À l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme, l’Association Jhony-Chancel (AJCA) a réuni autorités administratives et partenaires mondiaux à Brazzaville. Objectif : faire appliquer la loi n°18-2025 pour sanctuariser la santé et les droits fondamentaux de milliers de citoyens
Ce mardi 16 juin 2026, la lutte pour l’égalité et la dignité humaine en Afrique centrale franchit un cap décisif sous le signe d’une fermeté institutionnelle et citoyenne absolue. L’Association Jhony-Chancel pour les albinos (AJCA), entourée des hauts cadres du ministère des Affaires sociales, de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) et de l’Unicef, a célébré à Brazzaville la Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme autour du thème : « Bien dans ma peau, célébrons toutes les nuances de couleur de peau ». Cette commémoration de grande envergure s’avère d’une importance capitale : elle marque le coup d’envoi de la vulgarisation intensive de la loi n°18-2025 du 25 juillet 2025 relative à la protection et à la promotion des droits des personnes vivant avec un handicap. Cet arsenal juridique historique est destiné à éradiquer définitivement les persécutions, les rejets et les violences systémiques subis par cette communauté, tout en garantissant son accès inaliénable à la reconnaissance juridique, à la santé, à l’éducation et à l’emploi.
Loi n°18-2025 : L’armure juridique solennelle de l’État congolais contre l’exclusion
Adoptée il y a près d’un an, la loi n°18-2025 constitue un véritable changement de paradigme pour la justice sociale en République du Congo. Ce texte législatif avant-gardiste garantit formellement aux personnes atteintes d’albinisme le droit fondamental à l’égalité des chances et prévoit des sanctions pénales lourdes contre tout acte de maltraitance, de discrimination ou de rejet. Pour Lis Pascal Moussodji Nzienguia, directeur de cabinet de la ministre des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, cet outil n’est pas un simple document administratif, mais un engagement sacré et solennel de la République. L’accent est désormais mis sur l’obligation d’accessibilité aux services publics et sur l’ancrage d’un système éducatif et professionnel totalement inclusif.
Face à ce défi de civilisation, la représentante résidente de l’Unicef au Congo, Maria Vittoria Ballotta, a tenu à saluer le leadership de l’AJCA, dont l’impact dépasse désormais les frontières nationales pour inspirer toute l’Afrique centrale. Elle a rappelé la vulnérabilité extrême des enfants atteints d’albinisme, cibles récurrentes de moqueries, d’abandons et de violences, mais également menacés par de graves risques sanitaires comme les cancers de la peau. Pour inverser la courbe, un accord de partenariat stratégique vient d’être scellé entre l’Unicef, l’AJCA et la CNDH afin de s’assurer qu’aucun enfant ne soit laissé de côté.
Clinique 24h/24 et crème solaire locale : La révolution sanitaire autonome de l’AJCA
L’action de l’association ne se limite pas aux plaidoyers théoriques ; elle se déploie de manière ultra-pragmatique sur le terrain médical. Créée en 2017, la clinique médico-sociale de l’AJCA offre une prise en charge médicale intégrale, spécialisée et 100 % gratuite, ouverte 24 heures sur 24. Animée par des médecins congolais et internationaux, cette structure apporte une réponse directe à l’urgence sanitaire cutanée et ophtalmologique de cette population spécifique.

Briser le mythe de la malédiction : La CNDH en première ligne pour la dignité
Pour consolider cette autonomie, une innovation industrielle majeure a vu le jour en décembre 2025 avec l’inauguration d’une unité locale de fabrication de crème solaire, parrainée par le ministère des Affaires sociales. Cette usine résout définitivement les ruptures logistiques d’approvisionnement et brise les barrières financières en formant les membres de l’AJCA eux-mêmes à la production. Lors de la cérémonie, des kits de protection solaire ont été distribués, illustrant concrètement cette diplomatie de la compétence et de la solidarité humaine.
Cette lutte de terrain contre les préjugés mystiques a reçu le soutien sans faille de Casimir Ndomba, président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH). Rappelant avec fermeté que l’albinisme est une condition génétique et en aucun cas une malédiction obscurantiste, il a engagé son institution aux côtés de l’AJCA pour traquer les stéréotypes et mobiliser les ressources financières nécessaires. Ce travail de titan porte aujourd’hui ses fruits à l’échelle continentale : le fondateur de l’AJCA, Jhony Chancel Ngamouana, vient d’être porté à la présidence du Réseau des organisations des personnes atteintes d’albinisme d’Afrique centrale, installant durablement son siège exécutif à Brazzaville.
💡 Pourquoi c’est important
En ce mois de juin 2026, l’offensive de vulgarisation menée par l’AJCA est capitale car elle fait passer la cause de l’albinisme du stade de la charité compassionnelle à celui du droit constitutionnel strict. Grâce à l’application rigoureuse de la loi n°18-2025, le rejet social et la maltraitance deviennent des infractions pénales réprimées par la justice, changeant radicalement le quotidien de milliers de citoyens.
L’indépendance sanitaire par la production locale de crème solaire est un enjeu de résilience et de souveraineté économique majeur. En fabriquant elle-même ses produits de protection dermatologique, l’association protège des vies face au cancer cutané tout en créant des emplois inclusifs et abordables[cite: 1]. C’est le signal fort d’un Congo solidaire, capable de transformer un défi de santé publique en un modèle d’innovation sociale inspirant pour l’ensemble du continent africain[cite: 1].
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Au-delà des textes de lois, la société congolaise est-elle prête pour l’inclusivité totale ?
La ferveur et la mobilisation observées à Brazzaville laissent entrevoir un immense espoir de justice pour une communauté trop longtemps condamnée à l’isolement[cite: 1]. Voir l’État, l’Unicef et la société civile s’unir pour imposer le respect de « toutes les nuances de peau » suscite une profonde émotion républicaine et humaniste[cite: 1].
Cependant, au-delà des cadres législatifs parfaits et des innovations industrielles, les mentalités collectives changeront-elles au même rythme que les décrets d’ici la fin de l’année 2026 ? Le débat sur l’application concrète des sanctions contre les discriminateurs reste totalement ouvert, la pression sociétale est maximale, et la projection vers une nation plurielle et protectrice de tous ses enfants est résolument en marche.



