C’est le jour J à Abuja ! Du 23 au 24 juillet 2026, l’Union africaine des télécommunications élit son nouveau secrétaire général. Porté par la diplomatie congolaise, l’ingénieur Luc Missidimbazi abat ses ultimes cartes stratégiques face à quatre géants du continent pour transformer le numérique africain.
Ce jeudi 23 juillet 2026, la capitale fédérale du Nigeria, Abuja, est devenue le centre névralgique de la géopolitique technologique du continent. Les 52 États membres de l’Union africaine des télécommunications (UAT) se réunissent en Conférence des plénipotentiaires – l’organe suprême de l’institution – pour élire à bulletin secret leur prochain secrétaire général pour les quatre prochaines années. Au cœur de cette compétition décisive, le candidat de la République du Congo, l’ingénieur Luc Missidimbazi, soutenu au plus haut sommet de l’État depuis mai 2025, affronte des prétendants de premier plan issus d’Afrique du Sud, de Zambie, de Tunisie et du Cameroun. Ce scrutin est d’une importance stratégique majeure : il déterminera la capacité de l’Afrique à s’unir pour imposer sa souveraineté numérique, accélérer l’intégration technologique et peser dans les arbitrages mondiaux sur l’intelligence artificielle et les réseaux de nouvelle génération.
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Marathon diplomatique à Abuja : Les coulisses du vote crucial entre le Congo et ses quatre rivaux
La séquence d’Abuja entamée le 16 juillet a suivi un calendrier d’une rigueur d’orfèvre. Après la session spéciale du Conseil d’administration (16-17 juillet) et le comité préparatoire (20-21 juillet), ces consultations intenses ont servi de tremplin final avant le grand vote à bulletin secret des 23 et 24 juillet. Pour Luc Missidimbazi, ces dernières heures se résument à un travail de précision diplomatique : sécuriser les intentions de vote fermement promises, convaincre le bloc des délégués encore indécis et rallier les nations dont les premiers choix se sont érodés au fil des tractations.
Face au bloc de candidatures chevronnées (Afrique du Sud, Zambie, Tunisie, Cameroun), le candidat congolais fait valoir la neutralité, l’expertise et la vision fédératrice de Brazzaville. Le secrétariat général de l’UAT, s’il est avant tout l’exécutif des directives fixées par le Conseil d’administration, requiert une impulsion forte pour réveiller les États membres en retrait de la vie institutionnelle.
Gouvernance, expérience et inclusion : Les trois piliers du programme congolais pour l’UAT
Devant les 52 délégations africaines réunies au Nigeria, l’argumentaire du candidat congolais s’articule autour d’une feuille de route pragmatique et structurée :
- Équilibre de la gouvernance continentale : Garantir une représentativité équitable de l’ensemble des sous-régions africaines dans les décisions stratégiques et les grandes orientations numériques.
- Expertise et transformation digitale : Mettre à profit une longue expérience de terrain pour exécuter avec précision les mandats du Conseil d’administration et accélérer la numérisation des économies locales.
- Fédération inclusive des membres : Créer une dynamique de co-construction ne laissant aucun pays à l’écart, en réalisant dès le début du mandat un état des lieux complet de l’économie numérique africaine pour remobiliser les États passifs.

Soft power et souveraineté technologique : Pourquoi Brazzaville a mobilisé toutes ses forces derrière Missidimbazi
La candidature de Luc Missidimbazi dépasse le cadre d’une réussite individuelle pour devenir une affaire de souveraineté nationale. Sous les instructions directes du président de la République, Denis Sassou N’Guesso, et l’impulsion du Premier ministre, l’ensemble de l’appareil d’État congolais s’est mobilisé. Le corps diplomatique ainsi que l’Agence de régulation des postes et des communications électroniques (ARPCE), sous la conduite de son directeur général Louis-Marc Sakala – fort de son expérience à la tête du Réseau francophone de la régulation des télécommunications –, ont fourni un appui technique, financier et stratégique déterminant tout au long de cette campagne continentale.
Une victoire à Abuja offrirait au Congo un rayonnement géopolitique sans précédent, permettant à Brazzaville de faire entendre sa voix sur les enjeux majeurs du siècle, notamment la gouvernance de l’intelligence artificielle, l’attribution des fréquences continentales et la cybersécurité.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois de juillet 2026, l’élection à la tête de l’UAT à Abuja est capitale car elle intervient au moment où l’Afrique doit unifier sa politique numérique face aux géants mondiaux de la technologie. Analyser ce scrutin comme une simple rivalité entre cinq pays serait une erreur d’appréciation stratégique majeure : la personne élue dirigera l’institution chargée d’harmoniser les réglementations télécoms et d’accélérer la connectivité pour plus de 1,3 milliard d’Africains.
Réduire la fracture numérique, structurer le marché unique des données et peser dans la gouvernance mondiale de l’IA sont des enjeux de souveraineté économique, d’intégration régionale et de puissance géopolitique absolus pour la période 2026-2031. Si le Congo remporte ce scrutin historique face aux autres prétendants, Brazzaville s’imposera comme l’un des capitaines majeurs de la transition technologique du continent.
L’avenir du numérique africain d’ici 2031 : Quel impact pour l’UAT après le verdict d’Abuja ?
Le travail de persuasion mené par Luc Missidimbazi et la diplomatie congolaise démontre que l’Afrique centrale entend occuper toute sa place dans la gouvernance des grandes institutions technologiques. L’issue du vote des 23 et 24 juillet 2026 à Abuja projette l’UAT vers une mandature cruciale pour la période 2026-2031, où les défis d’infrastructures, d’intelligence artificielle et d’inclusion numérique exigeront une cohésion sans faille.
Dès lors, face aux prétentions de grands blocs régionaux représentés par l’Afrique du Sud ou la Tunisie, le message d’équilibre et d’unité porté par le Congo parviendra-t-il à rassembler une majorité absolue parmi les 52 États membres ? Comment le futur secrétaire général réussira-t-il à transformer l’UAT en un levier d’influence crédible face aux instances technologiques mondiales avant la fin de la décennie ? Le suspense est à son comble à Abuja, les urnes vont parler, et le résultat de cette élection historique va continuer de retenir toute notre attention.



