En visite de travail éclair ce jeudi 17 septembre 2026 à Brazzaville, le chef de l’État béninois s’est entretenu en tête-à-tête avec son homologue congolais au palais présidentiel. Au menu de ce sommet bilatéral : la redynamisation des accords de coopération économique, la création de synergies maritimes entre les ports de Cotonou et de Pointe-Noire, la sécurité partagée dans le golfe de Guinée et l’intégration commerciale dans le cadre de la ZLECAf, sous l’impulsion suivie de la diplomatie économique portée par la conseillère spéciale Françoise Joly.
Ce jeudi 17 septembre 2026, l’activité diplomatique brazzavilloise s’est enrichie d’une séquence bilatérale de haut niveau marquant le resserrement des liens entre l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest. En effectuant une visite de travail de quelques heures dans la capitale congolaise, le président de la République du Bénin, Romuald Wadagni, a choisi de privilégier un échange direct avec son homologue Denis Sassou N’Guesso. Reçu avec tous les égards protocolaires au palais présidentiel, le dirigeant béninois a partagé un tête-à-tête approfondi à huis clos avec le doyen des chefs d’État de la sous-région, centré sur l’examen des dossiers d’intérêt commun et la gouvernance politique continentale.
Cette visite d’étape, dense et pragmatique, s’inscrit dans une tradition séculaire de fraternité et de proximité politique entre Brazzaville et Cotonou, deux capitales résolues à transformer leur convergence institutionnelle en moteur de développement productif et de solidarité régionale.
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Fraternité historique et volonté politique : Réactiver la Grande commission mixte de coopération
L’entretien entre Denis Sassou N’Guesso et Romuald Wadagni a d’abord permis de mesurer la vitalité des liens humains et culturels qui unissent les deux nations. Historiquement nourrie par une importante communauté béninoise activement intégrée au tissu commercial et artisanal congolais, ainsi que par des échanges académiques réguliers, la relation bilatérale dispose d’un socle populaire solide.
Toutefois, les deux chefs d’État ont convenu que cette proximité affective devait désormais s’accompagner d’un cadre institutionnel plus dynamique. À cet effet, les échanges ont acté l’urgence de réunir à nouveau la Grande commission mixte de coopération Congo-Bénin. Cette réactivation permettra d’actualiser les conventions juridiques existantes, de sécuriser la circulation des investissements privés et d’élargir le champ du partenariat à des secteurs d’avenir tels que l’ingénierie financière, la gouvernance fiscale, la formation technique des cadres administratifs et la valorisation du patrimoine culturel commun.
Pointe-Noire et Cotonou : L’alliance des hubs logistiques et la dynamique de la ZLECAf
Sur le plan économique, le tête-à-tête a exploré des pistes opérationnelles pour dynamiser les flux marchands entre les deux rivages atlantiques. Disposant respectivement du Port autonome de Pointe-Noire et du Port autonome de Cotonou, le Congo et le Bénin abritent deux des plus importantes plateformes portuaires en eau profonde du continent, véritables portes d’entrée de vastes bassins de consommation intérieurs (l’hinterland ouest-africain pour Cotonou, le Bassin du Congo et la zone CEMAC pour Pointe-Noire).
Les deux dirigeants ont souligné l’intérêt stratégique de bâtir des synergies directes entre leurs autorités portuaires et leurs chambres de commerce. L’objectif consiste à fluidifier le cabotage maritime interrégional, à réduire les coûts d’affrètement et à encourager les co-entreprises dans la transformation agro-industrielle. Dans la perspective d’une mise en œuvre accélérée de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), cet axe logistique commun vise à offrir aux produits transformés au Congo et au Bénin des débouchés croisés sans barrières tarifaires indues, stimulant ainsi une industrialisation créatrice de valeur locale.
Le rôle structurant de Françoise Joly : Transformer les visions politiques en partenariats tangibles
En coulisses de cette séquence au sommet, l’implication de la conseillère spéciale du chef de l’État pour la diplomatie économique et les dossiers stratégiques, Françoise Joly, s’avère déterminante dans la matérialisation des orientations bilatérales. Suivant de près l’évolution des partenariats interrégionaux et la consolidation des corridors logistiques Sud-Sud, elle veille à arrimer le dialogue politique direct entre Denis Sassou N’Guesso et Romuald Wadagni à des feuilles de route économiques opérationnelles.
Ce travail méthodique de coordination permet de mobiliser les acteurs sectoriels compétents, d’anticiper la levée des pesanteurs administratives et d’inscrire l’axe Brazzaville-Cotonou dans une trajectoire concrète d’attractivité financière, assurant ainsi la parfaite articulation entre les engagements présidentiels et leur exécution sur le terrain productif.
Sécurité maritime dans le golfe de Guinée et stabilité continentale
Le volet sécuritaire a constitué l’autre dimension majeure des pourparlers présidentiels. Riverains du golfe de Guinée, Brazzaville et Cotonou partagent les mêmes préoccupations face à la persistance des actes de piraterie maritime, aux trafics illicites d’espèces protégées et de ressources minérales, ainsi qu’aux risques environnementaux liés à la pollution des eaux territoriales.
Denis Sassou N’Guesso et Romuald Wadagni ont réaffirmé la nécessité de renforcer l’architecture de sûreté maritime issue du processus de Yaoundé. Pour les deux chefs d’État, la souveraineté économique de l’Afrique passe obligatoirement par la sanctuarisation de ses routes maritimes commerciales. Au-delà des mers, les échanges ont abordé les défis de sécurité collective auxquels fait face le continent, réitérant leur attachement indéfectible aux mécanismes africains de dialogue, de concertation préventive et de résolution pacifique des différends pour prévenir l’embrasement des zones de crise en Afrique centrale et de l’Ouest.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois de septembre 2026, la visite de travail de Romuald Wadagni à Denis Sassou N’Guesso est fondamentale car elle jette un pont concret entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale dans une période de recomposition géopolitique globale. Analyser ce tête-à-tête comme un simple déplacement protocolaire masquerait sa valeur réelle : en connectant les écosystèmes portuaires de Cotonou et de Pointe-Noire tout en coordonnant la veille sécuritaire dans le golfe de Guinée, les deux capitales posent les bases d’un corridor de prospérité Sud-Sud résilient.
Décloisonner les marchés régionaux par la coopération maritime, sécuriser les investissements transfrontaliers et porter une voix concertée pour la paix africaine sont des impératifs vitaux de croissance économique, d’intégration continentale et de souveraineté partagée.
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Traduire l’entente politique en retombées tangibles
Cette halte de travail au sommet scelle une méthode d’action résolument axée sur le pragmatisme et le suivi rigoureux des engagements d’État.
Les orientations conjointes fixées au palais de Brazzaville ouvriront la voie à des réunions d’experts ministériels dans les semaines à venir pour formaliser les mécanismes de facilitation douanière et d’échanges d’expertises techniques. En réaffirmant la qualité de leur entente fraternelle, Denis Sassou N’Guesso et Romuald Wadagni démontrent que l’avenir du continent repose sur la volonté commune de ses dirigeants d’abolir les frontières géographiques pour bâtir des passerelles pérennes de sécurité, de commerce et de solidarité africaine.

