Organisée du 24 au 26 septembre 2026 à la librairie Les Manguiers des Dépêches de Brazzaville, la neuvième édition de la Rentrée littéraire du Congo (Relico) a réuni auteurs, universitaires et acteurs du livre autour du thème « Le livre, portes ouvertes vers le monde ». Placée sous le haut patronage du ministre Jean-Claude Gakosso, représenté par le directeur général du Livre et de la Lecture publique, le Pr Bellarmin Etienne Iloki, et portée par le président du PEN Centre Congo, Florent Sogni Zaou, cette manifestation a exalté l’héritage pionnier de Jean Malonga tout en plaidant pour l’intégration pleine et entière des industries culturelles et créatives dans les moteurs de diversification de l’économie nationale.
Ce samedi 26 septembre 2026, la capitale congolaise a refermé les portes d’un grand banquet intellectuel dédié à la vitalité des belles-lettres et à la valorisation de la pensée nationale. Durant trois journées d’échanges denses et passionnés, la librairie Les Manguiers, vitrine littéraire des Dépêches de Brazzaville, a constitué le sanctuaire d’une réflexion chorale consacrée à l’état des lieux et aux horizons de la littérature congolaise. Initiée sous le patronage du ministère de la Culture, des Arts, du Patrimoine national et de l’Industrie touristique, cette neuvième édition de la Relico s’est déployée sous le mot d’ordre fédérateur « Le livre, portes ouvertes vers le monde », confirmant le rôle cardinal des écrivains dans le dialogue des civilisations et la construction de l’imaginaire républicain.
L’ouverture des travaux par le directeur général du Livre et de la Lecture publique, le professeur Bellarmin Etienne Iloki, représentant le ministre d’État Jean-Claude Gakosso, a conféré à cette grand-messe littéraire un engagement institutionnel manifeste. À l’heure où le gouvernement engage la révision de ses grands équilibres stratégiques, les débats de la Relico ont démontré que le secteur du livre ne saurait demeurer un simple ornement d’apparat, mais s’affirme comme un levier prioritaire de cohésion sociale, d’éducation citoyenne et de souveraineté culturelle.
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L’ancrage historique du PEN Congo et la lignée tutélaire de Jean Malonga
Dans son allocution inaugurale ponctuée par la verve artistique de l’animateur Fortuné Bateza, le président du PEN Centre Congo Brazzaville, Florent Sogni Zaou, a retracé la généalogie d’une aventure associative et intellectuelle entamée en 2017. Rattachée à l’illustre communauté du PEN International — institution séculaire fondée en 1921 fédérant cent quarante-six représentations dans une centaine de nations —, la branche congolaise s’est donnée pour vocation de rassembler sans exclusive poètes, essayistes et romanciers autour d’un même dessein d’expression libre et d’excellence formelle. Rappelant le soutien initial accordé par l’ancien ministre Dieudonné Moyongo dès le premier cru à la Librairie nationale, Florent Sogni Zaou a salué la fidélité de la communauté des lettres de Brazzaville, de Pointe-Noire, des provinces et de la diaspora, dont l’engagement soutenu a permis d’enraciner la Relico dans le paysage culturel d’Afrique centrale.
Cette fidélité à la mémoire créatrice s’incarne avec force dans le Grand prix Jean-Malonga, institué dès la deuxième édition pour honorer la figure du père fondateur de la prose romanesque congolaise moderne. Auteur magistral de Cœur d’Aryenne et de La légende de M’Pfoumou Ma Mazono, Jean Malonga a tracé une voie souveraine dans laquelle se sont inscrits les lauréats successifs du prix, depuis le ministre d’État Henri Djombo en 2018 jusqu’aux récipiendaires récents, parmi lesquels le ministre Juste Désiré Mondelé, le professeur Louis Bakabadio ou encore Ferréol Gassackys, Émile Gankama et Étienne Perez Epagna. En sanctifiant cette lignée, les organisateurs rappellent que la littérature nationale puise sa sève dans un dialogue intergénérationnel ininterrompu où la mémoire des anciens nourrit l’audace créatrice des cadets.
L’arsenal juridique et le plaidoyer économique : Les industries créatives au cœur de la relance
S’exprimant au nom de la tutelle ministérielle, le professeur Bellarmin Etienne Iloki a situé cette neuvième édition au confluent des impératifs régaliens du département de la Culture. L’organisation de la Relico prend appui sur un ancrage normatif robuste, en l’occurrence l’arrêté ministériel du 26 octobre 2010 instaurant un cadre permanent d’émulation créative, d’échanges d’expériences professionnelles et de promotion systématique de la lecture publique à travers le territoire national. Dans une période où les autorités entendent démocratiser l’accès aux bibliothèques dans l’ensemble des départements, la manifestation littéraire concourt directement à structurer un réseau de diffusion du savoir capable de toucher l’ensemble de la jeunesse scolarisée.
Cette approche administrative s’est enrichie d’une dimension économique novatrice lors des tables rondes thématiques introduites par la leçon inaugurale de Rosin Loemba. Dans une communication fort remarquée, le chercheur Parfait Mbon a livré un vibrant plaidoyer en faveur de l’intégration stratégique des industries culturelles et créatives dans les niches prioritaires de l’économie congolaise. Les intervenants ont unanimement souligné que la chaîne du livre — de la papeterie à l’imprimerie moderne, de l’édition numérique à la distribution en librairie — recèle des gisements considérables d’emplois qualifiés et de valeur ajoutée locale, susceptibles de diversifier les rentrées fiscales du Trésor public tout en réduisant la coûteuse dépendance aux manuels importés d’outre-mer.
Vitalité des écritures et ferveur collective : Le dialogue fécond des œuvres nationales
Les panels scientifiques et critiques ont par la suite offert une tribune vivante aux productions littéraires récentes, témoignant du foisonnement stylistique des plumes congolaises. Sous la modération de Fidèle Biakoro, les congressistes ont exploré la portée morale des textes d’Étienne Perez Epagna avec Les enseignements de l’éléphant et l’intensité dramatique du Temps des remords de Sylvain Elenga. Cette première tribune a trouvé son prolongement dans un second atelier conduit par les modérateurs Willy Gom et Balthazar Obambé, mettant en lumière la polyphonie des œuvres de Lewa-Let Mandah, Pierre Kéane Namouna, Marcel Mpama et James Bangala, dont les récits sondent les fractures intimes de la société contemporaine et les quêtes d’émancipation de la jeunesse urbaine.
Marquée par une intense minute de silence empreinte de ferveur républicaine en mémoire de l’écrivain disparu Ulrich Bakoumissa, la rencontre a scellé une coopération éditoriale exemplaire entre le PEN Congo et ses partenaires de terrain, notamment l’Association culture Elongo, La Case du mwené, les Éditions et librairie ASD, l’Agence d’information d’Afrique centrale et la plateforme Pages infos. En unissant la rigueur de l’analyse critique à l’exposition physique des ouvrages en plein cœur de Brazzaville, la Relico 2026 a réconcilié les auteurs avec leur public naturel, rappelant que l’écriture demeure le plus puissant miroir de l’âme d’un peuple.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois de septembre 2026, la tenue de la neuvième édition de la Relico à Brazzaville est fondamentale car aucune transformation macroéconomique ne peut aboutir sans une solide armature culturelle et intellectuelle. Analyser un rassemblement d’écrivains comme un simple salon corporatiste masquerait son rôle civique d’avant-garde : dans un monde saturé par l’immédiateté numérique et les flux d’informations non vérifiées, le livre demeure le rempart suprême pour cultiver l’esprit critique, préserver la mémoire historique nationale et forger la conscience républicaine de la jeunesse.
Fédérer les créateurs autour du PEN Congo, structurer une véritable filière industrielle du livre par l’application des textes juridiques et valoriser les maîtres pionniers comme Jean Malonga sont des conditions impératives de souveraineté culturelle, de rayonnement diplomatique et de transmission patrimoniale pour la République du Congo.
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Du manifeste de Brazzaville à la conquête des publics continentaux
La clôture solennelle intervenue ce samedi 26 septembre consacre le statut de la Relico comme le grand baromètre des lettres congolaises contemporaines.
Les résolutions arrêtées lors de ces trois journées d’étude tracent la feuille de route vers la dixième édition anniversaire de 2027, qui devra marquer l’élargissement de ces rencontres vers les chefs-lieux départementaux de l’hinterland et les capitales de l’espace CEMAC. En démontrant la vitalité inépuisable de ses essayistes, poètes et éditeurs, le Congo réaffirme son rang historique de carrefour intellectuel de l’Afrique équatoriale, prouvant que par la puissance de ses livres, la nation continue de dialoguer d’égal à égal avec le reste du monde.



