Pour protéger durablement les quartiers vulnérables avant les prochaines pluies, l’ambassadrice de France Claire Bodonyi et le ministre Bruno Jean Richard Itoua accélèrent la finalisation des chantiers de la Tsiémé et des réseaux d’eau potable.
Le jeudi 25 juin 2026, une réunion de suivi stratégique s’est tenue à Brazzaville entre l’ambassadrice de France au Congo, Claire Bodonyi, et le ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique, Bruno Jean Richard Itoua, pour valider le calendrier de livraison des grands chantiers d’infrastructures hydrauliques en cours dans les deux principales villes du pays. Financés par l’entremise de l’Agence française de développement (AFD), ces travaux d’urgence ciblent en priorité l’assainissement lourd de la capitale pour stopper les crues dévastatrices, ainsi que le renforcement des réseaux d’eau potable dans la cité océane. Cette coopération bilatérale s’avère d’une importance capitale : alors que l’intensification des saisons des pluies plonge régulièrement les familles riveraines de la Tsiémé dans une précarité extrême et que l’accès à une eau saine reste un défi majeur à Pointe-Noire, l’achèvement de ces infrastructures dans les tout prochains mois constitue le seul rempart pour protéger les habitations, désenclaver les quartiers périphériques et préserver la sécurité sanitaire des citoyens.
Le calvaire de la Tsiémé : Des travaux de bétonnage intensifs pour stopper les crues de la mort
À Brazzaville, l’axe central de l’intervention de l’AFD se focalise sur une bataille d’ingénierie contre les eaux boueuses et les inondations à répétition. Les opérations actuelles se concentrent dans le lit de la rivière Tsiémé, un cours d’eau stratégique dont les débordements systématiques paralysent des quartiers entiers dès les premières précipitations. Les ouvriers s’activent pour couler des ouvrages de canalisation massifs en béton armé, indispensables pour fluidifier l’évacuation des torrents pluviaux et stabiliser les berges sablonneuses qui menacent de s’effondrer sur les habitations.
Cette séparation des tâches montre que si la capitale lutte contre l’enlisement et les inondations, le second volet de l’accord franco-congolais s’attaque de front à un besoin vital à Pointe-Noire. Dans la capitale économique, les financements de l’AFD sont orientés vers le renforcement de l’adduction d’eau potable. Les extensions de canalisations en cours visent à connecter durablement les ménages aux réseaux de distribution formels pour sécuriser leur approvisionnement au quotidien et éliminer les risques sanitaires liés à l’usage d’eaux de puits polluées.

De Makélékélé à la Tsiémé : L’AFD mise sur le temps long des infrastructures protectrices
Ces interventions d’envergure menées au niveau de la Tsiémé s’inscrivent directement dans la continuité des réussites techniques déjà enregistrées par le passé dans le quartier de Makélékélé. Les ouvrages de canalisation en béton armé construits dans le sud de la capitale ont prouvé leur efficacité en améliorant l’évacuation des eaux pluviales et en protégeant efficacement les populations riveraines des glissements de terrain. L’ambassadrice de France a d’ailleurs témoigné de la violence de la situation sur le terrain, rappelant que les riverains de la zone Nord se rencontrent dans des conditions d’existence extrêmement pénibles à chaque intempérie.
La diplomate française a toutefois tenu à tempérer les attentes immédiates en rappelant un principe fondamental du secteur du BTP : les grandes infrastructures hydrauliques et d’assainissement s’inscrivent dans le temps long de la construction avant de produire leurs pleins effets protecteurs ou d’adduction. Néanmoins, l’échéance fixée à quelques mois pour la livraison conjointe des chantiers de la Tsiémé et de Pointe-Noire offre une lueur d’espoir concrète pour l’amélioration globale du cadre de vie des populations urbaines.
💡 POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois de juin 2026, la double réponse apportée au fléau des inondations à Brazzaville et au déficit d’eau potable à Pointe-Noire est capitale car elle touche directement au cœur de la sécurité humaine, de la santé publique et de l’adaptation urbaine face aux dérèglements climatiques en Afrique centrale. Laisser le lit de la Tsiémé se transformer en torrent incontrôlable ou abandonner les ménages de la cité océane sans accès à une eau saine équivaut à fragiliser les deux poumons économiques et politiques du pays.
Mener ces infrastructures à leur terme dans les prochains mois constitue un enjeu de gouvernance locale, de résilience environnementale et de souveraineté sanitaire majeure pour le gouvernement congolais. En s’associant à l’expertise technique de l’AFD et en maintenant une pression politique pour livrer les ouvrages dans les délais, le ministre Bruno Jean Richard Itoua démontre que la modernisation nationale passe d’abord par la sécurisation des vies humaines et l’accès aux ressources de base. C’est le signal fort que le Congo refuse la fatalité climatique et s’arme pour protéger durablement ses citoyens.
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Guerre contre la boue et accès à l’or bleu : Quel plan pour l’après-chantier ?
L’annonce de la fin prochaine de ces travaux de canalisation et d’adduction suscite un immense soulagement mêlé d’une vive attente chez les populations de la Tsiémé et de Pointe-Noire, fatiguées de redouter chaque intempérie ou de souffrir du manque d’eau courante. Savoir que la technologie et le partenariat international s’unissent pour sécuriser les fondations de nos vies réveille la fierté citoyenne et projette nos centres urbains vers un avenir digne et protecteur. La dynamique technique est solidement engagée, mais elle appelle une prise de conscience collective.
Cependant, au-delà de la livraison des réseaux par l’AFD, le défi majeur de la maintenance et de la gestion citoyenne des déchets ménagers reste entier pour éviter d’obstruer ces nouvelles installations. Les autorités municipales sauront-elles déployer des services de voirie efficaces pour empêcher que le lit canalisé de la Tsiémé ne se transforme en dépotoir à ciel ouvert d’ici fin 2026 ? Les comités de quartier parviendront-ils à mobiliser les populations pour entretenir ces ouvrages vitaux ? Le débat sur la responsabilité citoyenne est totalement ouvert, la vigilance environnementale est décrétée, et la métamorphose de nos villes face aux colères du climat est une responsabilité partagée par tous.



