Organisé à Brazzaville, le premier Forum départemental des PME a dévoilé les réformes réglementaires majeures et le dispositif financier de l’État pour propulser les entrepreneurs congolais à l’assaut d’un marché unique de plus d’un milliard de consommateurs.
Ce samedi 11 juillet 2026, à Brazzaville, le représentant du directeur général des PME, Sorell Vlade Gambou, aux côtés du directeur départemental Didane Ngafoula Ganao et du conseiller ministériel Dominique Mberi, a ouvert le tout premier Forum départemental des Petites et moyennes entreprises (PME) et de la compétitivité, une initiative de rupture articulée autour du défi de l’intégration du secteur privé national dans la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlécaf). Cet événement stratégique s’avère d’une importance capitale pour l’économie nationale : alors que les PME constituent plus de 80% du tissu entrepreneurial congolais et s’imposent comme les moteurs exclusifs de la création d’emplois, leur mise aux normes immédiate représente l’unique condition pour capter une part des 450 milliards de dollars de revenus supplémentaires promis par ce marché continental d’ici 2035, évitant ainsi qu’une ouverture frontalière non préparée ne transforme cette opportunité historique en une menace destructrice pour la production locale.
Le boom de la création d’entreprises à Brazzaville : Un écosystème public boosté à 72 heures chrono
Pour soutenir cette course à la compétitivité, le gouvernement congolais a dévoilé un écosystème d’accompagnement profondément modernisé. Sorell Vlade Gambou a notamment mis en avant la performance spectaculaire de l’Agence pour la création des entreprises, qui a enregistré l’enregistrement de 5 827 nouvelles structures au cours de l’année 2025, grâce à la réduction drastique des délais administratifs à un record historique de seulement 72 heures. Ce dynamisme est soutenu sur le terrain par l’Agence des PME pour le renforcement des capacités techniques et par le FIGA (Fonds d’impulsion, de garantie et d’accompagnement), spécialement calibré pour briser le verrou de l’accès aux crédits.
La Zlécaf ne doit plus être perçue comme un simple accord de libre-échange de marchandises, mais comme un accélérateur d’inclusion sociale. Prenant la parole, Dominique Mberi a rappelé que ce projet d’intégration, déjà ratifié par 47 pays, intègre des protocoles révolutionnaires dédiés aux femmes et aux jeunes entrepreneurs. L’objectif stratégique de Brazzaville est clair : cesser d’être un simple État participant passif pour devenir un acteur offensif et responsable, capable de tirer profit d’un marché qui ambitionne de sortir 30 millions d’Africains de l’extrême pauvreté.
Le sésame de la norme « Asso » : Le passeport obligatoire pour exporter sans frontières
La conquête du marché continental impose cependant une discipline industrielle de fer, résumée par un panel hautement stratégique dédié à la normalisation. L’Agence congolaise de normalisation et de la qualité (Aconoq) a rappelé aux centaines de chefs d’entreprises présents la règle d’or de l’espace douanier unique : « un produit, une norme, un certificat ». Développé par l’Organisme africain de normalisation, le certificat unique « Asso » devient le sésame juridique obligatoire, valable dans les 53 pays membres, indispensable pour protéger la propriété intellectuelle et valoriser le savoir-faire congolais face à la concurrence est-africaine ou maghrébine.
Le second grand défi débattu lors de ce forum concerne le financement du secteur informel, qui freine encore la mise à niveau des jeunes porteurs de projets. Constatant la frilosité des banques traditionnelles face aux entrepreneurs dépourvus de garanties matérielles, les experts ont exhorté les PME à structurer leur gouvernance et à exploiter des mécanismes alternatifs crédibles. Les réseaux d’accompagnement, les prêts d’honneur et la modernisation des tontines d’affaires ont été plébiscités comme des leviers transitoires indispensables pour formaliser les structures avant de prétendre aux financements d’envergure internationale.

POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois de juillet 2026, la tenue de ce premier forum des PME à Brazzaville est capitale car elle sonne la fin de l’insouciance réglementaire pour le secteur privé congolais face au rouleau compresseur de la Zlécaf. Continuer à produire selon des normes purement locales sans certification internationale condamnerait nos 80% de PME à une faillite inévitable, submergées par des produits importés moins chers et déjà certifiés par les autres géants du continent.
Réussir la mise à niveau de nos entreprises est un enjeu de souveraineté économique, de création d’emplois et de résilience industrielle absolue pour la période 2026-2031. Si l’administration publique, l’Aconoq et le FIGA ne parviennent pas à massifier la certification « Asso » auprès des 5 827 nouvelles entreprises d’ici la fin de l’année 2026, le marché commun africain se transformera en un piège économique majeur pour le Congo. C’est un signal d’alarme : la volonté politique doit immédiatement se traduire par des subventions directes à la qualité pour que nos entrepreneurs deviennent des conquérants et non les victimes de l’intégration régionale.
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L’entrepreneuriat congolais à l’aube d’un choc de compétitivité : Succès historique ou invasion commerciale ?
La détermination affichée par les visages de cette jeunesse entrepreneuriale brazzavilloise, avide de démontrer la valeur du « Made in Congo » et de protéger son savoir-faire local, suscite une profonde vague d’émotion et de patriotisme économique à travers le pays, rappelant que l’avenir industriel du Congo repose sur l’audace de ses créateurs. Ce virage stratégique de juillet 2026 projette le commerce national vers des horizons de croissance majeurs à l’horizon 2031, installant la culture de la qualité au centre des priorités de l’État. Les structures publiques d’accompagnement sont opérationnelles et le cadre douanier de la Zlécaf est validé par 47 nations, mais la capacité réelle de nos PME informelles à franchir le pas de la certification obligatoire ouvre un immense débat économique.
Dès lors, face aux exigences strictes de l’Organisme africain de normalisation, le gouvernement parviendra-t-il d’ici la fin de l’année 2026 à financer intégralement les coûts de certification pour les jeunes entrepreneurs de nos départements afin de les lancer à armes égales sur le marché continental ? Les banques de la place accepteront-elles enfin de s’allier au FIGA pour prêter aux projets innovants sans exiger de garanties immobilières excessives, ou le secteur privé congolais restera-t-il marginalisé au profit des économies africaines plus agressives ? Le débat sur la mise à niveau de notre économie est totalement ouvert à Brazzaville, l’ambition des chefs d’entreprises est à son paroxysme, et la suite de cette transition commerciale va continuer de retenir toute notre attention.



