Adoptée par l’Assemblée nationale et le Sénat en ce début septembre 2026, la proposition de loi sur la santé sexuelle et reproductive portée par le député Exaucé Ngambili Ibam ouvre la voie à l’avortement médicalisé en cas de viol, d’inceste ou de danger vital pour la mère. Une retranscription du Protocole de Maputo qui renforce la loi Mouebara et cible directement le fléau des avortements clandestins.
Ce jeudi 3 septembre 2026, l’arsenal législatif de la République du Congo enregistre une évolution historique en matière de droits fondamentaux et de santé publique. À l’issue des récentes sessions administratives, les deux chambres du Parlement — l’Assemblée nationale et le Sénat — ont voté en faveur de la proposition de loi relative à la santé sexuelle et reproductive chez la femme. Porté par le député Exaucé Ngambili Ibam, ce texte législatif majeur, une fois promulgué par le président de la République, autorisera pour la première fois de manière formelle le recours à l’interruption volontaire de grossesse médicalisée sous des conditions strictement définies.
Cette réforme répond à un impératif sanitaire urgent : endiguer la pratique des avortements clandestins, identifiée comme l’une des causes majeures et évitables de mortalité maternelle à travers le pays. Le texte s’inscrit en droite ligne des engagements internationaux pris par l’État congolais, traduisant dans le droit positif national les dispositions du Protocole de Maputo relatif aux droits des femmes en Afrique.
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Un accès strictement encadré et soumis à expertise médicale
Loin de constituer une libéralisation générale de l’avortement, la loi encadre cette pratique dans un cadre thérapeutique et judiciaire rigoureux. Comme l’a précisé le député rapporteur, l’interruption volontaire de grossesse demeure interdite en règle générale, mais bénéficiera désormais d’exceptions légales reconnues lorsque la poursuite de la grossesse compromet gravement la vie ou la santé de la femme, met en péril la viabilité du fœtus, ou résulte directement d’un viol ou d’une agression incestueuse.
L’accès à ce service de santé sera subordonné à des enquêtes préalables et à l’intervention exclusive de spécialistes de santé dûment habilités au sein de structures sanitaires agréées. Les futurs décrets d’application viendront déterminer précisément les profils des praticiens autorisés, les protocoles cliniques requis ainsi que la tarification des actes, l’État s’engageant à mobiliser des dotations budgétaires spécifiques avec l’appui de partenaires internationaux tels que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’UNICEF.
Un jalon pour consolider la protection des femmes aux côtés de la loi Mouebara
Cette nouvelle avancée législative vient compléter un édifice juridique national en pleine consolidation, s’articulant harmonieusement avec la loi portant lutte contre les violences faites aux femmes, dite loi Mouebara. En reconnaissant aux survivantes d’agressions sexuelles le droit fondamental de ne pas subir une maternité imposée par la contrainte, le législateur congolais dote les cours et tribunaux, ainsi que le corps médical, d’une couverture juridique indispensable pour protéger la dignité des victimes.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois de septembre 2026, le vote de cette proposition de loi par le Parlement congolais est fondamental car il brise un tabou institutionnel pour répondre à une urgence de santé publique ignorée depuis trop longtemps. Analyser ce texte comme une banalisation de l’avortement serait une erreur de perspective : autoriser l’interruption médicale de grossesse dans les situations de viol, d’inceste ou de pronostic vital engagé sauve directement la vie de centaines de femmes exposées aux ravages des avortements clandestins.
Définir des protocoles hospitaliers sécurisés, allouer les budgets publics nécessaires et sensibiliser les communautés à la protection de la santé reproductive sont des enjeux de dignité féminine, de justice sociale et de réduction de la mortalité maternelle absolus pour la période 2026-2030.
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Vers la mise en œuvre clinique et la formation des soignants
L’étape déterminante réside désormais dans la promulgation du texte et la publication rapide des textes d’application encadrant les conditions techniques de délivrance des soins.
Pour la période 2026-2030, la formation des praticiens hospitaliers, l’équipement des maternités de référence dans les départements et l’intégration des protocoles de prise en charge psychologique des victimes de violences permettront de rendre effectif ce droit à la santé reproductive sur l’ensemble du territoire national.
Le pas franchi à Brazzaville en ce début septembre 2026 consacre la volonté de l’État d’allier conformité aux traités internationaux et protection concrète de la vie des mères de famille.



