N’DJAMENA – Sous la coordination du ministre congolais des Finances, Christian Yoka, le Comité de pilotage du Préf-Cémac a sonné l’alarme. Réunis le 8 avril 2026 au Tchad, les responsables des institutions communautaires ont dressé un constat sans équivoque : si la zone Cémac progresse, le rythme des réformes structurelles reste insuffisant face aux défis macroéconomiques actuels.
Dans une dynamique de relance impulsée par les orientations du Sommet de Brazzaville, les États membres sont désormais sommés de franchir une étape décisive pour restaurer la soutenabilité des finances publiques et renforcer la résilience de l’espace communautaire.
La digitalisation et le Compte Unique du Trésor comme piliers de la transparence
L’un des leviers majeurs identifiés pour transformer la gestion publique est l’accélération de la digitalisation des finances. Le Comité a insisté sur l’urgence de la mise en œuvre effective du Compte Unique du Trésor (CUT) dans chaque État membre. Cet outil est considéré par les experts comme la clé de voûte de la transparence budgétaire, permettant une maîtrise en temps réel des ressources et une optimisation de la trésorerie publique. Pour Christian Yoka et ses pairs, la modernisation ne doit plus être une option mais une réalité opérationnelle pour limiter les déperditions et restaurer la confiance des partenaires internationaux.
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Désendettement et harmonisation statistique : Les nouvelles exigences
La réduction de la dette publique constitue l’autre grand chantier de ce semestre. Le Comité de pilotage appelle les États à intensifier les plans d’apurement de la dette intérieure, un préalable indispensable pour redonner de l’air aux entreprises locales et restaurer les marges budgétaires. Pour garantir une meilleure lisibilité de ces efforts, la migration vers le format « Manuel de statistiques de finances publiques 2014 » (MSFP 2014) doit être finalisée sans délai. Cette harmonisation statistique est jugée cruciale pour permettre une comparaison fiable des données budgétaires à l’échelle régionale et offrir aux investisseurs une vision claire de la santé financière de la sous-région.
Souveraineté monétaire et réforme bancaire : Protéger les réserves de change
La question du rapatriement des devises issues des exportations, notamment dans le secteur extractif, a été au centre des débats les plus vifs. Face à la fragilisation des réserves de change, la Cémac prône désormais une application stricte des sanctions pour les contrevenants. Cette fermeté vise à garantir que la richesse produite par le pétrole, le gaz et les minerais profite directement à la stabilité monétaire de la zone. En parallèle, un projet de loi bancaire unique est en cours d’élaboration sous l’égide de la BEAC et de la Cobac. Ce texte vise à harmoniser la supervision bancaire et à limiter l’exposition des banques aux titres publics, protégeant ainsi le système financier contre les risques systémiques.
Vers une gestion durable des fonds de restauration des sites pétroliers
Enfin, le Comité a mis l’accent sur un enjeu écologique et financier majeur : le rapatriement des fonds destinés à la restauration des sites pétroliers. Pour plusieurs économies de la région, la sécurisation de ces fonds est impérative pour garantir que les opérateurs assument leurs responsabilités environnementales après l’exploitation. En finalisant les négociations sur ce dossier, la Cémac entend prouver qu’elle sait allier développement extractif et exigences de durabilité, tout en renforçant ses capacités de financement internes. À l’aube de ce deuxième trimestre 2026, la feuille de route est tracée : la discipline et la célérité seront les seuls garants de la prospérité commune.



