Le conflit opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël provoque une flambée des prix du carburant à travers l’Afrique. Pour faire face à cette crise, de nombreux pays du continent adoptent des mesures d’urgence allant du rationnement de l’électricité à la modification de la composition des carburants.
Rationnement et État d’Urgence en Afrique Australe et de l’Est
Au Soudan du Sud, la capitale Juba subit désormais un rationnement strict de l’électricité. Le pays, qui dépend du pétrole pour 96 % de sa production énergétique, doit gérer ses réserves de manière proactive. Les coupures quotidiennes paralysent de nombreuses entreprises locales, poussant ceux qui en ont les moyens vers l’énergie solaire, malgré son coût initial élevé.
De son côté, l’île Maurice fait face à une urgence énergétique majeure. Suite à l’absence d’une cargaison attendue, le pays ne dispose plus que de 21 jours de stock de pétrole. Le gouvernement tente de sécuriser des approvisionnements plus coûteux depuis Singapour pour éviter une rupture totale.
Plus d infos sur Le Journal du Congo
Stratégies d’Adaptation : Dilution et Priorisation
Le Zimbabwe a choisi une approche technique en augmentant le taux d’éthanol dans son essence, passant de 5 % à 20 % pour réduire sa dépendance aux importations. Parallèlement, le gouvernement a supprimé certaines taxes sur l’importation de carburant pour freiner une hausse des prix qui a atteint 40 % en moins d’un mois. Pour les petits commerçants, cette situation est critique car les coûts de transport explosent.
En Éthiopie, les autorités ont instauré une hiérarchie de consommation. Les entreprises de fourniture de carburant doivent désormais donner la priorité aux institutions de sécurité, aux grands projets gouvernementaux et aux industries produisant des biens essentiels. Dans certaines régions comme le Tigré, les approvisionnements ont été totalement suspendus.
Conséquences Commerciales et Opportunités Logistiques
Le Kenya traverse une période de pénurie liée à des achats de panique et à des soupçons de rétention de stocks par les détaillants. L’industrie horticole, pilier de l’économie kenyane, est durement touchée par l’allongement des routes maritimes et la baisse de la demande au Moyen-Orient, enregistrant des millions de dollars de pertes.
Cependant, la crise profite indirectement à certains ports. En raison du conflit dans le détroit d’Ormuz, de nombreux navires et pétroliers contournent désormais l’Afrique par le Cap de Bonne-Espérance. Des ports comme Durban ou Le Cap en Afrique du Sud voient ainsi leur activité de ravitaillement augmenter. Enfin, le Nigeria, deuxième producteur de pétrole du continent, pourrait bénéficier de la hausse des cours mondiaux du brut, même si la population locale subit déjà l’augmentation des tarifs de transport.



