L’esprit de la résistance et de la souveraineté africaine a soufflé avec force ce lundi 25 mai 2026 au Centre international de conférences de Kintélé. C’est à l’occasion de la célébration solennelle de la Journée de l’Afrique, organisée en marge de l’ouverture des Assemblées annuelles de la Banque Africaine de Développement (BAD), que le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, a prononcé une allocution historique. Cette prise de parole s’avère capitale : devant un aéropage de dirigeants et de financiers, le chef de l’État a convoqué la mémoire des pères fondateurs de l’unité continentale pour légitimer les ambitions écologiques et économiques de l’Afrique moderne.
Le panthéon de la liberté : Les figures immortelles célébrées à Kintélé
Face à une audience captivée, Denis Sassou Nguesso a choisi de placer cette Journée de l’Afrique sous le signe de la gratitude mémorielle et du rappel des sacrifices historiques. Pour le président congolais, l’avenir du continent ne peut s’écrire sans un attachement viscéral aux idéaux d’indépendance, de souveraineté et de dignité portés par les pionniers des décolonisations. Il a ainsi rendu un hommage vibrant aux hommes et aux femmes qui ont donné leur vie pour que l’Afrique se dresse libre et unie.
Dans une formule solennelle particulièrement applaudie, le chef de l’État a salué la trajectoire de plusieurs héros panafricains :
« Je rends un vibrant hommage à ces valeureux combattants de la liberté et de l’émancipation africaine, notamment Kenneth Kaunda de la Zambie, père d’indépendance et ancien premier président de ce pays, Kwame Nkrumah, premier président du Ghana, pan-africaniste ayant prôné l’indépendance totale du continent et la création des États-Unis d’Afrique. Ahmed Sékou Touré, un des leaders du parti RDA, nationaliste africain, qui avait rejeté par un non massif la communauté franco-africaine proposée par le général Charles de Gaulle lors du référendum de 1958. Léopold Sédar Senghor, premier président du Sénégal en 1960, acteur majeur de la décolonisation en Afrique francophone. Marien Ngouabi, de 1969 à 1977, président de la République populaire du Congo, mon pays, assassiné le 18 mars 1977 pour son soutien ardent aux luttes de libération en Afrique. Il a marqué d’une empreinte indélébile les conquêtes des peuples sur le chemin de la liberté, de la justice et de la prospérité. »
Les 600 millions d’hectares de forêts africaines : Le bouclier de la planète
Après avoir ravivé la flamme de la souveraineté politique, Denis Sassou Nguesso a magistralement réorienté son propos vers les grands équilibres géopolitiques contemporains. Loin de présenter l’Afrique comme une éternelle victime, il a mis en exergue le potentiel gigantesque et les atouts environnementaux maîtres que le continent détient pour négocier d’égal à égal avec le reste du monde.
« En toute objectivité, avec plus de 600 millions d’hectares de forêt, l’Afrique demeure le deuxième poumon vert de l’humanité par son immense couvert végétal, objet des enjeux écologiques actuels en lien avec la survie de la planète », a martelé le président de la République.
Cette déclaration forte, entendue par les gouverneurs et experts de la BAD, repositionne fermement le Bassin du Congo et les forêts africaines comme des infrastructures écologiques indispensables qui méritent des compensations financières à la hauteur du service rendu à l’humanité.
💡 Pourquoi c’est important
En ce mois de mai 2026, la prise de parole de Denis Sassou Nguesso à Kintélé rappelle que les combats d’hier pour l’indépendance politique éclairent directement la guerre contemporaine pour la souveraineté économique et environnementale. Célébrer la Journée de l’Afrique en citant la résistance d’Ahmed Sékou Touré face à De Gaulle ou le panafricanisme de Kwame Nkrumah devant les financiers de la BAD n’est pas un simple exercice de style. C’est un message politique clair adressé aux institutions internationales : l’Afrique de 2026 n’accepte plus d’être subordonnée. En mettant en avant ses 600 millions d’hectares de forêts, le président congolais rappelle que le continent possède l’arme écologique absolue pour la survie de la planète. L’indépendance ne se formule plus seulement dans les traités, elle se joue désormais sur le terrain de la gouvernance des ressources naturelles, de la justice climatique et de l’autofinancement des infrastructures.
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Le sacrifice des martyrs comme boussole pour la jeunesse
La célébration de cette date symbolique à Brazzaville a trouvé un écho particulier auprès de la jeunesse connectée et des délégations présentes. En insistant sur l’héritage de Marien Ngouabi, assassiné pour son soutien indéfectible aux luttes de libération, Denis Sassou Nguesso exhorte les leaders actuels à ne pas transiger sur les intérêts fondamentaux de leurs peuples face aux pressions extérieures.
Ce retour aux sources de l’unité africaine vise à consolider un front uni au sein des négociations économiques mondiales. Kintélé s’impose ainsi comme le point de départ d’une diplomatie environnementale décomplexée, où la protection du couvert végétal africain est reconnue à sa juste valeur financière et stratégique.
L’allocution vibrante de Denis Sassou Nguesso lors des Assemblées de la BAD, prononcée à l’occasion de la Journée de l’Afrique, redonne au panafricanisme ses lettres de noblesse en mariant mémoire historique et urgence climatique. En plaçant l’héritage de Nkrumah et de Ngouabi face au défi des 600 millions d’hectares de forêts, le chef de l’État congolais démontre que l’Afrique est le pivot de l’avenir écologique de l’humanité. Reste désormais à savoir si les institutions financières internationales et les dirigeants du continent sauront transformer cette immense légitimité mémorielle et environnementale en un levier économique concret pour arracher définitivement le continent à la dépendance.



