Une véritable révolution énergétique et industrielle est en train de prendre corps au cœur de l’Afrique centrale. Ce mercredi 27 mai 2026, à l’occasion des prestigieuses Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) organisées à Brazzaville, le gouvernement congolais a officiellement dévoilé sa feuille de route de transformation économique.
Cette offensive de charme s’avère capitale : devant un parterre d’investisseurs internationaux et de partenaires financiers, les autorités ont lancé un appel massif de capitaux pour faire du Congo le hub énergétique et logistique incontournable de la sous-région, soutenu par des investissements colossaux.
Sous l’impulsion de Denis Sassou Nguesso, Anatole Collinet Makosso lance la Journée de l’investissement
Le message de rupture du Président Sassou Nguesso a été porté avec force par le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, lors de la très attendue « Journée de l’investissement du Congo ». Réunissant des institutions financières internationales, des bailleurs de fonds et les acteurs majeurs du secteur privé, cette rencontre de haut niveau a permis à l’exécutif de formaliser le passage « de l’ambition politique à la matérialisation concrète d’une vision de développement ». Le pays refuse désormais d’être un simple spectateur de la croissance continentale et ambitionne de s’imposer comme le véritable laboratoire de l’émergence régionale.
Pour y parvenir, le chef du gouvernement congolais entend capitaliser au maximum sur la position géographique ultra-stratégique du pays et sur l’abondance de ses ressources naturelles. Le plan directeur repose sur la création d’une immense plateforme multimodale capable de relier fluidement tous les marchés d’Afrique centrale. Pour Anatole Collinet Makosso, le déploiement coordonné d’infrastructures routières, ferroviaires, portuaires, numériques et énergétiques constitue la seule clé pour briser l’isolement économique des populations.
Objectif 10 000 MW : Le pari de Bruno Jean Richard Itoua sur le renouvelable
Au centre de toutes les attentions, le secteur énergétique a suscité un engouement immédiat de la part des bailleurs de fonds. Le ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique, Bruno Jean Richard Itoua, a présenté des projets structurants spectaculaires. La feuille de route nationale prévoit de doper de manière agressive la capacité énergétique du pays pour atteindre un premier palier à 3 000 MW dans les prochaines années, avant de culminer à une puissance phénoménale de 10 000 MW à l’horizon 2040.
Pour transformer cette ambition en réalité industrielle, le Congo fait le choix de l’ouverture totale et de la libéralisation. Le pays souhaite s’appuyer massivement sur les producteurs indépendants d’électricité (PIE) pour accélérer le financement des infrastructures. Le mix énergétique congolais ciblera en priorité :
- L’hydroélectricité : Exploiter la puissance exceptionnelle des cours d’eau du bassin national.
- Le solaire et l’éolien : Déployer des parcs d’énergies propres pour diversifier l’approvisionnement.
- Le gaz naturel : Intensifier l’usage du gaz, officiellement considéré comme l’énergie cardinale de transition.
💡 Pourquoi c’est important
En ce mois de mai 2026, l’officialisation de ce plan à Brazzaville démontre que l’Afrique centrale a compris qu’aucune transformation agricole, industrielle ou numérique ne peut exister sans une énergie fiable, abondante et souveraine. Avec son « pacte national énergétique » nécessitant une mobilisation immédiate de plus de deux milliards de dollars, le Congo passe à l’offensive. L’enjeu dépasse les frontières nationales : le projet interconnecté de la « Boucle de l’amitié », soutenu par l’Union européenne et destiné à relier les réseaux électriques du Congo, de l’Angola et de la RDC, va créer un véritable marché commun de l’électricité. En sécurisant la production, le Congo ne règle pas seulement le problème des délestages locaux, il se positionne comme le fournisseur stratégique de ses voisins, attirant dans son sillage les financements concessionnels de la BAD et sécurisant les chaînes logistiques transcontinentales.
Le bouclier financier de la BAD et l’appui stratégique de l’Union européenne
Face à ce cahier des charges ambitieux, les grands partenaires au développement ont immédiatement réaffirmé leur soutien opérationnel. Le Dr Daniel Alexander Schroth, directeur du département des énergies renouvelables à la BAD, a confirmé que le Congo disposait de tous les atouts pour capter l’épargne privée mondiale. Pour accompagner cette transition, l’institution panafricaine va déployer une batterie d’instruments financiers innovants : financements concessionnels, fonds spéciaux dédiés et mécanismes de garantie pour sécuriser les investissements de production et de transport de courant.
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De son côté, l’Union européenne, par la voix de son ambassadrice en République du Congo, Anne Marshall, s’est engagée à parrainer activement le projet transfrontalier de la « Boucle de l’amitié ». L’UE met l’accent sur l’amélioration de la gouvernance du secteur et la recherche énergétique sous-régionale. Ce grand réseau interconnecté s’accompagnera parallèlement du développement de corridors logistiques multimodaux (fluvial, maritime, ferroviaire) et d’infrastructures numériques de pointe, incluant de nouveaux centres de données et des plateformes de paiement digital pour matérialiser l’intégration régionale.
La trajectoire audacieuse initiée par Anatole Collinet Makosso et Bruno Jean Richard Itoua lors de ces Assemblées de la BAD jette les bases d’une indépendance économique totale pour l’Afrique centrale. En connectant le Pacte national énergétique aux financements de la BAD et à l’ingénierie de l’Union européenne, le Congo cesse d’attendre le développement pour le produire lui-même. Reste désormais à savoir si le cadre juridique national saura rassurer assez rapidement les producteurs indépendants d’électricité pour lancer les premiers chantiers d’envergure avant la fin de l’année, et si la coopération interétatique entre Luanda, Kinshasa et Brazzaville résistera aux réalités géopolitiques du terrain.



