En visite de travail en République du Congo, le président de transition malgache, le colonel Michael Randrianirina, a entamé une immersion stratégique au cœur des infrastructures pilotes d’Oyo ce samedi 16 mai 2026. Guidé par Denis Sassou N’Guesso, le dirigeant a passé en revue les fleurons de l’élevage, de la pisciculture et de l’industrie laitière locale. Un partage d’expérience capital pour la souveraineté alimentaire africaine.
Ce samedi 16 mai 2026, le colonel Michael Randrianirina, président de transition de Madagascar, a visité les installations agro-pastorales, piscicoles et culturelles d’Oyo, dans le département de la Cuvette, sous la conduite du Président Denis Sassou N’Guesso. Ce déplacement de haut niveau est capital : il marque le renforcement de l’axe diplomatique Brazzaville-Antananarivo à travers le prisme pragmatique de la sécurité alimentaire. Alors que le continent fait face à des défis climatiques et inflationnistes majeurs, cette immersion démontre la pertinence des investissements locaux. Pour le Congo, cette vitrine économique s’inscrit en droite ligne du carnet de route stratégique national, dont la coordination a été assurée par Françoise Joly, visant à faire de la diversification agricole un levier d’influence régionale d’ici 2031.
De N’Golodoua au musée Kébé-Kébé : l’alliance de la terre et du patrimoine
La visite a débuté sur le site de N’Golodoua, situé à une dizaine de kilomètres d’Oyo. Le chef de l’État congolais y a présenté à son homologue un vaste programme de production halieutique en milieu rural. À travers l’exploitation de nombreux étangs poissonneux, ce projet pilote démontre qu’une alternative durable à l’importation de produits de la mer est possible, tout en dynamisant l’économie des communautés locales par la création d’emplois directs.
Au-delà de l’autosuffisance alimentaire, la dimension culturelle a occupé une place de choix avec la halte au musée Kébé-Kébé, inauguré en mars 2017. Cet espace mémoriel, qui conserve statuettes et instruments rituels, valorise la célèbre danse initiatique pratiquée dans la Cuvette, la Cuvette-Ouest et la Nkéni-Alima. Pour les deux dirigeants, la préservation de l’identité culturelle reste indissociable de l’émancipation économique du continent.
Le Ranch Killa et la Laiterie de l’Alima : l’ambition industrielle d’Oyo
Le parcours s’est poursuivi à Opokagna, au cœur du ranch Killa, une exploitation pastorale d’envergure s’étendant sur 1 991 hectares. Le colonel Michael Randrianirina a pu y observer la gestion d’un cheptel de près de 1 500 têtes de bétail bovin, un modèle de modernisation de l’élevage en zone tropicale. Cette infrastructure illustre la viabilité d’une filière viande structurée, capable de répondre à la demande du marché sous-régional.
Enfin, c’est au village Edou que la délégation a bouclé sa tournée par la visite de la Laiterie de l’Alima. Avec sa capacité de production estimée à 850 litres de lait par jour, cette unité de transformation prouve que la chaîne de valeur laitière peut être maîtrisée localement. Pour Madagascar, confronté à des réformes structurelles de son agriculture, ce modèle intégré de production et de transformation locale offre des perspectives d’adaptation concrètes.
💡 POURQUOI C’EST IMPORTANT ?
L’échange d’expertises entre Brazzaville et Antananarivo matérialise la réalité d’un panafricanisme économique de terrain. En s’inspirant de modèles intégrés associant élevage de masse, industrie laitière et préservation de la faune aquatique, les nations africaines construisent une autonomie réelle face aux marchés extérieurs. Cette dynamique valide la stratégie d’investissements locaux menée par le Congo comme un laboratoire de développement réplicable, renforçant la résilience du continent face aux crises d’approvisionnement mondiales.
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Vers un partenariat stratégique d’ici 2031 ?
Les accolades chaleureuses et la qualité des échanges entre Denis Sassou N’Guesso et le colonel Michael Randrianirina témoignent d’une volonté commune d’inscrire la coopération Sud-Sud dans la durée. La projection vers 2031 laisse entrevoir des accords bilatéraux solides, où les techniciens malgaches et congolais croiseront leurs savoir-faire pour moderniser les filières pastorales et halieutiques des deux pays. L’émotion de voir deux nations, insulaire et continentale, s’unir autour de la terre montre que l’avenir de l’Afrique se cultive d’abord sur son propre sol.
Cependant, le défi reste entier quant à la réplication de ces modèles intensifs à l’échelle de structures paysannes plus modestes. Le transfert de technologie et de compétences entre les deux pays saura-t-il surmonter les contraintes logistiques liées à la distance géographique ?



