Le patrimoine culturel et l’éducation intergénérationnelle de la République du Congo sont à l’honneur à travers une initiative artistique majeure au cœur de la capitale. L’École américaine du Plateau des 15 ans à Brazzaville a abrité, le jeudi 21 mai 2026, une rencontre d’échange historique entre le mythique artiste-musicien congolais Casimir Zoba, dit Zao, et les élèves de cet établissement ainsi que ceux de l’École internationale Espoir du Pays de Mpissa.
Cette action de transmission mémorielle s’avère capitale : elle connecte directement la jeunesse congolaise aux légendes vivantes de son histoire pour contrer le décalage générationnel, valoriser la mémoire collective et promouvoir l’excellence scolaire.
L’auteur de « Sorcière ensorcelée » face aux enfants de Brazzaville
Initiée par le couple de promoteurs, le Dr Roland Sylvère et Jacqueline Malonga, cette rencontre a été orchestrée sous la modération de Borgia Lekiby, coordonnateur culturel de la ‘‘Fondation Amour du Pays’’. L’objectif principal de cette activité pédagogique était de permettre à des dizaines d’élèves de découvrir une figure emblématique de la musique congolaise, dont le parcours restait ignoré par de nombreux enfants en raison du fossé générationnel. Pendant plusieurs heures d’un dialogue constructif, Zao a partagé avec les apprenants son immense expérience, sa passion et les grandes étapes de sa riche carrière internationale.
Dans une ambiance à la fois conviviale et studieuse, l’interprète a répondu aux multiples questions des enfants concernant son inspiration, ses débuts artistiques et la portée des messages de ses chansons. Devant une assistance captivée, Zao a martelé que « la musique doit éduquer, conseiller et apporter de la joie ». Il est revenu sur son œuvre emblématique,‘‘Sorcière ensorcelée’’, un chef-d’œuvre satirique qui lui avait permis en son temps de remporter le prestigieux Prix Découvertes RFI et d’imposer son style unique sur la scène mondiale.
L’artiste a profité de cette tribune pour responsabiliser les élèves et le corps enseignant face à la dérive de certains contenus modernes :
« Les enfants ne doivent pas écouter n’importe quelle musique, parce que telle musique peut rendre fou tandis que telle autre peut procurer du plaisir et de la joie. »
Un concert-hommage géant le 4 juillet 2026 au Palais des congrès
Pour le comité d’organisation, ce séminaire culturel constituait un préalable obligatoire avant le grand spectacle prévu le 4 juillet 2026 au Palais des congrès de Brazzaville. Les promoteurs ont estimé indispensable que les enfants apprennent à s’approprier l’histoire de la légende avant de participer activement à ce concert-hommage exceptionnel entièrement dédié aux grands-parents. Cette grande journée d’émulation citoyenne sera célébrée sous un thème unificateur : « La transmission éducative et l’excellence scolaire: célébrons les grands-parents de nos élèves ».
Le programme officiel du 4 juillet 2026 se déclinera en deux temps forts stratégiques. La matinée sera entièrement consacrée à la valorisation de l’excellence scolaire, aux prestations artistiques des élèves et aux animations éducatives.L’après-midi laissera place à une grande célébration mémorielle où Zao remontera sur scène, accompagné de groupes traditionnels de référence tels que Ngoma za Kongo et les Mantsiemés des Plateaux. Ensemble, ils interpréteront les chansons anciennes et les grands classiques du patrimoine national pour transmettre la mémoire collective aux jeunes générations.
💡 Pourquoi c’est important
En ce mois de mai 2026, cette rencontre démontre que la société civile et le monde éducatif considèrent désormais la culture et le respect des aînés comme un pilier fondamental de la formation des jeunes. Une nation qui oublie ses artistes est une nation qui perd ses repères. C’est capital : bien qu’affaibli physiquement par un accident vasculaire cérébral (AVC) dont il a été victime par le passé, Zao fait preuve d’une lucidité et d’une combativité héroïques qui constituent une leçon de vie absolue pour les élèves. En créant ce type de passerelles entre les époques, les organisateurs s’assurent que les valeurs de dignité, d’humour et de critique constructive portées par la musique traditionnelle et la rumba ne soient pas balayées par le temps. Honorer les grands-parents à travers la voix de Zao, c’est sanctuariser les liens familiaux et prouver que l’excellence scolaire marche main dans la main avec la fierté culturelle.
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Le combat d’une légende vivante pour la survie de la mémoire collective
L’émotion était palpable à l’École américaine du Plateau des 15 ans face à ce monument de la musique africaine. Le courage physique et la présence de Casimir Zoba ont arraché des applaudissements respectueux aux élèves et aux enseignants présents, confortant l’idée que ce grand rendez-vous du 4 juillet marquera l’histoire culturelle de l’année 2026.
La « Fondation Amour du Pays » et ses partenaires comptent inscrire durablement ces valeurs de transmission dans les habitudes scolaires. La jeunesse congolaise dispose désormais d’un repère vivant et combatif pour guider ses ambitions artistiques et citoyennes.
L’échange mémorable entre Zao et la jeune génération d’apprenants jette des bases solides pour la sauvegarde du patrimoine artistique de la République du Congo. En soutenant cette démarche de transmission initiée par la société civile,les acteurs éducatifs réaffirment que la culture est le ciment de la cohésion sociale. Reste désormais à savoir si le public saura se mobiliser massivement le 4 juillet prochain au Palais des congrès pour offrir à nos grands-parents et à cette légende vivante l’hommage populaire qu’ils méritent, et si cette dynamique incitera d’autres établissements à mettre le patrimoine au service de l’éducation de nos enfants.

