Rupture historique au Sénégal : plusieurs cadres emblématiques et responsables du Pastef ont officiellement claqué la porte pour rejoindre le camp du président Bassirou Diomaye Faye. Alors que le chef de l’État s’apprête à fonder sa propre formation politique ce 25 juillet 2026, la guerre ouverte avec son ex-Premier ministre Ousmane Sonko redessine brutalement le paysage politique national.
Ce jeudi 23 juillet 2026, la vie politique sénégalaise bascule dans une zone de turbulences majeures. Le divorce désormais consommé entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son ancien Premier ministre et mentor, Ousmane Sonko, provoque un séisme au sein du parti au pouvoir, les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef). En l’espace de quelques heures, plusieurs figures historiques et responsables de la jeunesse patriote ont officialisé leur démission pour rallier le chef de l’État, dénonçant ouvertement la trajectoire prise par l’entourage d’Ousmane Sonko. Cet affrontement au sommet entre la Présidence de la République et la présidence de l’Assemblée nationale représente un tournant capital pour la stabilité institutionnelle du Sénégal : il marque le début d’une refiguration complète des alliances à l’approche des grands rendez-vous socio-économiques du pays.
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« Gestion clanique » et démissions en cascade : Pourquoi les cadres historiques désertent le Pastef
La fracture interne du Pastef s’est étalée au grand jour ce 22 juillet avec une série de départs particulièrement symboliques. Parmi les démissionnaires les plus influents figure le docteur El Hadji Mansour Diop, directeur général du prestigieux hôpital Aristide Le Dantec, qui a fermement critiqué la direction du parti dans une lettre ouverte. Ce dernier dénonce une « gestion clanique » et un verrouillage des décisions par le cercle restreint d’Ousmane Sonko, estimant que la formation politique s’est progressivement éloignée de ses principes fondateurs de transparence et de fraternité.
Le malaise s’étend également aux structures de jeunesse, qui constituaient jusqu’ici le fer de lance de la dynamique patriote. Bakary Bass Sakho ainsi qu’Ousmane Sonko Jr, vice-coordonnateur national de la Jeunesse patriote sénégalaise et homonyme du leader du parti, ont tous deux annoncé leur retrait définitif. Dans le même temps, des cadres occupant des fonctions institutionnelles stratégiques, à l’instar de Lansana Gagny Sakho, président du conseil d’administration de l’Apix (l’agence chargée de la promotion des investissements), ont publiquement réaffirmé leur loyauté envers le président Diomaye Faye, illustrant l’ampleur du schisme au sein de l’appareil d’État.
Lancement du parti présidentiel le 25 juillet : Bassirou Diomaye Faye scelle la rupture avec son ex-Premier ministre
Face à cette série de désertions et aux tensions accumulées depuis son arrivée au pouvoir, le chef de l’État accélère la structuration de son propre appareil politique. Bassirou Diomaye Faye a convoqué une assemblée générale constitutive ce samedi 25 juillet 2026 au King Fahd Palace de Dakar. Lors de ce rassemblement très attendu, le président prendra personnellement la tête de sa nouvelle formation politique et en dévoilera le nom officiel, concrétisant sa volonté de se doter d’une base partisane autonome pour conduire l’action gouvernementale.
Du côté du Pastef, l’état-major tente de relativiser l’impact de ces départs en affichant sa sérénité. L’ancien parti présidentiel poursuit une vaste campagne de recrutement à travers les régions du pays, visant l’objectif symbolique du million d’adhérents pour prouver la solidité de son ancrage populaire. Cette bataille de légitimité intervient alors qu’Ousmane Sonko, démis de ses fonctions à la Primature le 22 mai dernier, a rapidement rebondi en se faisant élire dès le 26 mai à la présidence de l’Assemblée nationale, où le Pastef conserve une très large majorité.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois de juillet 2026, la création de la nouvelle formation du président Bassirou Diomaye Faye et la dislocation du Pastef constituent un événement politique majeur pour toute l’Afrique de l’Ouest. Analyser ce divorce comme une simple rivalité d’égos serait une erreur de lecture stratégique : le Sénégal entre officiellement dans une période de dualité du pouvoir inédite, opposant directement le pouvoir exécutif à la majorité parlementaire.
Garantir la stabilité des institutions, préserver la confiance des investisseurs internationaux et mener à bien les réformes économiques sans paralysie gouvernementale sont des enjeux nationaux majeurs pour la période 2026-2029. Si le président Faye et la majorité parlementaire d’Ousmane Sonko ne parviennent pas à instaurer un mode de coexistence pacifique d’ici la rentrée politique, le pays risque de faire face à un blocage institutionnel permanent.
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Exécutif contre Législatif : Vers quel choc institutionnel s’achemine le Sénégal d’ici 2027 ?
La configuration politique issue de cette crise place le Sénégal face à un schéma institutionnel hautement complexe pour la période 2026-2029. Avec un président de la République déterminé à affirmer sa pleine souveraineté politique et un président de l’Assemblée nationale adossé à une majorité parlementaire disciplinée, le vote des projets de loi et l’exécution du budget national risquent de devenir le terrain d’une confrontation permanente entre les deux piliers de l’État.
L’arbitrage de cette bataille dépendra de la capacité du président Diomaye Faye à convaincre l’opinion publique et les déçus du Pastef de la pertinence de son projet, face à la résistance de la direction historique du parti. Les prochaines semaines révéleront si la démocratie sénégalaise saura transformer cette épreuve en une dynamique de contre-pouvoir équilibrée ou si elle s’enfoncera dans un face-à-face paralyseur pour les affaires publiques.
Le schisme qui secoue la scène politique sénégalaise en ce mois de juillet 2026 démontre une nouvelle fois la grande vitalité du paysage politique dakarois. Alors que les citoyens attendent des réponses concrètes aux défis de l’emploi et de la vie chère, la redistribution des cartes au sommet de l’État redéfinit entièrement les perspectives d’avenir du pays.
Dès lors, face au lancement du nouveau parti présidentiel ce 25 juillet 2026, Bassirou Diomaye Faye parviendra-t-il à constituer une majorité alternative solide pour gouverner sereinement d’ici 2027 ? Ousmane Sonko et le Pastef utiliseront-ils leur bastion parlementaire pour freiner les initiatives de l’exécutif ? Le débat est passionné, l’émotion reste vive chez les militants de la première heure, et cette recomposition politique historique va continuer de retenir toute notre attention.



