À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes (JIDF) 2026, la magistrate Johnes-Marinelle Noblesse Elion Mongo salue une architecture juridique moderne, tout en soulignant que le dernier rempart de l’inégalité réside désormais dans les foyers et non plus dans les textes.
Un arsenal juridique d’avant-garde sous l’impulsion présidentielle
Le Congo de 2026 peut s’enorgueillir d’un cadre légal qui n’a rien à envier aux démocraties les plus avancées. Sous la vision du président Denis Sassou Nguesso, le pays a franchi des étapes historiques pour garantir la dignité et l’égalité des citoyennes. Depuis l’inscription de la parité professionnelle en 2015 jusqu’à l’accès garanti à l’éducation et à l’égalité salariale, l’État a rempli sa part du contrat social.
La pièce maîtresse de cet édifice demeure la loi Mouebara, publiée le 4 mai 2022. Ce texte révolutionnaire offre une protection quasi intégrale contre les violences professionnelles, domestiques et conjugales, couvrant tous les statuts, de la femme active à la jeune fille. Comme le souligne la magistrate Elion Mongo, présidente de l’association Sourire de femmes, l’accès à la propriété et à la justice est aujourd’hui une réalité de droit incontestable au Congo.
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Le « fossé des mentalités » : un défi hors de portée du seul politique
Pourtant, un paradoxe subsiste. Si la loi est une promesse tenue par le pouvoir, son application se heurte à un mur invisible : celui des mentalités et des habitudes socioculturelles. La magistrate analyse avec lucidité ce fossé qui sépare la lettre de la loi de sa mise en œuvre concrète. Ce décalage ne relève plus d’une carence législative, mais d’une nécessaire transformation des comportements au sein de la sphère privée.
Johnes-Marinelle Noblesse Elion Mongo regrette ainsi que le 8 mars soit trop souvent perçu comme une simple parenthèse festive dans les bars, occultant la portée des droits durement acquis. Pour elle, l’État a tracé la route, mais c’est aux familles et à la société civile qu’il appartient désormais d’emprunter ce chemin. La loi Mouebara ne peut pas, à elle seule, s’inviter dans chaque discussion de foyer pour imposer le respect si la prise de conscience collective n’émerge pas à la racine.

L’émancipation par l’éducation et l’autonomie
Pour combler ce vide, la magistrate préconise un changement de paradigme qui dépasse le cadre des tribunaux. L’émancipation réelle, celle qui rend la loi vivante, repose sur deux piliers que chaque citoyen doit s’approprier :
- L’autonomisation financière et l’éducation : Véritables leviers de lutte contre la précarité qui rend les femmes vulnérables.
- La vulgarisation du droit : Il est impératif que les élites transmettent ces outils juridiques aux « femmes lambda » pour que la loi cesse d’être une promesse lointaine et devienne un bouclier quotidien.
En somme, le bilan de cette JIDF 2026 montre que le pouvoir politique a doté le Congo d’une justice moderne et protectrice. Le défi est désormais culturel. Si la loi risque de demeurer une promesse inatteignable pour certaines, ce n’est plus par manque de volonté de l’État, mais par la lenteur des mentalités à s’aligner sur le progrès institutionnel.



