De la Zambie au Kenya, la devise chinoise gagne du terrain dans le règlement des dettes, de la fiscalité et du commerce transfrontalier. Face au duel entre le dollar et le yuan, les dirigeants africains sont appelés à bâtir leur propre autonomie financière continentale.
Ce mercredi 26 août 2026, la transformation de l’architecture financière internationale s’accélère sur le continent africain. Longtemps dominé par l’hégémonie du dollar américain pour les transactions internationales, le paysage monétaire africain enregistre la montée en puissance méthodique du yuan chinois. Dans les secteurs stratégiques du commerce, de la fiscalité minière, du service de la dette et des règlements transfrontaliers, la monnaie de Pékin s’impose progressivement comme une alternative opérationnelle au billet vert.
Cette expansion se traduit par des actes concrets à travers le continent. En Zambie, les entreprises minières chinoises sont désormais autorisées à régler certaines taxes et royalties directement en yuans. Au Kenya, une partie substantielle des créances liées aux infrastructures ferroviaires a été convertie du dollar vers la devise chinoise. En Angola, le secteur bancaire prépare son intégration au système chinois de paiements transfrontaliers (CIPS), tandis que le géant bancaire Standard Bank permet déjà d’effectuer des règlements en yuans dans dix-neuf pays africains.
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Réduire l’exposition au dollar : L’argument commercial comme vecteur d’influence
Premier partenaire commercial du continent, la Chine fournit l’Afrique en équipements industriels, machines et biens manufacturés, tout en important massivement du pétrole, du cuivre, du cobalt et du lithium. Pour Pékin, imposer le règlement direct de ces transactions en yuans permet d’éliminer les frais de conversion systématique en dollars et de soustraire les échanges sino-africains aux contraintes et sanctions du système financier dominé par Washington.
Toutefois, pour les gouvernements africains, cette évolution soulève un dilemme stratégique majeur. Si l’usage du yuan offre une opportunité bienvenue de diversifier les devises de réserve et d’alléger la pression sur le dollar, remplacer une dépendance occidentale par une dépendance chinoise ne saurait constituer une véritable souveraineté monétaire. Le yuan demeurant étroitement contrôlé par la Banque populaire de Chine et soumis aux orientations politiques de Pékin, l’Afrique risque de déplacer le centre de sa vulnérabilité financière.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois d’août 2026, la progression méthodique du yuan en Afrique est fondamentale car elle remet en cause l’hégémonie historique du dollar américain dans les échanges mondiaux. Analyser cette mutation sous un angle purement bancaire serait une erreur de perspective : l’utilisation croissante de la monnaie chinoise constitue un instrument direct d’influence géopolitique et financière pour Pékin.
Diversifier les monnaies de réserve, sécuriser les circuits de paiement transfrontaliers et accélérer l’intégration financière continentale sont des enjeux de souveraineté monétaire, de compétitivité commerciale et d’autonomie économique absolus pour la période 2026-2030.
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Bâtir une véritable souveraineté financière et monétaire africaine
La poussée de la monnaie chinoise met en lumière la fragilité persistance des mécanismes de paiement intra-africains et la dépendance du continent envers les devises extérieures pour coter ses propres matières premières.
Pour la période 2026-2030, la priorité des dirigeants et des banques centrales d’Afrique consistera à renforcer les systèmes de paiement régionaux, à promouvoir le règlement des échanges en monnaies nationales au sein de la ZLÉCAF et à structurer des plateformes financières capables de garantir une indépendance réelle face aux rivalités entre grandes puissances.
L’essor du yuan en ce milieu d’année 2026 agit comme un révélateur : l’Afrique doit rapidement construire ses propres instruments financiers pour devenir maîtresse de sa trajectoire économique.



