Après une inspection minutieuse des chantiers et des infrastructures de l’Agence de régulation des transferts de fonds (ARTF), la Commission Ecofin de l’Assemblée nationale a adoubé la nouvelle stratégie numérique nationale visant à éradiquer la fraude financière.
Ce jeudi 25 juin 2026, un groupe de dix députés membres de la prestigieuse Commission Économie, Finances et Exécution du budget (Ecofin) de l’Assemblée nationale, sous la direction de leur président Maurice Mavoungou, a mené une mission de contrôle approfondie au sein des nouvelles installations techniques et immobilières de l’Agence de régulation des transferts de fonds (ARTF) à Brazzaville. Guidés par le directeur général de l’institution, Basile Jean Claude Bazebi, les parlementaires ont audité l’utilisation des deniers publics alloués à la modernisation de cette structure régalienne pivot. Cette inspection sur le terrain s’avère d’une importance capitale : à l’heure où l’État congolais cherche à optimiser ses recettes non pétrolières sous les directives du chef de l’État, la validation par les élus du peuple de la nouvelle plateforme numérique de certification des flux financiers et du futur siège social à sept niveaux marque le coup d’envoi d’une guerre technologique sans merci contre la fraude fiscale, l’évasion de capitaux et les transactionnaires clandestins.
La traque des flux financiers en temps réel : Immersion au cœur du système numérique installé au Brazza Mall
Le premier point fort de cette visite d’inspection s’est déroulé dans les locaux du grand Centre commercial Brazza Mall, situé à Ouenzé dans le 5e arrondissement de la capitale. C’est ici que l’ARTF a choisi de déployer son arme maîtresse : une plateforme digitale de certification des transactions financières de dernière génération. Bien que ce dispositif de pointe soit encore temporairement inopérationnel en phase finale de déploiement, sa mission régalienne est d’une puissance inédite. Il permettra à l’administration de surveiller, de tracer et de valider de manière instantanée tous les flux de capitaux transférés vers l’extérieur du pays, qu’ils transitent par les banques commerciales ou les opérateurs de transfert alternatifs.
L’objectif macroéconomique de ce bouclier numérique est de garantir à l’État congolais une visibilité totale sur l’économie légale et informelle. En identifiant chaque transactionnaire de fonds à la source, l’ARTF supprime l’asymétrie de données et veille à ce que chaque opérateur s’acquitte scrupuleusement de ses redevances et obligations fiscales à juste titre, en fonction des montants réellement transférés. Ce projet de certification électronique s’inscrit directement dans le plan de mobilisation intensive des ressources souveraines édicté par la loi de finances en cours pour ce quinquennat.

Un nouveau siège futuriste à sept niveaux : Le cœur de la politique « Zéro opérateur clandestin » d’ici trois mois
Après avoir validé la performance technologique de la plateforme, la délégation de la Commission Ecofin s’est rendue au centre-ville de Brazzaville, juste derrière les immeubles fédéraux et à proximité du commandement de la garde républicaine. C’est sur ce site chargé d’histoire que s’élève le tout nouveau siège social de l’ARTF. Revêtu de sa couleur bleue traditionnelle, cet imposant immeuble de sept niveaux doté d’un sous-sol moderne affiche un taux d’exécution technique exceptionnel de 95 %. Selon les ingénieurs sur place, les chantiers s’achèveront définitivement d’ici trois mois, ouvrant la voie à une inauguration officielle par le président de la République, Denis Sassou N’Guesso.
Pour Maurice Mavoungou et ses collègues parlementaires, la qualité des investissements réalisés répond parfaitement aux standards internationaux les plus stricts. L’attribution de ces créits budgétaires par le gouvernement va permettre de regrouper l’ensemble des services de l’agence sous un même toit, mettant fin aux conditions de travail précaires dont souffraient les agents. Pour le directeur général, Basile Jean Claude Bazebi, ces nouveaux outils marquent le début d’une offensive sans précédent intitulée « Zéro opérateur clandestin », un mot d’ordre martial destiné à ramener tous les acteurs de transfert de fonds dans le giron légal.
💡 POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois de juin 2026, le feu vert accordé par la commission parlementaire aux nouvelles infrastructures de l’ARTF est capitale car il préfigure l’armement technologique de l’État face à la fuite illégale de capitaux et à l’évasion fiscale. Pendant des décennies, le contrôle des transferts financiers vers l’étranger a souffert d’un déficit de traçabilité chronique, privant le trésor public congolais de milliards de francs CFA de redevances légitimes.
Reprendre le contrôle souverain sur chaque unité de devise qui quitte le territoire national est un enjeu de résilience budgétaire, de bonne gouvernance et de transparence macroéconomique absolue pour le Congo. En combinant un centre de données ultra-moderne au Brazza Mall et un quartier général fortifié en centre-ville, l’ARTF ne se contente pas d’améliorer les conditions de vie de ses agents : elle se dote de la force de frappe réglementaire nécessaire pour cartographier le secteur transactionnel. C’est le signal fort que le pays passe à une gouvernance financière rigide et numérisée, où la participation à l’effort fiscal national devient une obligation incontournable pour tous les acteurs du marché.
Plus d infos sur Le Journal du Congo
L’indifférence face à la fraude en procès : Quel avenir pour le marché des transferts ?
L’aboutissement imminent de ces grands chantiers suscite un profond sentiment de fierté civique et une réelle ferveur patriotique parmi les cadres de l’administration publique, impatients de voir le Congo se doter d’outils de surveillance monétaire capables de rivaliser avec les grandes places financières internationales. Voir la puissance publique s’affirmer avec autant de modernité émeut légitimement les citoyens soucieux de la justice fiscale et de la préservation de nos richesses nationales. La projection vers la fin de l’année 2026 s’annonce prometteuse, la mise en service du siège par le chef de l’État devant consacrer une ère nouvelle de transparence budgétaire.
Cependant, au-delà de la splendeur architecturale de ce bâtiment bleu et de la sophistication de sa plateforme digitale, l’ARTF saura-t-elle surmonter les résistances des puissants lobbys financiers et des transactionnaires informels pour imposer sa doctrine du « Zéro opérateur clandestin » ? Les banques et les plateformes de transfert internationales se plieront-elles sans friction à ce contrôle en temps réel, ou assistera-t-on à une guerre des tranchées juridique autour de la confidentialité des flux de capitaux ? Le débat économique s’enflamme déjà dans les cercles d’affaires de Brazzaville à Pointe-Noire, la vigilance républicaine est de mise, et la marche irrésistible du Congo vers la souveraineté numérique financière est un processus désormais engagé.

