Dans un contexte de déstabilisation sans précédent, le leader de la transition malienne a pris une décision radicale pour tenter de stabiliser un appareil sécuritaire en plein séisme. Le général Assimi Goïta a officiellement repris le portefeuille de la Défense, succédant au colonel Sadio Camara, tué lors d’une vague d’attaques surprises ayant frappé le cœur du pouvoir.
Ce cumul des fonctions de chef de l’État et de ministre de la Défense, annoncé par décret ce lundi 4 mai 2026, est perçu comme une manœuvre de consolidation immédiate alors que son autorité semble de plus en plus contestée par une offensive rebelle et jihadiste de grande ampleur.
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Une reprise en main directe après le choc de l’assassinat de Sadio Camara
Le décès de Sadio Camara, figure centrale de la junte, a provoqué une onde de choc à Bamako. Le ministre a succombé à une attaque au camion piégé, vraisemblablement une opération suicide, visant directement sa résidence près de la capitale. Pour combler ce vide stratégique et tenter de rassurer les troupes, Assimi Goïta sera désormais assisté par le chef d’état-major de l’armée, le général Oumar Diarra, nommé ministre délégué. Cette réorganisation éclair intervient alors que le pays traverse sa pire crise sécuritaire depuis le coup d’État de 2020, avec une alliance entre les rebelles séparatistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) et les jihadistes du Jnim qui multiplie les raids à travers tout le territoire.
Bamako sous pression et recul stratégique dans le Nord
L’offensive lancée le 25 avril a radicalement changé la donne sur le terrain, forçant le retrait des forces maliennes et de leurs alliés paramilitaires russes de la ville stratégique de Kidal. Les insurgés imposent désormais un blocus partiel sur Bamako et d’autres grandes agglomérations, isolant progressivement la capitale du reste du pays. En interne, la méfiance grandit : les autorités ont annoncé l’arrestation de plusieurs soldats, anciens et actifs, soupçonnés de complicité dans la planification et l’exécution de ces attaques. Cette purge au sein de l’armée souligne la fragilité du régime face à une menace qui semble désormais s’infiltrer jusque dans les rangs de la grande muette.
Une riposte régionale face à une menace existentielle
Pour contrer cette progression fulgurante, le Mali s’appuie plus que jamais sur l’Alliance des États du Sahel. Des frappes aériennes conjointes ont été menées avec le concours des forces armées du Niger et du Burkina Faso, quelques heures seulement après le début de l’offensive. Malgré l’expulsion des troupes françaises et le recours massif aux forces russes, de larges portions de la région échappent encore au contrôle gouvernemental. Le défi pour Assimi Goïta, désormais seul maître à bord du navire de la Défense, sera de prouver que cette concentration des pouvoirs peut se traduire par une efficacité opérationnelle sur un front qui ne cesse de s’étendre.



