Réunissant dignitaires religieux de toutes confessions, autorités municipales et riverains ce vendredi 9 octobre 2026 sur le parvis de la basilique Sainte-Anne du Congo, la commémoration des 115 ans du troisième arrondissement de Brazzaville a marqué les esprits. Initiée par le député Ferréol Constant Patrick Gassakys, président du comité d’organisation, cette célébration œcuménique placée sous le thème « Poto-Poto, carrefour de fraternité : unissons nos voix pour la paix et bâtissons ensemble notre avenir » a réaffirmé l’identité singulière de ce creuset cosmopolite fondé en 1911. Portée par la prédication de l’abbé Jack Harold Nkodia exhortant à bâtir des ponts plutôt que des murs, cette tribune spirituelle consacre le vivre-ensemble comme socle intangible de la cohésion républicaine.
Ce lundi 12 octobre 2026, l’histoire urbaine et populaire de Brazzaville vibre encore des échos d’une ferveur collective exceptionnelle. Vendredi 9 octobre, l’esplanade de la majestueuse basilique Sainte-Anne du Congo — chef-d’œuvre architectural et cœur battant de la cité — a servi d’écrin au lancement solennel des festivités commémorant les cent quinze ans d’existence de Poto-Poto. À l’appel du député de la troisième circonscription électorale de l’arrondissement, Ferréol Constant Patrick Gassakys, les représentants des différentes confessions chrétiennes, musulmanes et des communautés spirituelles établies dans le quartier se sont rassemblés aux côtés des filles et fils du terroir pour un culte interreligieux inédit.
Loin d’un simple hommage protocolaire, ce rassemblement spirituel a transcendé les appartenances dogmatiques pour porter une supplique unanime : sanctuariser la paix civile, affermir la concorde citoyenne et conjurer les replis identitaires au sein du plus célèbre faubourg de la capitale congolaise.
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L’appel de l’abbé Jack Harold Nkodia : Bâtir des ponts et dépasser les barrières coutumières
Dans son homélie œcuménique, l’abbé Jack Harold Nkodia a livré une méditation théologique et civique à forte résonance morale. S’appuyant sur les textes canoniques de saint Jean (chapitre 13, versets 34-35) et de saint Luc (chapitre 10, versets 27-35), le religieux a rappelé que la loi suprême repose sur l’amour inconditionnel du prochain et la reconnaissance de la dignité humaine comme reflet inaltérable de la ressemblance divine. Décomposant la devise du jubilé, l’officiant a articulé son message autour d’un triptyque indissociable : la fraternité qui relie, la paix véritable qui protège et l’avenir partagé qui engage la responsabilité de tous.
Martelant que Dieu invite les croyants à poser des actes concrets de cohésion, l’abbé Nkodia a exhorté l’assistance à faire tomber les cloisons invisibles qui fragmentent le corps social. L’officiant a solennellement appelé les habitants de Poto-Poto et, à travers eux, l’ensemble du peuple congolais, à mettre de côté les pesanteurs coutumières rétrogrades, les préjugés familiaux et les corporatismes partisans afin de faire triompher l’intérêt supérieur de la nation et de léguer aux générations futures un Congo plus solidaire et pacifié.
Le manifeste de Ferréol Gassakys : Poto-Poto, laboratoire historique du vivre-ensemble
Prenant la parole en sa qualité de député et de président du comité d’organisation des festivités de ce 115e anniversaire, Ferréol Constant Patrick Gassakys a replacé la manifestation dans sa juste perspective mémorielle et sociologique. Né sous l’administration coloniale en 1911 pour accueillir les travailleurs des chantiers et les commerçants de tous horizons, Poto-Poto s’est imposé au fil des décennies comme bien plus qu’un simple périmètre administratif : une mosaïque humaine pionnière où des générations d’immigrés, d’artisans, d’artistes et de fonctionnaires ont forgé une culture unique de coexistence pacifique.
Le parlementaire a rappelé que la force de cet arrondissement réside précisément dans sa capacité à faire de sa diversité une richesse féconde. De la célèbre École de peinture de Poto-Poto aux mythiques dancings qui ont vu fleurir la rumba congolaise, en passant par les étals marchands où se côtoient paisiblement ressortissants d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique centrale et Congolais de toutes les régions, Poto-Poto demeure le carrefour vivant où les différences de croyance et d’origine s’effacent devant le devoir absolu de fraternité et de respect mutuel.
Sainte-Anne du Congo : Le sanctuaire républicain des grandes convergences
Le choix de l’esplanade de la basilique Sainte-Anne pour abriter ce dialogue interconfessionnel revêt une charge symbolique majeure. Monument historique classé dont la toiture en écailles vertes et les voûtes élancées dominent le tissu urbain de Poto-Poto, la basilique incarne le lieu de mémoire par excellence où l’histoire coloniale, la résistance de la France libre et les espoirs de la République du Congo se sont entremêlés.
En rassemblant sous ses arcades des imams aux côtés de pasteurs évangéliques, de prêtres catholiques et de représentants d’Églises de réveil, les organisateurs ont démontré que l’esprit de Sainte-Anne demeure un catalyseur de concorde. À l’heure où les tensions économiques et les mutations urbaines exercent des pressions sur la jeunesse des quartiers populaires, cette liturgie partagée adresse un signal puissant aux populations : Poto-Poto refuse d’être le terreau de la division et revendique avec fierté son statut de sentinelle de la cohésion nationale.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois d’octobre 2026, la célébration des 115 ans de Poto-Poto par un culte interreligieux sur l’esplanade de Sainte-Anne est fondamentale car elle rappelle que la stabilité d’une nation repose avant tout sur la solidité du pacte républicain au sein de ses quartiers populaires. Réduire cet anniversaire à une simple séquence de prières masquerait son enjeu civique et politique : dans un monde confronté aux replis identitaires, Poto-Poto prouve depuis 1911 que la diversité ethnique et religieuse constitue un puissant moteur d’intégration et de création culturelle.
Faire dialoguer toutes les confessions sous l’impulsion du député Ferréol Constant Patrick Gassakys, réaffirmer l’impératif moral de bâtir des ponts prôné par l’abbé Jack Harold Nkodia et sanctuariser la mémoire de ce carrefour mythique de Brazzaville sont des impératifs vitaux pour conjurer les fractures sociales, préserver la paix civile et insuffler l’espérance à la jeunesse congolaise.
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Du jubilé séculaire aux chantiers d’avenir du 3e arrondissement
L’office interreligieux du 9 octobre marque le coup d’envoi d’une série de manifestations socioculturelles destinées à rythmer le jubilé des 115 ans de Poto-Poto au cours des prochaines semaines.
La réussite de ces célébrations devra désormais se traduire par un engagement renouvelé pour la modernisation du cadre de vie, l’assainissement urbain, le soutien aux jeunes créateurs et la dynamisation du commerce local. En célébrant avec dignité plus d’un siècle d’histoire commune au pied de la basilique Sainte-Anne, les filles et fils de Poto-Poto rappellent à toute la République que lorsque les cœurs s’unissent autour de la paix et de la fraternité, aucun obstacle ne saurait freiner la marche collective vers un bel avenir pour le Congo.



