Le rideau est tombé sur le plus grand événement financier et diplomatique du continent africain en ce mois de mai 2026. Clôturées le vendredi 29 mai au Centre de conférence international de Kintélé, en banlieue de Brazzaville, les 61es Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) se sont achevées sur un bilan organisationnel étincelant pour la République du Congo.
Cet événement historique s’avère capital : en réunissant des milliers d’experts autour du financement de l’Afrique dans un monde fragmenté, Brazzaville s’est imposée comme la vitrine de l’unité continentale, matérialisée par des annonces de financements d’une ampleur inédite pour l’environnement et l’économie.
Une mobilisation record à Kintélé sous le signe du panafricanisme
Ouvertes le 25 mai sous la haute direction du président de la République, Denis Sassou N’Guesso, ces assises ont attiré plus de 4 500 participants venus des quatre coins de la planète. Pendant cinq jours consécutifs, ce parterre d’experts, de régulateurs, de banquiers et de partenaires techniques et financiers s’est réuni autour d’un thème central et brûlant : « Mobiliser les ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté ». Bien que la session se soit achevée sans la publication de recommandations officielles, la réussite logistique et la qualité des débats ont suscité une pluie d’éloges de la part des dirigeants de la BAD et de l’ensemble des délégations.
Dans le fond, les ateliers ont permis de concevoir des mécanismes beaucoup plus efficients pour capter l’épargne et orienter les capitaux mondiaux vers les projets de développement inclusif du continent. Lors de son discours de clôture, le président de la BAD, le Dr Sidi Ould Tah, a adressé une motion de félicitations particulière au chef de l’État congolais pour ce pari organisationnel gagné. Il a profité de cette tribune pour plaider pour le déploiement immédiat de sa vision phare baptisée « Les Quatre points cardinaux », un programme conçu pour muscler la capacité d’action et le leadership géopolitique de l’Afrique face aux blocs économiques mondiaux.
3,5 milliards de dollars sécurisés : L’Angola rejoint le Fonds du Bassin du Congo
Clôturant officiellement les travaux au nom du président de la République, le Premier ministre Anatole Collinet Makosso a exprimé sa profonde fierté face aux retombées concrètes de ce grand rendez-vous panafricain. Le grand succès de ces assemblées se mesure principalement sur le terrain de la diplomatie environnementale. Le chef du gouvernement a salué l’annonce de la mobilisation spectaculaire d’une enveloppe de 3,5 milliards de dollars américains en faveur du Fonds du Bassin du Congo, le deuxième poumon écologique de la planète.
Cette dynamique verte a été consolidée par un geste de fraternité salué par l’ensemble de l’hémicycle. L’Angola a officiellement annoncé l’attribution d’une enveloppe de 6,5 millions de dollars au Fonds. Par ce financement, Luanda rejoint officiellement le club des 24 autres États et pays donateurs engagés pour la préservation de cet écosystème unique.
💡 Pourquoi c’est important
En ce mois de mai 2026, la réussite éclatante des Assemblées de la BAD à Kintélé démontre que le Congo a définitivement acquis le statut de puissance diplomatique et logistique capable de piloter les grands arbitrages financiers du continent. Accueillir 4 500 délégués sans la moindre faille organisationnelle offre au pays une vitrine internationale exceptionnelle. C’est capital : l’annonce des 3,5 milliards de dollars pour le Bassin du Congo prouve que la finance mondiale ne peut plus ignorer les priorités environnementales de l’Afrique. En décrochant la contribution de l’Angola, Brazzaville démontre que l’intégration régionale se construit par des actes concrets de solidarité interétatique. Le Congo ne s’est pas seulement positionné en leader ; en se disant prêt à transmettre son expertise au futur pays organisateur, il sanctuarise le savoir-faire africain et prouve que l’Afrique dispose désormais des cerveaux et des infrastructures pour financer son propre avenir économique.
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Le Congo devient le conseiller stratégique de la prochaine édition de la BAD
De son côté, le ministre de l’Économie, du Plan, de la Statistique et de la Prospective, également président du Conseil des gouverneurs de la BAD, Ludovic Ngatsé, a rappelé que cette session marquait un tournant pour la diplomatie congolaise. Le pays a réussi la prouesse d’inscrire ses priorités de développement national directement au cœur des grandes dynamiques de financement continentales.
Fort de cette expérience mémorable, Ludovic Ngatsé a annoncé que, dans un esprit de solidarité panafricaine, la République du Congo se tenait entièrement disponible pour transmettre son expertise organisationnelle et l’intégralité des enseignements stratégiques tirés de l’expérience de Kintélé au pays qui prendra le relais pour l’organisation de la prochaine édition.
L’accueil magistral des 61es Assemblées de la BAD par le Congo-Brazzaville restera gravé comme un moment de communion et d’efficacité financière pour l’Afrique. En transformant le Centre de conférence de Kintélé en épicentre de la finance verte et en décrochant 3,5 milliards de dollars pour le climat, Denis Sassou N’Guesso et son gouvernement ont transformé une vision politique en un impact mesurable. Reste désormais à savoir si les mécanismes financiers promis par Sidi Ould Tah à travers « Les Quatre points cardinaux » seront déployés assez rapidement pour contrer les effets de la fragmentation économique mondiale, et si le prochain pays organisateur saura hisser son organisation au niveau d’excellence fixé par Brazzaville.



