En séance de travail au Guichet unique des opérations transfrontalières (Guot) à Pointe-Noire, la ministre du Commerce, Jacqueline Lydia Mikolo, et son collègue de l’Économie numérique, Frédéric Nzé, ont tapé du poing sur la table pour imposer la dématérialisation totale des documents commerciaux.
Ce mardi 16 juin 2026, la modernisation technologique de la machine commerciale congolaise a pris un tournant résolument offensif dans la cité océane. Jacqueline Lydia Mikolo, ministre du Commerce, des Approvisionnements et de la Consommation, chargée de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlécaf), accompagnée de Frédéric Nzé, ministre en charge de l’Économie numérique, a dirigé une séance de travail stratégique avec les responsables du Guichet unique des opérations transfrontalières (Guot). Cette confrontation technique s’avère d’une importance capitale : en évaluant directement les blocages logistiques de la dématérialisation des procédures de commerce extérieur, l’exécutif entend briser les résistances bureaucratiques, généraliser l’usage des plateformes en ligne et doter le Congo d’un écosystème numérique ultra-compétitif capable de réduire les délais de traitement, d’abaisser les coûts opérationnels et de sécuriser les échanges face aux impératifs d’intégration du marché commun africain.
Plateforme Pega et résistance au changement : Les vérités chocs du DG du Guot
Le plaidoyer de la ministre Jacqueline Lydia Mikolo s’est articulé autour de trois piliers non négociables : la facilitation immédiate des opérations par le numérique, l’informatisation accélérée des structures sous tutelle et la formation obligatoire des agents commerciaux. Si les technologies novatrices sont largement disponibles et accessibles sur le marché pour moderniser les flux, le diagnostic posé sur le terrain révèle de sérieuses zones de turbulences qui font encore boiter le travail quotidien avec les commerçants.
Le directeur général du Guot, Eugène Rufin Bouya, a profité de ces échanges directs et inspirants pour pointer du doigt les failles systémiques actuelles. La première difficulté réside dans une forte résistance au changement constatée lors du déploiement des outils numériques au sein des Chambres de commerce nationales, à l’exception notable de celle de Pointe-Noire. À ce conservatisme s’ajoute la très faible utilisation de la plateforme électronique Pega par les directions générales du commerce intérieur et extérieur. Cet instrument en ligne est pourtant crucial, puisqu’il permet de gérer électroniquement les demandes d’amendements des déclarations ou les autorisations spéciales d’importation et d’exportation.

💡 Pourquoi c’est important
En ce mois de juin 2026, l’accélération de la digitalisation commerciale est capitale car le Congo ne peut pas se permettre de rater le train de la Zlécaf à cause de lourdeurs bureaucratiques et de documents papier obsolètes. Face à la concurrence des autres corridors africains, la rapidité et la sécurité juridique des transactions transfrontalières sont devenues les clés majeures de l’attractivité économique d’un pays.
Résorber la résistance au changement et imposer l’usage d’outils comme la plateforme Pega est un enjeu de souveraineté fiscale et d’efficience commerciale absolue. En connectant numériquement les directions du commerce avec les services du Guot, l’État dresse un rempart efficace contre la fraude, réduit drastiquement les délais de traitement et abaisse les coûts opérationnels pour les chargeurs. C’est le signal fort d’un gouvernement pragmatique qui modernise ses administrations pour fluidifier le commerce extérieur et garantir la compétitivité durable de ses entreprises sur l’échiquier continental.
Cap sur le 100 % digital : Le Congo parviendra-t-il à moderniser ses administrations ?
L’appel pressant lancé par Jacqueline Lydia Mikolo pour une implication accrue du Guot insuffle une dynamique de rigueur et de performance fortement attendue par les opérateurs économiques du pays. Voir le ministère du Commerce et celui de l’Économie numérique s’associer pour briser les archaïsmes administratifs démontre une réelle volonté politique de projeter le Congo dans la modernité et de concrétiser de nouveaux projets de collaboration.
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Cependant, au-delà des feuilles de route et des discussions inspirantes menées à Pointe-Noire, l’administration parviendra-t-elle à vaincre définitivement la résistance des Chambres de commerce récalcitrantes d’ici la fin de l’année 2026 ? Le débat sur la formation obligatoire et les incitations à la dématérialisation reste entièrement ouvert, la pression pour l’intégration régionale est à son paroxysme, et la mutation numérique des corridors congolais est désormais engagée.



