Confirmant l’effondrement des lignes de défense du Front de libération du peuple du Tigré, les colonnes blindées et les troupes d’Addis-Abeba ont investi le centre de la capitale régionale sans combats majeurs ce samedi 3 octobre 2026. Alors que les états-majors et les dirigeants rebelles ont déserté la ville dans la précipitation, laissant place à des scènes de pillage dans les édifices gouvernementaux et les commerces, les forces de défense nationales parachèvent une offensive fulgurante : après la reprise d’Alamata et de Maychew au Tigré, ainsi que la reconquête d’Erebti et d’Abala en Afar, le Premier ministre Abiy Ahmed reprend la main sur les verrous stratégiques du Nord.
Ce samedi 3 octobre 2026, le conflit armé qui déchire le septentrion éthiopien a franchi un tournant militaire décisif. Vingt-quatre heures seulement après avoir repris le contrôle de l’aéroport régional au terme d’une manœuvre combinée avec ses milices alliées, les Forces de défense nationale éthiopiennes (ENDF) ont fait leur entrée solennelle dans le centre-ville de Mekele, capitale historique et bastion politique du Tigré. Des séquences vidéo devenues virales sur les réseaux sociaux et authentifiées par des témoins sur place montrent des convois de camions militaires lourdement armés sillonnant les grandes artères désertes, drapeaux tricolores éthiopiens flottant au vent, sans essuyer de résistance armée directe.
Cette prise de contrôle spectaculaire matérialise l’ampleur de la contre-offensive lancée depuis une semaine par le gouvernement central d’Abiy Ahmed. Elle survient dans un climat de vide sécuritaire immédiat, l’administration régionale dissidente s’étant effondrée avant même le déploiement des unités d’infanterie gouvernementales dans les quartiers administratifs.
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L’entrée dans Mekele : Les couleurs fédérales au cœur du fief tigréen
Selon les informations recueillies auprès de sources humanitaires et d’observateurs indépendants, la pénétration des bataillons réguliers dans le cœur urbain de Mekele s’est opérée sans affrontements armés d’envergure. Privés de soutien logistique et menacés d’encerclement par la progression rapide des divisions fédérales appuyées par des vecteurs aériens et des drones de surveillance, les commandements rebelles ont renoncé à livrer une bataille urbaine à l’intérieur d’une agglomération de plus de cinq cent mille âmes.
Les images diffusées depuis la mi-journée montrent des soldats fédéraux patrouillant le long des avenues principales et sécurisant les carrefours stratégiques. Ce retour des symboles de l’État central dans la capitale tigréenne constitue une éclatante victoire politique pour Addis-Abeba, qui cherchait à tout prix à laver le camouflet causé par les attaques initiales du TPLF contre les infrastructures aéroportuaires et les garnisons fédérales de la région.
La débâcle du TPLF et les scènes de pillage : L’évacuation chaotique du pouvoir régional
Cette entrée sans résistance s’explique par la retraite précipitée de l’adversaire. Quelques heures à peine avant l’irruption des blindés gouvernementaux, les combattants du TPLF ainsi que l’ensemble du directoire politique de l’organisation ont quitté en masse la métropole régionale pour se replier vers les massifs montagneux et les zones rurales reculées du Nord et de l’Ouest.
Ce départ précipité a instantanément provoqué un flottement sécuritaire dont ont profité des éléments incontrôlés. Des témoins sous couvert d’anonymat ont rapporté des scènes d’anarchie et de pillages ciblés survenues dès les premières heures de la matinée. Des groupes d’individus ont forcé les rideaux de fer de magasins commerciaux et saccagé plusieurs institutions publiques régionales abandonnées par leurs fonctionnaires, notamment le complexe abritant les bureaux du président du gouvernement régional du Tigré, avant que les premières patrouilles de la police militaire fédérale n’interviennent pour tenter de rétablir l’ordre civil.
La percée territoriale d’Addis-Abeba : De Maychew à la reconquête des corridors de l’Afar
La chute de Mekele vient couronner une manœuvre militaire d’une remarquable rapidité d’exécution, menée sur deux fronts convergents. Sur l’axe tigréen, après avoir forcé le verrou d’Alamata lundi au terme de trois jours d’affrontements meurtriers, l’armée fédérale avait poursuivi sa progression éclair en s’emparant jeudi de la ville de Maychew, située à une centaine de kilomètres seulement au sud de la capitale régionale, brisant ainsi les verrous défensifs successifs des insurgés.
Parallèlement, les troupes de défense éthiopiennes ont opéré un redressement tactique majeur dans l’État voisin de l’Afar. Cible prioritaire du TPLF qui cherchait à asphyxier la liaison ferroviaire et routière vitale vers le port de Djibouti, la province a été le théâtre d’intenses contre-attaques. Les localités d’Erebti et d’Abala, passées sous contrôle rebelle aux premières heures des hostilités, ont été intégralement reprises par les unités régulières au prix de violents combats d’artillerie, sécurisant ainsi les arrières des forces gouvernementales et sanctuarisant le corridor logistique le plus névralgique du pays.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois d’octobre 2026, la reprise de Mekele par l’armée fédérale éthiopienne est fondamentale car elle porte un coup d’arrêt spectaculaire à la tentative de coalition armée visant à renverser le gouvernement d’Abiy Ahmed. Réduire cet événement à un simple déplacement de colonnes militaires masquerait son impact géopolitique : en reprenant en moins d’une semaine Alamata, Maychew, Mekele et les verrous de l’Afar, le pouvoir central évite l’encerclement stratégique et déjoue la menace d’un blocus de la route d’approvisionnement de Djibouti.
Toutefois, la prise des centres urbains ne garantit pas la fin de la guerre : la fuite intacte des combattants du TPLF vers les montagnes laisse planer le spectre d’une guerre de guérilla asymétrique et prolongée, tandis que la rupture diplomatique avec l’Érythrée et les expulsions croisées avec l’Égypte maintiennent l’ensemble de la Corne de l’Afrique au bord d’un conflit régional généralisé.
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Victoire d’étape ou retour du spectre de la guerre d’usure ?
La réinstallation des autorités fédérales à Mekele ouvre une séquence administrative et sécuritaire complexe pour l’état-major d’Addis-Abeba.
Le défi immédiat réside dans la stabilisation de la ville, la protection des populations civiles contre les exactions et la réouverture urgente des corridors humanitaires réclamée avec insistance par les Nations unies. Si Abiy Ahmed marque un point stratégique indéniable en plantant le drapeau national sur les édifices du Tigré, la mémoire de la guerre de 2020-2022 rappelle que la reconquête des villes constitue l’étape la plus aisée d’une campagne militaire. Il appartiendra désormais au Premier ministre d’engager un dialogue politique inclusif ou d’affronter l’usure d’une insurrection rurale qui, adossée aux tensions explosives avec l’Érythrée voisine, menace d’enliser durablement la nation éthiopienne dans une crise sans fin.
