À New York, la succession au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies en 2026 ne se joue pas seulement entre candidats. Dans l’ombre, une bataille beaucoup plus discrète s’intensifie : celle de la langue. Un affrontement stratégique où l’Afrique francophone pourrait bien changer l’équilibre des pouvoirs.
Les 21 et 22 avril, au siège de l’Organisation des Nations unies, les auditions des candidats au poste de secrétaire général de l’ONU en 2026. Face aux diplomates, Rafael Grossi, Rebeca Grynspan, Michelle Bachelet et Macky Sall déroulent leurs priorités.
Crises internationales, climat, gouvernance mondiale. Rien d’inhabituel. Puis, soudain, le centre de gravité bascule. Ce ne sont plus les conflits ou les finances qui dominent les échanges. C’est la langue.
Multilinguisme à l’ONU : une offensive discrète du bloc francophone
Dans la salle, les représentants du Groupe des ambassadeurs francophones prennent la parole. Le ton change immédiatement.
Les questions deviennent directes, précises, presque incisives : quelle place réelle pour le français dans les décisions ? Pourquoi l’anglais domine-t-il les échanges internes ? Qui contrôle réellement les circuits d’influence au sein de l’ONU ?
Derrière ces interrogations, un enjeu clé du multilinguisme à l’ONU : reprendre du terrain dans un système où la langue influence directement le pouvoir.
Une domination de l’anglais à l’ONU qui interroge
En coulisses, le constat est connu — mais rarement assumé publiquement. La domination de l’anglais à l’ONU s’impose largement dans les échanges informels. Réunions préparatoires, discussions de couloir, arbitrages rapides : c’est là que se joue une partie essentielle des décisions.
Et dans ces espaces, une réalité s’impose : ceux qui maîtrisent la langue dominante maîtrisent aussi le pouvoir.
Afrique et ONU : un poids décisif dans la succession 2026
C’est ici que le rapport de force change. Avec près d’un tiers des États membres de l’ONU, l’Afrique détient un poids décisif dans la succession du secrétaire général de l’ONU en 2026. Et au sein de ce bloc, les pays francophones représentent une force structurée, longtemps sous-exploitée.
La candidature de Macky Sall dépasse largement une ambition personnelle. Elle incarne une dynamique plus large : celle d’un continent qui entend renforcer son influence à l’ONU et dans la gouvernance mondiale.
Face à lui, Rafael Grossi avance son expertise internationale. Michelle Bachelet, elle, s’appuie sur un réseau diplomatique solide. Mais le véritable affrontement est ailleurs.
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Une bataille d’influence à l’ONU… invisible mais stratégique
Car ce qui se joue aujourd’hui dépasse les candidatures. C’est une question de normes. De références. De pouvoir.
Dans un système où chaque mot compte, la langue devient un outil stratégique de la diplomatie internationale. Imposer sa langue, c’est imposer ses règles. Imposer ses règles, c’est orienter les décisions mondiales.
Dans les couloirs de New York, un diplomate africain résume la situation en quelques mots : “À l’ONU, la langue que vous parlez décide souvent du pouvoir que vous avez.”
Ce que l’Afrique peut gagner… et tout ce qu’elle risque de perdre
Si un candidat issu du continent, comme Macky Sall, accédait au poste de secrétaire général de l’ONU en 2026, l’impact ne serait pas seulement symbolique.
À gagner, d’abord, une capacité d’orientation dans la gouvernance mondiale. Le secrétaire général de l’ONU fixe des priorités : financement du développement, climat, gestion des crises. Pour l’Afrique, cela pourrait renforcer son influence sur ces dossiers stratégiques.
À gagner aussi, une meilleure représentation dans les circuits internes : recrutements, nominations, circulation de l’information. Autant d’espaces où la diplomatie africaine pourrait peser davantage.
Mais le risque existe. Car le pouvoir du secrétaire général de l’ONU reste encadré par les États membres et les équilibres du Conseil de sécurité.
À perdre, alors, une crédibilité. Si les résultats ne suivent pas, l’effet pourrait se retourner : frustration, désillusion, sentiment d’une occasion manquée. À perdre, aussi, une unité. Car l’Afrique n’est pas un bloc homogène. Entre intérêts nationaux, rivalités régionales et sensibilités linguistiques, parler d’une seule voix reste un défi.
La succession au poste de secrétaire général de l’ONU en 2026 dépasse les profils et les candidatures. Elle révèle une réalité plus profonde : celle d’une bataille d’influence où la langue, la diplomatie et les équilibres géopolitiques redessinent le pouvoir mondial. Et dans ce jeu, l’Afrique pourrait, pour une fois, ne pas être simple spectatrice.


