À l’aube de son nouveau mandat, le Président Denis Sassou Nguesso a accordé un entretien exclusif à la chaîne Sky News Arabiya. Entre vision panafricaine, accélération du développement national et renforcement des liens stratégiques avec le monde arabe, le Chef de l’État dessine les contours d’une diplomatie offensive et d’une économie résolument tournée vers l’avenir.
Le panafricanisme au cœur de la stratégie continentale
Pour le Président congolais, le salut de l’Afrique réside dans sa capacité à parler d’une seule voix, une force qui a jadis permis de remporter les luttes de libération et de vaincre l’apartheid. Face à un certain affaiblissement du panafricanisme, il appelle les dirigeants du continent à regrouper leurs forces pour faire valoir leurs droits dans le concert des nations.
Ce combat pour l’unité trouve sa traduction concrète dans le soutien aux initiatives de l’Union africaine, notamment la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEKAF). Toutefois, le Chef de l’État souligne que cette zone ne pourra réellement prendre son envol sans une dotation massive en infrastructures : routes, chemins de fer, télécommunications et énergie. Cette vision s’applique prioritairement à la sous-région d’Afrique centrale, où le Congo ambitionne d’établir des liaisons solides avec ses voisins pour booster le développement commun.
L’agriculture et l’industrie : les moteurs de l’accélération
Au niveau national, le projet de « marche vers le développement » se concentre sur la mise en valeur d’un potentiel naturel hors norme. Le Président rappelle que le pays dispose de 10 millions d’hectares de terres arables, dont seulement 3 % sont actuellement exploités. L’objectif est clair : accélérer la production agricole pour assurer la sécurité alimentaire et créer de la richesse.
L’excellence industrielle est également au rendez-vous, avec l’exemple stratégique de Pointe-Noire. Le Chef de l’État a mis en avant la proximité exceptionnelle, dans un rayon de 50 kilomètres d’un port en eau profonde, de réserves majeures de phosphate, de potasse et de gaz. Ce triptyque unique permet d’envisager la production d’engrais complets non seulement pour le Congo, mais pour l’ensemble du marché mondial.
Un partenariat gagnant-gagnant avec le monde arabe
Le Président a réitéré son souhait de développer des relations d’affaires profondes avec les pays du Golfe, citant ses multiples visites d’État en Arabie Saoudite, aux Émirats arabes unis, au Qatar et au Koweït. À travers des accords déjà signés — portant notamment sur la non-double imposition et la protection des investissements — il propose un partenariat « gagnant-gagnant ».
Le message envoyé aux investisseurs du Golfe est celui de la sécurité et de la rentabilité. « Notre pays est en paix totale et fonctionne avec des institutions stables », a-t-il affirmé, soulignant les efforts constants pour assainir le climat des affaires et offrir des garanties solides aux capitaux étrangers.
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La sagesse de la paix et de la médiation
Interrogé sur son rôle de médiateur, notamment en tant que président du comité de haut niveau de l’Union africaine sur la Libye, Denis Sassou Nguesso a livré sa méthode : l’humilité et la sincérité. Fort de ses succès passés en République centrafricaine ou lors des négociations historiques sur la fin de l’apartheid menées à Brazzaville, il estime qu’il faut toujours chercher le point de jonction et l’intérêt commun des protagonistes.
Son message pour les zones de tension est sans équivoque : la paix est le préalable indispensable à toute construction. « On ne construira jamais dans la guerre », a-t-il rappelé, affirmant sa confiance dans la capacité de l’Afrique à surmonter ses difficultés pour le bonheur de ses peuples.



