Célébrée en différé ce 21 avril 2026 aux Tours Jumelles de Mpila, la Journée mondiale de la Santé au Congo a pris une dimension particulière cette année. Sous le thème « Unissons-nous pour la santé. Soutenons la science », le gouvernement a choisi de placer les chercheurs et techniciens au cœur de la stratégie nationale, marquant cet engagement par la décoration de près de quatre-vingts cadres et experts de la santé publique.
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Une mobilisation de haut niveau pour soutenir la science
La cérémonie, présidée par le ministre de la Santé et de la Population, Jean-Rosaire Ibara, entouré du représentant de l’OMS, le docteur Vincent Dossou Sodjinou, a servi de rampe de lancement à une campagne annuelle de promotion de la collaboration scientifique. L’objectif affiché est clair : transformer les données factuelles en mesures concrètes pour protéger les populations. Cette édition 2026 met un accent particulier sur l’approche « Une seule santé », un concept global qui lie la santé humaine à celle des animaux, des plantes et de l’environnement pour mieux anticiper les futures menaces épidémiques.
Le ministre Jean-Rosaire Ibara a insisté sur le fait que ces moments de célébration ne sont pas de simples formalités, mais des leviers de mobilisation internationale. Pour le gouvernement congolais, il s’agit de faire le point sur les progrès réalisés tout en identifiant les défis persistants qui nécessitent une implication collective et multisectorielle.
Des avancées sanitaires majeures saluées par l’OMS
Le bilan présenté par le docteur Vincent Dossou Sodjinou témoigne d’une dynamique positive au sein du système de santé congolais. Grâce à l’adoption des résultats de la recherche, le pays affiche des résultats probants : l’élimination de la poliomyélite sauvage est consolidée, tandis que la couverture vaccinale en Penta 3 a bondi de 73 % en 2013 à 84 % en 2025. De même, le succès thérapeutique de la tuberculose atteint désormais 86 %. Ces indicateurs illustrent l’impact direct de la science sur le bien-être des citoyens et justifient l’investissement continu dans les infrastructures de recherche.
La reconnaissance du mérite : des médailles d’or pour les héros de l’ombre
Le point d’orgue de la journée a été la distinction de près de quatre-vingts nominés, recevant les médailles d’or, d’argent et de bronze de l’ordre de la santé publique. Parmi les seize récipiendaires de la médaille d’or, le parcours de Gilbert Mouanda-Mouanda, préfet de Brazzaville, a particulièrement retenu l’attention. Bien que n’étant pas issu du corps médical, son leadership lors des épidémies d’Ebola en 2003 dans la Cuvette-Ouest et de la shigellose dans le Niari, ainsi que son rôle précurseur dans la gratuité de la césarienne, ont été salués comme des actes de bravoure administrative au service de la vie.
Les conférences scientifiques organisées en marge de la célébration ont permis d’approfondir des thématiques cruciales comme l’apport de la recherche en santé publique, les interactions homme-animal dans l’éclosion des épidémies ou encore l’impact du changement climatique sur la santé. En honorant ses cadres, le Congo réaffirme que la science n’est pas une abstraction, mais un rempart indispensable pour construire un avenir plus sain et plus résilient.



