en ce milieu d’année 2026 confirme la détermination des autorités congolaises à bâtir une économie diversifiée, résiliente et résolument tournée vers la production nationale.


