Organisée ce 10 août 2026 en marge de la Grande Foire Agricole du Congo, une session de formation appuyée par l’expertise chinoise a réuni des délégués des quinze départements. Objectif : éradiquer les maladies de la culture, moderniser la transformation en farine et réduire une facture d’importation céréalière pesant près de 40 milliards FCFA.
Ce mercredi 12 août 2026 (à la suite de l’atelier tenu le 10 août à Kombé), la modernisation des filières vivrières congolaises franchit un cap technique déterminant. Dans le cadre des activités de la deuxième édition de la Grande Foire Agricole du Congo (GFAC), le Centre de démonstration des techniques agricoles (CDTA) de Kombé a abrité une session de formation intensive consacrée aux itinéraires techniques du manioc à haut rendement et à sa transformation agroalimentaire. Conduite avec le concours d’experts Chinois, cette initiative vise à doter les producteurs locaux d’outils modernes pour intensifier les récoltes et valoriser la farine de manioc dans la panification et la pâtisserie locale.
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Transfert de compétences et démultiplication territoriale : Un manuel pratique pour chaque département
Afin de garantir une diffusion large des connaissances à l’échelle nationale, la direction du CDTA, sous la conduite de son directeur Dieu-Leveut Lessebé, a réuni deux représentants venus de chaque département de la République. Chaque participant s’est vu remettre un guide technique structuré en trois chapitres fondamentaux : la gestion optimale d’un parc à bois de manioc, la protection intégrée contre les déprédateurs et les maladies (notamment la mosaïque du manioc), ainsi que les méthodes de transformation en dérivés alimentaires.
Les délégués formés, à l’instar des producteurs locaux ayant exprimé leur satisfaction face aux connaissances acquises sur le diagnostic des pathologies végétales, ont pour mission d’assurer la restitution de ces enseignements auprès des coopératives agricoles de leurs régions respectives.
Souveraineté alimentaire et substitution aux importations : Le manioc face à la facture céréalière
Le renforcement des capacités des producteurs répond à une urgence économique nationale. Bien que le manioc constitue la base de l’alimentation de la population congolaise, la production locale souffre encore de l’usage de pratiques ancestrales obsolètes et de la méconnaissance des organismes nuisibles, rendant le pays dépendant des marchés extérieurs.
Chaque année, la République du Congo importe près de 1,5 million de tonnes de céréales et de produits dérivés, générant une fuite de devises estimée à près de 40 milliards FCFA. La maîtrise des techniques à haut rendement et la transformation de la farine de manioc en produits de boulangerie constituent le levier principal retenu par les pouvoirs publics pour résorber ce déficit commercial.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois d’août 2026, la tenue de cette formation au CDTA de Kombé est fondamentale car elle s’attaque directement à la dépendance alimentaire de la République du Congo. Analyser cette session comme une simple démonstration agricole serait une erreur de perspective : remplacer progressivement le blé importé par de la farine de manioc produit localement constitue l’unique moyen d’économiser 40 milliards FCFA de devises chaque année.
Diffuser les variétés résistantes à la mosaïque, former les encadreurs départementaux et promouvoir la transformation agroalimentaire locale sont des enjeux de sécurité nationale, d’autonomie financière et de développement rural absolus pour la période 2026-2030. Si le transfert de compétences s’opère efficacement dans les départements, le Congo posera les bases de son autosuffisance.
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Prospective 2026-2030 : Synergie entre cultures vivrières et agroforesterie durable
La dynamique d’intensification agricole s’articule également avec les initiatives de préservation de l’environnement présentées lors de la GFAC. Le projet Eco Zamba, déployé dans le district de Ngo (département des Plateaux) sous la conduite de Wilfran Bouya, a profité de l’événement pour exposer ses travaux portant sur 4,5 millions d’hectares d’afforestation, combinant séquestration carbone et développement agroforestier.
Pour la période 2026-2030, la convergence entre l’amélioration des rendements du manioc et l’intégration des techniques agroforestières permettra de restaurer les sols dégradés tout en diversifiant les revenus des ménages ruraux. L’utilisation d’outils de sensibilisation innovants, comme les casques de réalité virtuelle présentés aux jeunes visiteurs de la foire, participe à susciter des vocations pour les métiers de la terre.
L’effort d’apprentissage et de modernisation concrétisé en ce milieu d’année 2026 confirme la volonté des acteurs nationaux de faire de l’agriculture le moteur véritable de la croissance économique du Congo.

