La gestion durable des massifs forestiers congolais entre dans une phase opérationnelle décisive. Ce 7 avril 2026, les acteurs majeurs de la société civile se sont réunis dans la capitale pour une session de concertation de haute importance. L’objectif de cette rencontre préparatoire était d’analyser en profondeur les projets de textes d’application du Code forestier de 2020.
En prévision de la session officielle du Groupe de travail multi-acteurs (GTMA) prévue les 9 et 10 avril, ce conclave technique visait à harmoniser les positions des organisations non gouvernementales pour garantir que les réformes législatives se traduisent par des avancées concrètes sur le terrain.
Réduire le fossé entre la législation et l’application réelle
L’un des enjeux majeurs identifiés lors des débats concerne le décalage persistant entre l’adoption théorique des lois et leur mise en œuvre effective. Nina Cynthia Kiyindou Yombo, directrice exécutive de l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH), a souligné que de nombreuses dispositions essentielles du texte de 2020 restent encore inapplicables faute de mesures d’exécution précises. Pour la société civile, l’élaboration de ces décrets est la clé de voûte qui conditionnera l’impact réel des réformes sur la préservation de la biodiversité et l’amélioration des conditions de vie des populations.
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Transparence et droits des communautés : Les points de vigilance
Les participants ont passé au crible plusieurs piliers de la gestion forestière, notamment les mécanismes de partage des bénéfices issus de l’exploitation des ressources. La question des modalités d’attribution des concessions forestières a également occupé une place centrale dans les échanges, tout comme le renforcement des dispositifs de suivi et de contrôle. Pour les organisations présentes, il est impératif que les futurs textes garantissent une transparence totale et un respect strict des droits des communautés locales, souvent premières gardiennes de la forêt mais parfois oubliées dans les processus de décision économique.
« Cette démarche préparatoire est essentielle pour garantir une participation efficace et équilibrée des parties prenantes. Elle contribue également à renforcer la crédibilité et le rôle de la société civile dans les processus de réforme du secteur forestier. » — Fabrice Séverin Kimpoutou, chargé de suivi du programme Forêt, gouvernance, marchés et climat (FGMC) de la RPDH.
Un partenariat stratégique pour une réforme inclusive
L’atelier, organisé par la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH) en partenariat avec l’OCDH, a bénéficié de l’expertise technique de l’organisation Fern et du soutien financier du Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO) du gouvernement britannique. Cette coalition d’acteurs souligne la dimension internationale des enjeux liés au Bassin du Congo. Les propositions structurées issues de cette rencontre seront portées lors de la session du GTMA afin d’accélérer l’adoption de textes d’application jugés indispensables pour une gestion forestière qui soit à la fois durable, inclusive et économiquement viable.



