Devant les représentants des 193 États membres de l’Assemblée générale des Nations unies, l’ancien président sénégalais Macky Sall a conclu ce 22 avril 2026 une audition marathon de trois heures. Candidat de rupture, porté par le Burundi et non par son propre pays, il a défendu une vision audacieuse pour l’avenir de l’organisation, tout en faisant face aux critiques persistantes venues de Dakar.
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Une vision réformatrice portée par l’expérience du pouvoir
Pendant son « grand oral », Macky Sall s’est présenté comme un leader capable de réconcilier les blocs dans un monde de plus en plus fragmenté. S’appuyant sur ses douze années à la tête du Sénégal et ses mandats à la présidence de l’Union africaine, il a plaidé pour une diplomatie préventive renforcée et une rationalisation des structures onusiennes. Pour marquer sa volonté d’équilibre entre le Sud et le Nord, il a d’ores et déjà annoncé que s’il était élu, son adjointe serait une femme issue d’une puissance occidentale. L’ancien chef d’État mise sur sa capacité de dialogue, affirmant que l’épreuve du pouvoir l’a préparé à arbitrer des priorités complexes et à prendre des décisions difficiles pour répondre aux attentes des États membres.
Les revendications de l’Afrique au cœur du plaidoyer
Macky Sall a profité de cette tribune pour porter des exigences africaines historiques, notamment l’attribution de deux sièges permanents pour l’Afrique au Conseil de sécurité. Selon lui, la légitimité de l’organisation dépend de sa capacité à refléter les réalités géopolitiques actuelles. Sur le plan économique, il a estimé que la question de la dette africaine ne pouvait plus être traitée au cas par cas, mais nécessitait un cadre global impliquant les économies avancées et les pays en développement. Cette posture de porte-parole du continent vise à consolider son soutien auprès des pays du Sud, alors qu’il est le seul candidat africain en lice pour succéder à António Guterres.
Un parcours semé d’obstacles diplomatiques et politiques
Malgré son assurance, la candidature de Macky Sall présente des particularités qui pourraient s’avérer être des faiblesses. Il est le seul des quatre prétendants à ne jamais avoir travaillé au sein de l’appareil onusien et, fait rare, sa candidature n’est pas soutenue par le gouvernement sénégalais actuel, mais par le Burundi. Parallèlement, sa légitimité est contestée au Sénégal par des organisations de victimes des violences politiques survenues entre 2021 et 2024, qui ont interpellé l’ONU sur son bilan en matière de droits de l’homme. La suite du processus se jouera cet été au Conseil de sécurité, qui formulera une recommandation décisive avant le vote final de l’Assemblée générale prévu avant la fin de l’année 2026.


